Standard Chartered augmente son capital

par Denny Thomas et Saeed Azhar

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Standard Chartered augmente son capital

HONG KONG/SINGAPOUR (Reuters) - Standard Chartered a lancé mercredi une augmentation de capital pour lever 3,3 milliards de sterling (3,8 milliards d'euros) afin de renforcer ses finances dans l'optique des nouvelles règles de Bâle III et pour être en capacité de saisir des opportunités de croissance.

La banque britannique, qui est très présente en Asie, a par ailleurs fait état de bénéfices et de revenus records au troisième trimestre et sur les neuf premiers mois de l'année. Au troisième trimestre, le produit net bancaire a progressé plus rapidement qu'au premier semestre et les volumes d'opération sont en outre quasiment revenus à leur niveau d'avant la crise.

StanChart a expliqué vouloir augmenter son capital "pour continuer à saisir des opportunités dans toute l'Asie, en Afrique et au Moyen-Orient", en précisant que les nouvelles règles de fonds propres auraient pu restreindre la croissance de ses actifs en l'absence d'augmentation de capital.

Soucieuses d'éviter une nouvelle crise mondiale du crédit, les autorités de régulation sont convenues le mois dernier d'obliger les banques à augmenter le montant de leurs fonds propres de bonne qualité.

Dans la foulée, Deutsche Bank a donné le coup d'envoi d'une série d'augmentations de capital en levant au début du mois 10,2 milliards d'euros.

DÉCOTE IMPORTANTE

StanChart lui emboîte le pas, en proposant aux actionnaires d'acheter une action nouvelle pour huit actions détenues au prix de 1.280 pence, ce qui représente un rabais conséquent de 33% par rapport à son cours de clôture à la Bourse de Londres.

La banque, qui est basée à Londres mais qui réalise les trois quarts de ses bénéfices en Asie, a fait état d'un ratio Tier one "core" de 9% à la date du 30 juin, ce qui est nettement supérieur aux 7,0% qui seront désormais requis.

StanChart compte porter ce ratio aux environs de 11% à l'issue de l'augmentation de capital mais les nouvelles dispositions de Bâle III vont l'obliger à appliquer une pondération du risque plus élevée pour ses actifs, ce qui devrait faire baisser le ratio d'un point de pourcentage, a précisé la banque.

Les nouvelles règles décidées dans le cadre de l'accord "Bâle III" ont durci la définition du ratio Tier one core afin que le capital social et les bénéfices non distribués constituent l'essentiel des capitaux propres des banques. En conséquence, les ratios Tier one core de nombreuses banques risquent d'être sensiblement inférieurs à ce qu'ils sont aujourd'hui.

"Les règles de Bâle vont être plus difficiles pour certaines banques occidentales et ils veulent prendre de l'avance en levant des capitaux avant que certaines banques européennes ne le fassent", souligne Daniel Tabbush, analyste à CLSA.

"Il est possible que les règles de Bâle pénalisent davantage les banques comme Standard Chartered et HSBC en Asie car elles sont davantage transfrontières", ajoute-t-il.

L'ACTION RECULE À HONG KONG ET LONDRES

StanChart a indiqué que le fonds souverain de Singapour Temasek , son principal actionnaire avec une participation de 18%, soutiendrait l'opération.

La banque a été particulièrement active en Asie où elle a participé au montage de prêts importants pour Bharti Airtel, Vedanta Resources et BHP Billiton, selon Reuters Basis Point.

En août, elle a annoncé un bénéfice record de 3,12 milliards de dollars (2,2 milliards d'euros) pour le premier semestre et les créances douteuses ont été divisées par deux.

A 08h10 GMT, l'action StanChart cotée à Hong Kong, qui avait été suspendue dans l'attente de l'annonce de l'augmentation de capital, perdait 1,3% à 227,00 dollars hong-kongais.

A la Bourse de Londres, le titre StanChart reculait de 2,86% à 1.854 pence. Mardi, elle avait gagné 2,1% sur des rumeurs d'intérêt de la part de la banque américaine JPMorgan.

Pour l'analyste Daniel Tabbush, l'augmentation de capital pourrait aussi être destinée à faire passer le message que la banque n'est pas à vendre.

Bertrand Boucey et Gwénaëlle Barzic pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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