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STMicroelectronics se rêve en un groupe de 12 milliards de dollars de chiffre d’affaires

Ridha Loukil , ,

Publié le , mis à jour le 16/05/2018 À 09H27

Après un bond de 20% en 2017, STMicroelectronics anticipe une croissance de 14 à 17% de son chifre d'affaires en 2018 portée par le boom de ses imageurs spécialisés, ses composants discrets ou encore ses microcontrôleurs. Et le fabricant franco-italien de semiconducteurs entend maintenir la dynamique avec le rêve d’atteindre rapidement 12 milliards de dollars de chiffre d’affaires, contre 8,3 milliards de dollars en 2017.

STMicroelectronics se rêve en un groupe de 12 milliards de dollars de chiffre d’affaires
Jean-Marc Chéry, le futur PDG de STMicroelectronics, confronté au challenge d'ancrer le groupe sur une croissance durable
© Pascal Bitz teamreporters.ch

STMicroelectronic confirme son rebond. "En 2017, nous avons fait mieux que l’ensemble de l’industrie des semiconducteurs et nous continuons à faire mieux que le marché en 2018", se félicite son PDG Carlo Bozotti lors du ST Capital Market Day, la journée dédiée aux investisseurs et analystes, organisée à Londres le 15 mai 2018.

Après six années consécutives de recul et marasme, le fabricant franco-italien de semiconducteurs, qui compte 45 500 personnes, dont 10 700 en France, a retrouvé le sourire en 2017 avec un bond de près de 20% du chiffre d’affaires à 8,3 milliards de dollars, alors que le marché hors mémoires (dont STMicroelectronics est absent) a progressé de 9,5% selon Gartner. Et l’embellie se poursuit avec une croissance de 19,8% sur le premier semestre 2018 et ce malgré un net ralentissement des ventes de smartphones dont le débouché représente 18% du chiffre d’affaires du groupe en 2017.

Un défi pour le futur PDG

L’heure est à l’optimisme. Sur l’ensemble de l’année 2018, la direction anticipe une croissance de 14 à 17%. C'est près du double de la progression attendue par des concurrents comme le néerlandais NXP, l'allemand Infineon Technologies, le japonais Renesas Electronics ou l'américain Texas Instruments. "C’est une prévision tenable et réaliste, confirme à L’Usine Nouvelle Dorian Terral, analyste financier chez Bryan, Garnier & Co. Reste à maintenir cette dynamique sur le long terme. Ce qui est possible si STMicroelectronics parvient à valoriser son capital d’innovation produits et à tirer profit du potentiel de développement de ses deux plus grands marchés : l’automobile et l’industrie."  Un défi pour Jean-Marc Chéry, qui va succéder à Carlo Bozotti à l’issue de l’assemblée générale des actionnaires le 31 mai 2018.

Tous les clignotants sont au vert. "Notre croissance est tirée par tous les groupes de produits, et tout particulièrement par les imageurs spécialisés et les composants discrets, et nous préparons plusieurs innovations de produits qui devront alimenter ce développement dans l’avenir", affirme Carlo Bozotti. Les imageurs spécialisés, à la base des capteurs de proximité et des caméras 3D, deviennent les produits vedettes de l’entreprise. Leurs livraisons ont dépassé les 600 millions d'unités. Et l’avenir s’annonce radieux dans les caméras 3D où STMicroelectronics dispose d’une position de monopole pour l’un de leurs composants clés : le détecteur de profondeur, selon le cabinet IHS Markit.

De nouveaux contrats dans les caméras 3D

Le groupe fournit aujourd’hui une seule application : l’iPhone X d’Apple. Mais il revendique plusieurs nouveaux contrats emportés dans l’automobile et les smartphones sous Android. "Les livraisons pour ces nouveaux marchés pourraient débuter à la fin de 2018 ou au courant de 2019 ", lâche à L’Usine Nouvelle Benedetto Vigna, président du groupe AMS de circuits analogiques, Mems et capteurs, tout en restant discret sur le nombre de ces nouveaux contrats et les noms des clients. Mais selon des analystes de marché interrogés par L’Usine Nouvelle, les constructeurs chinois de mobiles Huawei et Xiaomi ont toutes les chances de figurer parmi ces clients.

Sur ce segment de marché à fort potentiel, STMicroelectronics semble disposer d’un avantage concurrentiel déterminant. "Nous sommes dans un domaine qui réclame un grand savoir-faire, non seulement dans des composants clés comme les imageurs, mais aussi en propriété intellectuelle, test et assemblage de modules de caméra 3D, explique Jean-Marc Chéry. C’est un travail compliqué que nous menons en étroite collaboration avec le client. Cela engage les deux parties sur de longues durées. Ce n’est pas si simple pour des concurrents de s’y lancer."

Pour accompagner sa croissance, STMicroelectronics revoit à la hausse ses prévisions d’investissement en 2018 en les portant à une enveloppe de 1,2 à 1,3 milliard de dollars, contre 1 à 1,1 milliard de dollars prévus au départ. En 2017, l’effort s’est monté à 1,3 milliard de dollars, contre une enveloppe de 1 à 1,1 milliard de dollars prévue initialement. Le site de Crolles, près de Grenoble, où sont réalisés les imageurs pour capteurs de proximité et caméras 3D, devrait bénéficier d’un investissement de 200 à 300 millions de dollars selon Jean-Marc Chéry. L'objectif est d'en améliorer la flexibilité industrielle, de le rendre moins sensible à la demande du client dominant (Apple dont STMicroelectronics n'a pas l'autorisation de citer le nom) et de le maintenir en permanence à un taux d'utilisation élevé.

Un plan stratégique à mettre en oeuvre en 2019

Et après ? "STMicroelectronics a tous les ingrédients pour continuer à grandir et à étendre sa pervasivité tant dans les applications que dans la distribution, affirme Carlo Bozotti. Bien sûr, nous aimerions maintenir tout le temps une croissance de 20%. Mais cela n'est pas possible. Nous continuerons à croître à notre rythme. Nous sommes déjà à un revenu annuel récurrent proche des 10 milliards de dollars et il n’est pas exclu que nous atteignons rapidement les 12 milliards de dollars de chiffre d’affaires pour devenir le numéro cinq mondial des semiconducteurs hors mémoires." Une position tenue au premier trimestre 2018 par le coréen Samsung Electronics derrière les américains Intel, Broadcom, Qualcomm et Texas Instruments selon le cabinet IC Insights, tandis que STMicroelectronics occupe la neuvième place détrôné aussi par l'amércain Nvidia, le néerlandais NXP et l'allemand Infineon Technologies.

"C’est un résultat tout à fait atteignable dans quelques années, estime Dorian Terral. Bien sûr, la croissance ne restera pas tout le temps entre 15 et 20%. Mais STMicroelectronics est bien positionné pour tirer parti de son ancrage sur l’automobile et l’industrie, deux marchés à forte dynamique dont personne n’entrevoit de ralentissement à court terme. Et le groupe dispose de nombreux projets d’innovation comme les microcontrôleurs à intelligence artificielle qui devraient lui créer autant de nouveaux moteurs de développement."

Jean-Marc Chéry est conscient du challenge qui l’attend. Pour maintenir la dynamique, il mise sur les opportunités de développement offertes par l’automobile et l’industrie, qui représentent un socle stable de 57% du chiffre d’affaires du groupe en 2017, mais aussi par des terminaux personnels comme les smartphones. Pour en tirer profit, il compte définir un plan stratégique qui sera mis en exécution dès le début de 2019.

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