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Quotidien des Usines

Start-up : Les incubateurs jouent les papas poules

Publié le

Enquête Voilà un nouveau genre de start-up : une société dont les seuls actifs sont d'autres start-up ! Malgré le coup de froid sur les valeurs high tech et les faillites de la Net économie, les incubateurs accompagnent les jeunes entrepreneurs et rassurent les investisseurs. Un difficile mélange des genres et des métiers.

Les entreprises citées

Les cabinets de conseil ont désormais tous le leur : BainLab pour Bain & Company, PriceLab pour PriceWaterhouseCoopers, sans oublier McKinsey, Andersen Consulting, etc. Les grandes sociétés de services informatiques leur ont emboîté le pas. Même Danone a créé Chrysalead juste avant l'été. " Maintenant, tout le monde veut son incubateur ", s'étonne Jean-Luc Rivoire, qui s'est lancé dans l'aventure avec Défi Start-up en 1997, désormais baptisé Tocamak et installé en plein " Silicon Sentier ", à Paris. Les incubateurs liés à la nouvelle économie ont ouvert au rythme de quatre à six par semaine aux Etats-Unis ! En France, le rythme serait aujourd'hui d'un par mois. Ce qui en fait, en 2000, la principale tendance en matière de Net économie. " Nous avons identifié plus de 350 incubateurs dans le monde créés ces deux dernières années. Ils sont tous à but lucratif et s'organisent autour de l'idée de réseaux de relations ou de compétences ", explique Morten Hansen, professeur-assistant à la Harvard Business School et coauteur d'une étude sur les " Networked Incubators " publiée en juin 2000. Les incubateurs français ont pour la plupart ouvert leurs portes en 1999 ou au début de 2000. Lors de cette période d'euphorie, où les projets de start-up se multipliaient à l'infini, les fonds de capital-risque se sont trouvés débordés pour sélectionner les futures stars du Nasdaq ou du nouveau marché. Les incubateurs, en disposant d'une équipe de coachs spécialisés, d'un réseau d'experts et de " business angels ", et en engageant eux-mêmes des fonds d'amorçage, se sont alors imposés comme intermédiaires. Les faillites de start-up et, depuis six mois, le retournement de la Bourse envers les sociétés liées aux nouvelles technologies ne les ont pas fait renoncer. " Un incubateur, c'est avant tout une structure qui sait sélectionner les entreprises. Ensuite, elle sait les accompagner, et ce ne sont ni les fonds investis ni les locaux mis à disposition qui font notre valeur ajoutée, mais le fait que nous faisons partie intégrante des équipes de l'entreprise hébergée ", explique Philippe Hayat, ancien industriel, qui a ouvert Kangaroo Village en plein coeur du VIIIe arrondissement de Paris. Des particularités qui illustrent les limites des incubateurs lancés par les grandes entreprises et les cabinets de conseil, selon Guillaume Chauvet, cofondateur du site Web de location de services et matériels en tous genres, MisterRent.com. " Ils semblent croire que l'incubation de projets permet d'amorcer en douceur une transition vers la Net économie et espèrent retenir leurs salariés qui ont une bonne idée. Mais l'incubation, c'est avant tout un partage d'expérience. Or les cabinets de conseil, par exemple, n'ont aucune valeur ajoutée sur la création d'entreprise. Dans un incubateur, comme Tocamak, en face de nous, il n'y a que des ex-entrepreneurs ! ", explique-t-il. Avec le retournement du marché boursier des valeurs de croissance, beaucoup d'incubateurs précurseurs américains ont vu leur capitalisation boursière s'effondrer. Reste que, dans le même temps, le plus célèbre d'entre eux, Idealab !, a levé 1 milliard de dollars pour poursuivre son oeuvre. En France, l'Atelier de l'innovation, Kangaroo Village, Talento, Republic Alley, Start-up Avenue, Coach'Invest ou Start-up Connexion espèrent bien prendre de vitesse les énormes machines à produire des start-up que sont devenues, aux Etats-Unis et en Europe du Nord, AntFactory, GorillaPark et autres Idealab!.

Un rôle d'intermédiaire qui limite les risques

Décriés parce que ne disposant comme actif que des participations dans des projets plus ou moins aboutis, les incubateurs continuent d'intéresser les investisseurs. Et pour cause. Alors que tant de start-up vont, dans les mois à venir, se transformer en " start-down ", les incubateurs, en accompagnant les entrepreneurs, limiteraient la casse. Une étude de la National Business Incubation Association (NBIA), aux Etats-Unis, qui réunit à la fois pépinières et incubateurs, estime que 87 % des jeunes entreprises qui se sont développées au sein de ces structures sont toujours en activité quatre ans après. " Quand nous sommes entrés dans le processus de levée de fonds, poursuit Guillaume Chauvet, de MisterRent, nous cherchions de nouveaux locaux. Impossible de trouver à moins de 3 000 francs le mètre carré sur Paris, et il fallait avancer près de 500 000 francs en loyers d'avance ! L'incubateur nous a permis de disposer non seulement des fonds, mais aussi de toute cette infrastructure. "

De la gestion du quotidien à la stratégie

La majorité des incubateurs offre donc des services basiques tels que des locaux, du coaching, des fonds, ainsi que des prestations juridiques comptables, etc. " Il n'est pas nécessaire de débuter dans un garage ", comme l'expliquent les fondateurs de Republic Alley, Laurent Edel et Gilles Labossière, qui disposent de 1 400 mètres carrés à la décoration avenante et branchée, dans un vieil atelier de fourreur, à la limite du Sentier, à Paris. Même genre d'ambiance chez Tocamak, meubles en couleurs, grands espaces ouverts. " Nous étions tellement sûrs du concept de notre incubateur que nous avons négocié ces 5 000 mètres carrés avant même d'avoir levé les fonds nécessaires ", constate Jean-Luc Rivoire. Un pari qu'il ne regrette pas. Un investissement qui pèse en revanche plutôt lourd dans les budgets. " C'est un gros engagement de notre part. Mais, ne serait-ce qu'avec 2 500 mètres carrés de locaux prêts à l'emploi, nous faisons gagner des semaines aux entrepreneurs. C'est souvent le temps qu'il faut pour voir un concurrent arriver ", souligne Philippe Hayat. Certains incubateurs adoptent une approche totalement différente en la matière. " Nous ne faisons aucune fourniture de moyens. Vivre sous le même toit, cela n'apporte pas forcément quelque chose de plus ", remarque Laurent Babikian, de Start-Up Connexion, installé à Sophia-Antipolis dans le Sud de la France.

Ce dernier préfère mettre en avant les compétences et l'expérience des accompagnateurs ou coachs. Directeur financier, administratif, assistance juridique et comptable, marketing, ressources humaines, développement et partenariat : tous les postes clés de l'entreprise sont incarnés par l'équipe de coachs. " Le danger, c'est que les start-up se retrouvent non pas accompagnées mais sous perfusion. Quand elles se retrouvent toutes seules, c'est la fin ", met en garde Thomas Legrain, chez Coach'Invest. Pour éviter cela, les incubateurs se transforment en cabinets de recrutement spécialisés. Pas de pénurie de candidats pour ces structures. " Mon slogan, c'est : nous vous trouverons la start-up de vos rêves. Evidemment, avec dix-huit sociétés qui recrutent en permanence, cela attire les candidats ! ", s'exclame Jean-Luc Rivoire.

Un réseau et un carnet d'adresses en or

Cependant, comme le souligne l'étude de la Business School de l'Université américaine de Harvard, un bon incubateur se définit essentiellement par son réseau. Avec, à la base, des coachs et des fondateurs qui savent utiliser leurs carnets d'adresses. Le " golden rolodex ", comme le surnomment les Américains. Or " un incubateur sur quatre seulement est en mesure d'assurer un bon niveau de Networking, ou mise en évidence des synergies entre différents contacts ", regrette Morten Hansen, de Harvard. Philippe Hayat (X-Essec), de Kangaroo Village, profite des réseaux des anciens élèves, sans compter les grands patrons français (Didier Pineau-Valencienne, Arnaud de Puyfontaine, Serge Trigano, etc.). Chez Coach'Invest, la liste est également impressionnante. Laurent Edel, de Republic Alley, a, lui, d'abord conçu des sites Web. Avant de rencontrer André Lévy-Lang (aujourd'hui actionnaire et conseiller de l'incubateur) et la plupart des grands patrons français qu'il a initiés à Internet au sein de l'Atelier de veille technologique de Paribas. C'est aussi l'une des raisons du succès des incubateurs auprès de certains fonds d'investissement. Car, non contents de disposer de carnets d'adresses bien étoffés, les fondateurs de ces structures jouent la carte du Networking. Les échanges se font autour d'un verre, à l'occasion des réunions de sélection. Et, chez Kangaroo Village, il est ainsi facile de croiser, le même jour, Patrick Robin, business angel éclairé et fondateur de la Web Agency Imaginet (vendue à Colt), Orianne Garcia et Alexandre Roos, les fondateurs de Caramail, le site de messagerie gratuite sur le Web vendu à Spray, Fabrice Grinda, le fondateur du site d'enchères Aucland, Patrice Magnard d'Alapage, etc. En clair, la plupart des représentants de la Net économie à la française. Pour faire tout aussi chic, Republic Alley accueille dans son comité de sélection les anciens patrons de Paribas, de Cisco, un ancien doyen du MIT, etc. Une mine pour les entrepreneurs qui viennent s'installer au sein d'un incubateur.

Une approche de généraliste ou de spécialiste

Reste à détenir un portefeuille d'actifs ou de start-up intéressants. Pour y arriver, les incubateurs n'adoptent pas tous la même approche. Certains jouent d'abord la spécialisation. " Il faut favoriser les synergies entre les start-up. Pour nous, ce ne sont pas des accords commerciaux, mais plutôt l'effet d'expérience de l'incubateur qui fait gagner du temps et de l'énergie à tout le monde ", explique Philippe Hayat, de Kangaroo Village. Ainsi, sont organisés régulièrement des " focus group ", sur un thème précis, pour mettre en commun les connaissances des start-up hébergées. Pour être un " Networked incubator ", il faudrait donc avoir constitué un portefeuille de participations cohérent. Car celui-ci reste le seul actif sur lequel les incubateurs peuvent, à leur tour, lever les fonds nécessaires au financement des start-up qu'ils vont aider. Loïc Le Meur, cofondateur de nombreuses start-up avant de lancer Business Pace, a ainsi décidé que cette structure serait spécialisée dans les places de marché business to business et les outils destinés aux entreprises. Pour Philippe Hayat, le choix des start-up qu'il souhaite accueillir est clair. " Pour moi, c'est un peu comme la ruée vers l'or : il y a ceux qui cherchent l'or, qui peuvent en trouver et devenir très riches, mais cela peut être très long. Et il y a ceux, que je préfère, qui vendent des pelles et des tamis aux chercheurs d'or. Pour ceux-là, le chiffre d'affaires ne dépend pas des grammes d'or trouvés ! " Pas de sites de commerce électronique donc, mais des services destinés aux professionnels et des start-up qui développent de nouvelles applications. Dans d'autres incubateurs, on croit en revanche aux vertus de l'éclectisme. Chez Republic Alley, l'une des entreprises installées fait de l'édition de livres sur Internet et une autre développe une technologie pour les animations des sites Web ! Marchant un peu sur les plates-bandes des incubateurs des cabinets de conseil, Coach' Invest semble privilégier les " transformers ", ces entreprises traditionnelles qui veulent transposer leur activité sur Internet. Kangaroo Village, qui en est à la dix-huitième start-up, avoue que la seule véritable limite, " c'est ce qu'on ne connaît pas ! ". Et, spécialisé ou pas, un incubateur, comme un fonds d'investissement classique, dispose en général de parts de la start-up en fonction des capitaux apportés au titre de l'amorçage. Les fondateurs du projet qui sera retenu restent toujours majoritaires, mais l'incubateur peut prendre de 10 à 40 % du capital.

Apprendre à être patient

Certains incubateurs jouent plus gros que d'autres. Tocamak, avec près de 70 millions de francs levés pour son compte, investit de 1 à 3 millions de francs en capital dans les start-up qu'il sélectionne. Ensuite, comme Kangaroo Village et Republic Alley, les apports en nature (les locaux, mais aussi les services d'un expert-comptable, le recrutement ou l'assistance dans les futures levées de fonds) sont à leur tour transformés en parts de capital de la start-up. Malgré toute l'expérience des coachs, des actionnaires associés des incubateurs, rien ne garantit le succès. " Le temps d'apprentissage, c'est celui de la vie d'une start-up, de l'idée de départ à la cession ou à l'introduction en Bourse ", insiste Jean-Luc Rivoire, de Tocamak, qui sait que certains projets iront jusqu'au bout et que d'autres échoueront. La sélection des dossiers doit être la plus rigoureuse possible. " La qualité de l'équipe compte tellement. Si le projet est bon, l'équipe compétente mais qu'il manque un chef d'entreprise, le fondateur doit le comprendre et accepter qu'il ne pourra pas rester le patron ", explique Philippe Hayat, de Kangaroo Village. Sur les centaines de dossiers reçus chaque mois, seuls quelques-uns arrivent devant le comité d'investissement qui réunit les coachs de l'incubateur, mais aussi les actionnaires. Avoir sélectionné le bon dossier ne suffit pas. " Moins d'une société sur trois ira en Bourse. Pour être optimiste, je dirais que nous sortirons du capital des start-up au bout de vingt-quatre à trente mois. Sachant que la moyenne est plutôt de quatre ans ", souligne Jean-Luc Rivoire. Il faut donc apprendre la patience pour tenir aussi longtemps. Le modèle du " Networked Incubator " intéresse les passionnés de l'organisation d'entreprise. Quand il s'agit aujourd'hui de créer toujours plus de valeur, toutes les solutions d'échange sont à explorer. Si leurs grands frères américains se sont progressivement transformés en holdings, certains ont su conserver cet esprit de Networking. Telle est sûrement la leçon que retiennent les groupes industriels et cabinets de conseil qui tentent de reproduire le modèle. Sans partage des connaissances et de l'expérience, la Net économie va trop vite pour qu'on l'affronte seul.



Pourquoi autant d'incubateurs

L'environnement très concurrentiel entraîne un fort besoin d'accompagnement des start-up.

Les entrepreneurs cherchent des actionnaires de référence pour rassurer les fonds d'investissement.

La mutualisation des infrastructures répond aux pénuries de bureaux et aux difficultés des start-up de négocier des conditions auprès de prestataires techniques.

Ce qu'ils apportent aux start-up

Le conseil, ou coaching : accompagner l'entrepreneur en termes de stratégie, de management, de recrutement, etc.

L'apport de capitaux : les incubateurs co-investissent dans les start-up au niveau de l'amorçage (ticket moyen : 1 million de francs).

La logistique : apport de locaux, de mobilier, de moyens techniques, etc.

Le carnet d'adresses : les incubateurs sont épaulés par des comités de sélection ou d'actionnaires recrutés pour leur expérience professionnelle et leurs réseaux.

À chacun sa définition

Le mot incubateur est loin de faire l'unanimité au sein même de la communauté. Certains préfèrent le terme de co-entreprise. D'autres se considèrent plutôt comme " ex-cubateur ", car ils n'hébergent pas les start-up qu'ils coachent.



LE LEXIQUE DE LA NET ECONOMIE

Amorçage

Première mise de fonds dans une jeune entreprise pour lui permettre de concrétiser son projet avant d'entamer le premier tour de table.

Business Model

Le modèle économique que va adopter une start-up pour rentabiliser son concept de départ.

Business Plan

Prévision des différentes étapes de développement d'une entreprise, avec les budgets de fonctionnement afférents.

Buzz

La rumeur qui court parmi les acteurs de la Net économie.

B to E (Business to Employee)

Après les particuliers et les professionnels, de plus en plus de start-up s'adressent aux entreprises qui veulent offrir des services à leurs employés. Elles font donc du " B to B to E ! " Parmi les secteurs concernés : gestion des ressources humaines, assurance maladie, services personnalisés (garde d'enfants, teinturerie, etc.).

Coach

Accompagnateur des dirigeants de l'entreprise au sein de l'incubateur. Généralement spécialisé dans un domaine, il justifie d'une forte expérience professionnelle ou d'entrepreneur.

Enabler

Editeur de logiciels (start-up ou pas) qui développe des outils permettant à des services ou à des start-up d'émerger. Exemple : RealAudio, pour diffuser son et vidéo sur le Web.

Networking (favoriser le)

Mutualiser les carnets d'adresses des entrepreneurs pour favoriser les contacts et les synergies entre projets.

Start-down

Une start-up qui fait faillite.

Transformer

Acteur de l'économie traditionnelle qui mute vers de nouveaux canaux de distribution ou de nouveaux métiers via Internet.



Kangaroo village : Ex-industriel aide entrepreneur du web

Ici, il n'y a ni vieille ni nouvelle économie, mais " une seule économie qui utilise Internet ", pose d'emblée Philippe Hayat, ex-repreneur du numéro 1 français de la vente de matériaux de décoration, Bâches de France, et fondateur d'un incubateur au comité de sélection de haute tenue. Après avoir suivi pendant deux ans la filière création d'entreprise de l'Essec et vendu sa société, " le passage était tout naturel, parce que, en ayant lu tous les business plans possibles et imaginables, il n'y a qu'un constat : les entreprises Internet ont vraiment besoin de s'industrialiser, de revenir à des bases saines tout en allant vite ". Chez Kangaroo Village, il n'y a pas de coach de 25 ans. Pas par ostracisme, mais parce que la culture dominante repose sur l'esprit d'entreprise. " Dans la mesure du possible, chaque coach et membre du comité de sélection a, au moins, créé et dirigé une entreprise dans sa vie. " D'ailleurs, les projets de start-up accueillis aujourd'hui dans les deux hôtels particuliers du VIIIe arrondissement, loués pour l'occasion, sont plutôt tenus par " des gens qui ont de la bouteille ". Mais l'esprit start-up y est. Tous les vendredis soirs, les équipes, coachs et actionnaires, se retrouvent pour une partie de Networking, un verre à la main.



Dix-huit start-up sous l'aile de Tocamak

Chez Tocamak, il y a toujours des travaux. Une porte à enlever ici, des câbles à installer là. Les start-up arrivent une à une. Les équipes s'étoffent vite. Trop vite même pour que les livraisons de mobilier suivent le rythme ! " L'une de nos forces est d'attirer les talents. Nous recevons jusqu'à 100 CV par jour ! ", explique Jean-Luc Rivoire, président et fondateur de l'incubateur et de ses 5 000 mètres carrés au coeur du " Silicon Sentier ", à Paris. " Nous sommes à la croisée du fonds d'investissement et de la société de services spécialisée. La plupart des start-up ont besoin de locaux, d'aide au recrutement, d'assistance pour les levées de fonds... " Chez Tocamak, ils sont ainsi une trentaine à suivre de près les progrès de leurs protégés. " L'objectif, c'est d'être tous encore là dans trois ans, en limitant les pertes, et donc en se donnant le maximum de chances. " Et, pour les dix-huit start-up qu'il a prises sous son aile, Jean-Luc Rivoire et son équipe ne se contentent pas d'assister : ils s'impliquent. " Nous avons senti qu'ils étaient avec nous dans la barque, prêts à ramer, à nous pousser à prendre les bonnes décisions. Les investisseurs en général te regardent ramer et vérifient juste les comptes ", explique Guillaume Chauvet, cofondateur de MisterRent.com, dédié à la location de matériel et services, venu s'installer avec son équipe en mai dernier.



PEPINIERES, BUSINESS ANGELS, INCUBATEURS : QUI FAIT QUOI ?

Les fondateurs d'entreprise, pour peu que leur projet soit en rapport avec les technologies de la communication, peuvent s'adresser à différents types de structures ou de relais.

Les pépinières

Financées par des fonds publics ou parapublics, les pépinières proposent des espaces de bureaux à loyers modérés ainsi que des services communs (standard téléphonique, photocopieuse, etc.). Des intervenants extérieurs ou le personnel permanent peuvent accompagner les entrepreneurs en matière de fiscalité, de comptabilité ou d'environnement juridique et réglementaire. Une pépinière est souvent une organisation sans but lucratif.

Les business angels

Ces personnes privées investissent à titre individuel dans des projets au stade de l'amorçage, c'est-à-dire à la création de l'entreprise. Anciens ou actuels dirigeants d'entreprise ou cadres supérieurs, ils assortissent leurs apports en capitaux de conseils et, en tant qu'actionnaires, surveillent l'activité de l'entreprise.

Les incubateurs

Ces structures ont vocation à héberger, conseiller et financer des projets d'entreprise, de la phase d'amorçage jusqu'au dénouement : entrée en Bourse ou fusion-acquisition. Leur apport se fait en capitaux et en industrie. Elles valorisent les services apportés (locaux, expertise, etc.) et prennent une part de capital supplémentaire.



Idealab! la star des incubateurs

C'est à Pasadena - banlieue chic de Los Angeles - que Bill Gross, l'homme qui a plus d'idées pour le Web que de temps pour les réaliser, a créé le premier incubateur. Il a lancé ou hébergé tellement de succès que son nom est devenu une référence. Les idées révolutionnaires d'abord, comme NetZero et l'accès Internet gratuit avec rémunération par la publicité ciblée, Free-PC, ou l'accès Internet payant avec PC gratuit à la clé. Et puis, ces start-up hébergées et choyées, nouvelles stars de la Net économie : EToys.com, CarsDirect.com, eMachines, Ticketmaster, Tickets.com, etc. Au total, plus d'une vingtaine de jeunes sociétés s'en sont remises à son expérience. Car cet ancien développeur de logiciels, dont la société a été achetée par Lotus (filiale d'IBM), ne fait plus que cela depuis 1996. La règle, pour entrer dans le vieil entrepôt du centre-ville : promettre d'en sortir dès que l'entreprise compte 20 salariés ! Et, évidemment, avoir un projet en or, une équipe, etc. Et comme Bill Gross a fait d'Idealab ! une véritable communauté d'entrepreneurs, la plupart restent dans les environs, loin de la Silicon Valley. Et le succès de cet incubateur attire : Bill Gross a levé 1 milliard de dollars pour financer l'ouverture de filiales aux Etats-Unis et en Europe. L'introduction en Bourse, elle, a été repoussée, mais pour d'autres raisons.



Coach'invest, médiateur entre net économie et acteurs traditionnels

Voilà un petit incubateur qui voit grand. Evidemment, Coach'Invest, et ses 400 mètres carrés dans le XVe arrondissement de Paris, n'affiche pas sa volonté d'héberger des dizaines de start-up en même temps. Mais plutôt de les suivre, de les accompagner dans les étapes importantes, plutôt que dans le quotidien. D'ailleurs, question locaux, Paris Innovation, la pépinière parisienne, accueille les start-up sélectionnées par l'incubateur. Et, il y a start-up et start-up ! Thomas Legrain, ancien du Boston Consulting Group, avoue que les " transformers " l'intéressent autant que les start-up pures et dures. " L'un de nos projets, THT TV, est une chaîne thématique sur les nouvelles technologies, cofondée avec le groupe de presse Sud-Ouest ", explique le fondateur de la structure. Et Coach'Invest cultive sa différence face aux autres incubateurs : ici, il n'y a que cinq salariés et pas de filiale européenne en vue. Une atmosphère qui a visiblement séduit Sandra Le Grand, onze ans chez Coca-Cola avant de lancer CanalCE.com, une plate-forme de services pour les comités d'entreprise. " Avec une équipe dont chaque membre affiche de dix à douze ans d'expérience, le quotidien et la logistique, on connaît! Ce qui nous manquait, c'est un accompagnateur. "

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