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StAubli croit dur comme fer à la mécanique

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Le groupe suisse Stäubli produit ses robots industriels à Faverges (Haute-Savoie). Son atout clé ? La mécanique, avec la maîtrise des réducteurs, une pièce vitale pour les robots.

StAubli croit dur comme fer à la mécanique
Près de 80?% des robots TX sont destinés à l’export.

C’est l’écrin de la robotique industrielle française. En 1909, Stäubli s’établit à Faverges (Haute-Savoie), à quelques dizaines de kilomètres du Mont-Blanc, dont on aperçoit la cime par beau temps. Plus d’un siècle plus tard, le site, spécialisé dans la robotique, les connecteurs et le textile, s’étale sur 15 hectares. Le suisse Stäubli, qui réalise environ 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires avec ses 4 500 salariés, est considéré comme le grand fabricant français de robots industriels dans un univers dominé par Fanuc, Kuka, ABB… L’entreprise produit tous ses robots dans cette vallée française encaissée.

Forte d’un carnet de commandes bien garni, l’usine s’est agrandie de cinq hectares ces trois dernières années. Les robots industriels sont l’un des moteurs de cette croissance. À Faverges, cette activité dévore l’espace. Depuis avril, un nouvel entrepôt de deux étages (750 mètres carrés) va accueillir un centre de formation, permettre l’agrandissement du showroom et la modernisation du centre d’essais. « Nous sommes habitués à faire bouger les murs de l’usine. Si vous revenez dans six mois, vous ne la reconnaîtrez pas », souligne Jacques Dupenloup, le responsable des ventes France et Benelux.

Organisée par îlots, la chaîne de production compte une soixantaine de cellules robotisées. Chaque opérateur est entouré en moyenne de six à huit robots. Dans l’une de ces cellules, un opérateur surveille l’usinage d’une pièce. Quelques pas plus loin, un futur bras robotisé est en train d’être assemblé dans une salle propre. Dans une allée, des dizaines de robots attendent les dernières vérifications avant leur expédition aux quatre coins du monde. Ils sont jaunes – la marque de fabrique de Stäubli – ou blancs pour ceux destinés au secteur médical, gris pour l’agroalimentaire, ou encore bleus. Il faut de cinq à sept semaines pour les fabriquer.

Centré sur la robotique industrielle

L’atout clé de Stäubli, c’est sa maîtrise du réducteur. « Nous sommes le seul constructeur à fabriquer ses propres réducteurs, ce qui donne à nos robots de la précision et de la rapidité, signale Jacques Dupenloup. Nous sommes des acteurs de la mécatronique quand nos concurrents sont, pour la plupart, issus du monde électrique. » Les réducteurs sont indispensables pour la bonne marche des actionneurs du robot. Ceux fabriqués par Stäubli ne nécessitent une vidange que toutes les 25 000 à 30 000 heures, soit la durée de vie totale de cette pièce chez certains concurrents, affirme l’entreprise.

Stäubli détonne dans l’effervescence actuelle autour de la robotique française. C’est une entreprise vénérable et discrète, centrée sur la robotique industrielle, quand d’autres sociétés, qui ne sont encore que des jeunes pousses, font le buzz avec de nouveaux robots de service dopés à l’intelligence artificielle. Comme Kuka ou Fanuc, le suisse semble un peu à l’écart de ce renouveau de la robotique. « Je ne comprends pas que les grands groupes de la robotique industrielle n’investissent pas plus dans les start-up, tacle Bruno Bonnell, partenaire du fonds d’investissement dédié à la robotique Robolution ­Capital. Ils continuent à être dans des logiques de mécanisation, d’automatisation, alors qu’ils devraient être dans une logique de réinvention fondamentale des ateliers. »

Staübli reste ferme sur ses bases. Le suisse croit dur comme fer à la mécanique et n’a pas d’inquiétude pour son avenir. Même si l’informatique prend de l’importance, « un robot aura toujours besoin de la mécanique », rappelle Jacques Dupenloup. Ce savoir-faire est reconnu : ses robots sont utilisés dans des salles d’opération. À Lyon, la start-up PaintUp développe avec Stäubli un robot de nettoyage, peinture et décapage de surfaces de grande dimension, comme des façades. Un exemple qui prouve bien, pour Stäubli, que les jeunes pousses sont, plutôt que des disrupteurs, des partenaires pour générer de nouvelles activités, en adaptant les robots industriels à de nouvelles applications professionnelles.

Cette ouverture passera sans doute par des robots collaboratifs. La recherche et développement représente une part importante des études menées chez Stäubli. Un signe qui ne trompe pas : cette partie de l’usine de Faverges est gardée à l’abri des regards extérieurs.

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