Stockage des déchets nucléaires à Bure : le débat public commence

A partir de ce jeudi 15 mai, le débat public sur le projet de stockage des déchets nucléaires démarre à Bure, dans l’Est de la France. Une nouvelle étape pour ce projet initié il y a trente-cinq ans.

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Stockage des déchets nucléaires à Bure : le débat public commence

Le débat public sur le projet de Centre industriel de stockage géologique des déchets radioactifs (Cigéo) dans l’Est de la France débute ce jeudi 15 mai. Organisé par la Commission nationale du débat public, il se déroulera jusqu’au 15 octobre prochain, avec une interruption au mois d’août. Au cours de ces cinq mois, une quinzaine de réunions publiques se dérouleront dans la Meuse et la Haute-Marne, les deux départements concernés par Cigéo. Elles visent à aborder les différents volets d’un projet qui fait polémique : volumes de déchets à gérer, financement du projet par EDF, Areva et le CEA, conséquences sur l’environnement, sécurité du site… Un site internet spécifique ainsi qu’une page Facebook ont également été créés.

Ce débat public marque une nouvelle étape d’un long processus démarré en 1991 et qui devrait durer jusqu’en 2025. Prévu par la loi, la tenue de ce débat est la condition sine qua non pour que l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) - maître d’ouvrage du projet - puisse déposer une demande d’autorisation de création de Cigéo. Selon le calendrier prévu, l’Andra devrait déposer celle-ci en 2015. Si le projet est autorisé, les travaux devraient démarrer en 2019 pour une mise en service en 2025. L’exploitation est prévue pour une durée d’au moins cent ans.

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Un stockage à 500 mètres de profondeur

Cigéo est conçu pour stocker, à 500 mètres de profondeur, dans une couche d’argile, des déchets de haute activité (HA) et de moyenne activité à vie longue (MA-VL) issus principalement du traitement des combustibles nucléaires usés. 3 000 m3 de déchets HA et 40 000 m3 de déchets MA-VL sont déjà produits. Ils sont actuellement stockés à Marcoule (Gard), à la Hague (Manche) et à Cadarache (Bouches-du-Rhône). Cigéo prévoit aussi de stocker les déchets à venir dans les prochaines décennies. Au final, les volumes de déchets à stocker après 2030 sont estimés à 10 000 m3 pour les déchets HA (60 000 colis) et à 70 000 m3 pour les déchets MA-VL (180 000 colis) dans le cas où la France décide de poursuivre sa politique nucléaire. Depuis plus de dix ans, l’Andra teste les propriétés de la roche et étudie le comportement des matériaux (béton notamment) constituant les colis de déchets.

Un premier débat public sur la politique de gestion des déchets radioactifs avait eu lieu fin 2005 début 2006. Par la suite, la loi du 28 juin 2006 avait retenu le stockage profond comme solution de référence. Plusieurs associations locales (Meuse Nature Environnement, Burestop 55, etc.) ainsi que le Réseau Sortir du Nucléaire ont annoncé le boycott de ce nouveau débat public, dénonçant une "supercherie" visant seulement à faire accepter le projet à la population. Ils ont prévu d’organiser des actions de protestation.

Camille Chandès

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