Steve Jobs, incarnation d'Apple

par Georgina Prodhan

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LONDRES (Reuters) - En deux passages à la tête d'Apple, Steve Jobs est devenu une figure emblématique du secteur des nouvelles technologies, au point de faire vaciller son groupe à chaque annonce concernant son état de santé, objet de nombreuses spéculations.

Après avoir guéri d'un cancer du pancréas, cet entrepreneur de 56 ans considéré comme l'un des plus grands visionnaires de sa génération a soudainement démissionné mercredi de ses fonctions de directeur général du groupe, qu'il a cofondé à la fin des années 1970.

Immédiatement, le cours de l'action Apple a plongé de 7% dans les transactions électroniques.

"Steve Jobs n'est pas un patron typique. C'est à la fois un visionnaire du point de vue technologique et un manager. Dire qu'il a joué un rôle décisif ou essentiel dans la résurrection d'Apple, c'est un doux euphémisme", a commenté Ashok Kumar, analyste à Rodman & Renshaw.

Steve Jobs était depuis janvier en congé-maladie, le deuxième en deux ans.

Il l'avait brièvement interrompu en mars, lorsque, amaigri, il était venu présenter la nouvelle version de la tablette d'Apple, l'iPad.

Le succès d'Apple depuis qu'il en a repris les commandes après douze ans d'absence semble pour les marchés indissociable de sa personne.

"Steve Jobs est considéré par les marchés comme la force directrice majeure de la stratégie d'Apple", jugeait en janvier Richard Windsor, spécialiste des nouvelles technologies chez Nomura.

En conséquence, ces dernières années, Apple a fréquemment été observée à travers le prisme de l'état de santé de son dirigeant.

Après s'être remis en 2004 d'une forme rare mais soignable de cancer du pancréas, Steve Jobs a pris un congé-maladie durant le premier semestre 2009, expliquant alors que ses problèmes de santé étaient plus complexes que le "déséquilibre hormonal" qu'il avait évoqué auparavant.

ÉCARTÉ EN 1985, RETOUR EN 2000

La blogosphère avait alors véhiculé quantité de rumeurs, avant que l'intéressé n'explique avoir subi durant cette période une greffe de foie.

Steve Jobs a fondé Apple à la fin des années 1970 en compagnie de son ami Steve Wozniak, dans le garage de la famille Jobs, situé dans la Silicon Valley.

Ils ont rapidement lancé leur premier ordinateur, l'Apple 1, suivi de l'Apple 2, dont l'immense succès avait placé la nouvelle entreprise parmi les leaders du marché naissant de l'informatique personnelle.

L'introduction en Bourse en 1980 fait de Steve Jobs un multimillionnaire. En 1983, il débauche John Sculley, alors directeur général de Pepsi, pour prendre la tête d'Apple, en lui posant une question entrée dans la légende du groupe: "Voulez-vous passer le reste de votre vie à vendre de l'eau sucrée, ou voulez-vous changer le monde ?"

Malgré le succès, l'année suivante, celle du lancement du Macintosh, des tensions apparaissent bientôt entre Steve Jobs et John Sculley, au point que le premier est débarqué du conseil d'administration.

Il quitte alors Apple, vend l'ensemble de ses actions à l'exception d'une seule, et part fonder une nouvelle entreprise, NeXT.

En 1997, Apple rachète NeXT et Steve Jobs fait son retour dans l'entreprise de ses débuts, dont il devient officiellement le directeur général en 2000.

Le groupe lance l'année suivante le baladeur numérique iPod, dont les différentes versions se sont depuis vendues à plus de 250 millions d'exemplaires.

Suivent notamment l'iPhone, qui lance en 2007 Apple dans la téléphonie mobile, puis l'iPad, qui crée le marché entièrement nouveau des tablettes numériques.

Steve Jobs est également le cofondateur en 1986 du studio d'animation Pixar, qui produit en 1995 le long-métrage "Toy Story", premier d'une série de succès à la fois critiques et commerciaux.

Avec Nichola Groom et Bernie Woodall; Gregory Schwartz et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Nicolas Delame

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