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STMicroelectronics envisage la création de deux usines de puces avec l’aide des Etats français et italien

Ridha Loukil , , ,

Publié le , mis à jour le 09/10/2017 À 19H13

Exclusif Confronté à la saturation de son propre appareil de production, le fabricant franco-italien de semiconducteurs STMicroelectronics envisage la construction de deux usines de 300 mm, l’une près de Grenoble, l’autre près de Milan. Pour financer cet investissement de 3 milliards d’euros, il espère obtenir l’aide des Etats français et italien.

STMicroelectronics envisage la création de deux usines de puces avec l’aide des Etats français et italien
STmicroelectronics fabrication de composants electroniques a Rousset
© Guittet Pascal

C’est l’heure de l’expansion industrielle pour STMicroelectronics. Confronté à la saturation de son propre outil de production, le fabricant franco-italien de semiconducteurs envisage la construction de deux nouvelles usines fabriquant des puces sur plaquettes de 300 mm, l’une à Crolles, près de Grenoble, l’autre à Agrate, près de Milan, qui constituent deux de ses cinq sites industriels en Europe.

Grands contrats remportés auprès de Samsung ou Tesla

STMicroelectronics dispose aujourd’hui d’une seule usine de 300 mm : Crolles 2, près de Grenoble. Les six autres usines de fabrication de puces (Crolle 1, Tours, Rousset, Agrate, Catane et Singapour) s’appuient sur des plaquettes plus petites de 200 ou 150 mm. Selon Jean-Marc Chery, directeur général adjoint et numéro du deux du groupe, 10 à 15% de la production est aujourd’hui sous-traitée auprès des quatre plus gros fondeurs de semiconducteurs dans le monde : les taïwanais TSMC et UMC, l’américain GlobalFoundries et le coréen Samsung. Mais pour des questions de différenciation sur le marché, certains composants comme les imageurs spécialisés, les circuits photoniques, les Mems, les circuits intégrés passifs ou encore les composants de puissance en carbure de silicium sont fabriqués exclusivement en interne. Ce sont ces composants, objets de grands contrats remportés récemment auprès de Samsung ou Tesla, notamment, qui voient leurs capacités de production proches de la saturation.

Deux projets de 1,5 milliard                                                                                                                                        
"Aucune décision n’a encore été prise par le conseil d’administration”, précise Nicolas Dufourcq, président du conseil de surveillance du groupe, qui a confirmé que face à un outil de production saturé, ces deux projets pourraient voir le jour à l’horizon 2021. Ces deux projets d’usines représentent chacun 1,5 milliard d’euros. STMicroelectronics place ses espoirs dans le futur plan européen IPCEI (important project of common European interest) dans la microélectronique pour faire préfinancer cet investissement par les Etats français et italien, qui sont les deux actionnaires de référence du groupe avec ensemble 27,5% du capital.

Jusqu’ici, les subventions publiques à la production étaient interdites par les règles européennes de la concurrence (sauf dans des cas limités de développement des régions défavorisées par exemple). Avec le dispositif IPCEI, des Etats membres, réunis dans un projet de grand intérêt commun comme la microélectronique, peuvent désormais le faire. L’Allemagne va ainsi financer l’usine de Mems de 1 milliard d’euros de Bosch à Dresde et l’expansion des capacités de production de puces en technologie FD-SOI de GlobalFoundries à Dresde.

Concurrence entre les Etats

STMicroelectronics, qui coordonne les participations française et italienne de ce plan, réclame la même chose de l’Etat français pour son projet d’usine, près de Grenoble, et de l’Etat italien pour celui, près de Milan. La concurrence entre les usines de semiconducteurs n’est pas seulement une concurrence entre entreprises mais aussi entre Etats qui sont souvent prêts à les préfinancer.  Les Etats-Unis ou la Chine proposent aujourd’hui de financer jusqu’à 100 % du coût des nouvelles usines pour les avoir sur leurs territoires. L’argument du commerce extérieur, avec des usines qui exportent 98 % de leur production, pèse lourd dans la balance.

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