StrasbourgLes retombées du tramwayQuelques entreprises régionales peuvent se prévaloir de la référence de ce chantier de 2,3 milliards de francs. Aux côtés des opérateurs de dimension nationale et internationale.

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Les retombées du tramway

Quelques entreprises régionales peuvent se prévaloir de la référence de ce chantier de 2,3 milliards de francs. Aux côtés des opérateurs de dimension nationale et internationale.



Le 26novembre commencera progressivement l'exploitation commerciale du tramway de la Communauté urbaine de Strasbourg. "L'enjeu n'est pas limité aux transports. C'est une formidable occasion de repenser la ville, d'offrir à ses habitants de nouvelles libertés", répète depuis cinq ans Catherine Trautmann, maire de Strasbourg et présidente de la Communauté urbaine. A la veille de l'inauguration de la première ligne, elle reste toutefois prudente: "Les effets du tramway se mesureront à long terme". Sans cacher que la collectivité espère, grâce à cette "colonne vertébrale" inervée par de nouvelles lignes de bus (l'offre globale augmente de 30% du jour au lendemain), voir les automobilistes abandonner progressivement leur voiture au profit des transports publics... ou du vélo.

Au-delà de ces retombées urbaines, la construction du tramway, dont le budget global s'élève à 2,3milliards de francs, représente une sérieuse référence pour les entreprises locales, même si d'importants marchés leur ont échappé. "Un chantier de cette importance est confié à des opérateurs de dimension nationale, voire internationale, qu'on ne peut prétendre trouver exclusivement sur place", commente-t-on à la CUS. Certaines compétences font aussi défaut à l'industrie régionale, comme la construction d'un tunnelier capable de réaliser la percée souterraine de 1kilomètre nécessaire à la nouvelle ligne. C'est la société allemande Herrenknecht qui a emporté ce marché de 42,5millions de francs; mais elle a sous-traité une part de la chaudronnerie (15millions de francs) à l'entreprise Sotralentz de Drulingen, dans le Bas-Rhin.

Paradoxalement, bien que l'Alsace s'enorgueillisse des compétences ferroviaires d'Alsthom et de De Dietrich, ce ne sont pas les régionaux de l'étape qui ont emporté le marché du matériel roulant (26rames pour un budget de 354millions de francs), mais l'italien Socimi-ABB, avant son dépôt de bilan en 1992 et la reprise du contrat par le groupe hélvético-finlandais ABB.

En revanche, le groupement Bouygues et sa filiale régionale Kesser ont conquis le marché global du génie civil. En ce qui concerne les infrastructures, l'électrification et les équipements de régulation, un groupement d'entreprises essentiellement alsaciennes s'est vu attribuer ce marché de 411,5millions de francs. Cogifer (filiale de De Dietrich), Spie-Trindel, Cegelec, Siferdec (autre filiale de De Dietrich et de Cogifer), sont concernées.

Quant aux retombées globales du chantier sur l'emploi régional, elles sont difficiles à estimer. Lors de la signature de la convention destinée à favoriser l'emploi local entre la CUS, l'ANPE et l'Afpa, on a

annoncé 300créations d'emplois. Mais le chantier a eu une autre forme d'impact: dans une conjoncture difficile, les entrepreneurs du B-TP confirment qu'ils ont pu éviter des licenciements.





La Société Lingenheld Environnement, une PME (7,5millions de francs de chiffre d'affaires en 1993), a mis ses compétences au service du nouveau tramway. Elle a recyclé 50000tonnes de gravats. Les enrobés ont été excavés sur une profondeur de 30 à 40centimètres dans le centre-ville. Après concassage, ces matériaux ont été réutilisés sous forme de granulats en guise de sous-couche. Recouvert de sable et de pavés, ce soubassement accueille les rails du tramway.



une ville qui multiplie les grands chantiers

Le Palais des droits de l'homme à peine achevé, voilà le nouvel hémicycle du Parlement européen qui sort de terre: 185000 mètres carrés, un budget de 2,8milliards de francs qui en fait le plus grand chantier de France en cours. A deux pas de la nouvelle ENA, le Musée d'art moderne doit être achevé pour 1998 (13000 mètres carrés pour le musée, 240millions de francs), sans oublier un parking de 1000places et un programme immobilier privé de 16000mètres carrés.

Catherine Trautmann a également annoncé la construction d'un Palais des sports, un projet de 250millions de francs.Restent deux autres grands projets dont les débuts ne sont pas encore précisément programmés: la place de l'Etoile (14hectares pour la ZAC; 125000 mètres carrés SHON, logements, bureaux, hôtels, 3400places de stationnement, etc.). Architecte: Vittorio Gregotti. Investissement global, 1milliard de francs (financement entièrement privé)

.USINE NOUVELLE - N°2471 -

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