Electronique

STMicroelectronics veut doubler son revenu dans les puces en carbure de silicium en 2019

Ridha Loukil ,

Publié le

Après avoir dépassé les 100 millions de dollars de chiffre d’affaires dans les puces et modules en carbure de silicium en 2018, STMicroelectronics se donne l’objectif de doubler cette activité en 2019. Et l’ambition du fabricant franco-italien de semi-conducteurs est de capter plus de 30% du marché mondial en 2025.

STMicroelectronics veut doubler son revenu dans les puces en carbure de silicium en 2019
Plaquette de puces en carbure de silicium de STMicroelectronics
© L'Usine Nouvelle

STMicroelectronics continue à mettre les bouchées doubles dans les puces et modules électroniques en carbure de silicium. Après avoir réussi le pari de franchir le cap de 100 millions de dollars de chiffre d’affaires dans ce domaine, le fabricant franco-italien de semi-conducteurs se donne l’objectif de doubler la taille de cette activité en un an en dépassant les 200 millions de dollars de revenus en 2019.

Un axe stratégique de développement

Le groupe, qui compte environ 46 000 personnes dans le monde et affiche un chiffre d’affaires de 9,66 milliards de dollars en 2018, fait de l’investissement dans cette technologie un axe stratégique de développement et un pilier de sa stratégie de repositionnement sur les marchés de l’automobile et de l’industrie. Son président du directoire et directeur général Jean-Marc Chéry veut en faire le leader mondial avec plus de 30% du marché mondial en 2025 estimé à plus de 3 milliards de dollars.

Le carbure de silicium se présente comme un semi-conducteur d’avenir pour des composants de puissance au cœur des systèmes de conversion et contrôle de l’énergie électrique dans les voitures hybrides et électriques, mais aussi dans les trains, les centrales solaires, les éoliennes, les datacenters ou encore les stations de recharge de véhicules électriques. Par rapport au silicium, il offre l’avantage d’améliorer la dissipation thermique, de supporter des tensions plus élevées et de réduire les pertes de commutation, diminuant par la même occasion l’encombrement et le poids des systèmes d’électronique de puissance. D’où l’énorme engouement qu’il suscite notamment dans l’automobile.

Partenariat privilégié avec Tesla

C’est d’ailleurs dans l’automobile que STMicroelectronics a choisi de concentrer ses premiers développements. Jean-Marc Chéry revendique plus de 25 projets d’électrification de voiture dont 85% d’entre eux portant sur le carbure de silicium. Le groupe a fait ses premiers pas dans cette technologie avec Tesla dont il équipe la voiture Model 3. Grâce à ce partenariat privilégié, il estime avoir accumulé un précieux savoir-faire qui lui procure un avantage concurrentiel certain pour développer plus rapidement les prochaines générations de produits. Il travaille aujourd'hui sur le sujet avec notamment l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et le coréen Hyundai Kia Motor.

Lors de la présentation des résultats annuels 2018 en janvier dernier, l’homme fort de l’entreprise a annoncé l’expansion des capacités de production de composants en carbure de silicium sur plaquettes de 150 mm de diamètre sur le site industriel de Catane, en Sicile. Pour répondre à la montée de la demande, il est envisagé de mettre en place une seconde source de production soit en interne soit auprès d’un fondeur extérieur. Pour sécuriser ses approvisionnements en plaquettes de carbure de silicium, STMicroelectronics a conclu  un accord pluriannuel d’achat de 250 millions de dollars auprès de Wolfspeed et se prépare à racheter Norstel, fabricant suédois de ce précieux substrat. Si ce projet d’acquisition aboutit, cela représentera un investissement de 137,5 millions de dollars et fera du fabricant franco-italien des puces l’un des rares acteurs intégrés dans ce domaine, à l’instar de l’américain Wolfspeed et du japonais Rohm.

Futur moteur de croissance

Le marché n’en est encore qu’à ses balbutiements. Selon le cabinet IHS Markit, il dépasse à peine les 520 millions de dollars en 2018. Mais les perspectives de développement s’annoncent alléchantes avec un marché qui pourrait atteindre 1,7 milliard de dollars en 2022 puis 10 milliards de dollars en 2027. Richard Eden, analyste chez IHS Markit, se refuse d’attribuer des parts de marché aux principaux fournisseurs. Il se contente de positionner STMicroelectronics en troisième place en 2018, derrière Wolfspeed et Rohm, mais devant Infineon Technologies, On Semiconductor et Microchip Technology. Jean-Marc Chéry espère faire de cette technologie le prochain moteur de croissance du groupe à l’instar des Mems dans le passé puis des imageurs spécialisés ces deux dernières années.

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