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Quotidien des Usines

Stallergenes, une recherche très ciblée

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Cette semaine, nous démarrons notre série avec Stallergenes. Spécialiste de l'anti-allergie, elle est le prototype d'une ETI qui a réussi. Ses recettes : de lourds investissements dans la recherche, une stratégie de niches, un management très impliqué. La croissance et les profits sont au rendez-vous.

Stallergenes, une recherche très ciblée © Luc Pérénom

Un peu de pollen dans l'air, un brin de poussière, et le nez coule, les yeux rougissent, la toux arrive... Près de 500 millions de terriens souffrent de rhinites allergiques et 300 millions sont asthmatiques. Et ces maladies respiratoires étendent leur emprise chaque année. Un phénomène qui sert la croissance de Stallergenes, le spé-cialiste français de la désensibilisation des allergies respiratoires, basé à Antony (Hauts-de-Seine). Mais si l'entreprise se place au septième rang des laboratoires pharmaceutiques français, avec 900 salariés pour 171 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2008, ce n'est pas seulement parce que les allergies progressent. Stallergenes, qui affiche une taille modeste par rapport au numéro 1 du secteur, Sanofi-Aventis (100 000 salariés, 27,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires), a fait de son appartenance aux « poids moyens » de l'industrie française un atout. Il a compris qu'il est impossible de se disperser dans un secteur aussi gourmand en capitaux.

Dès son arrivée aux commandes, en 1999, Albert Saporta s'est focalisé sur le marché de la désensibilisation allergique. Avec un atout clé pour une entreprise de taille intermédiaire : un actionnaire majoritaire (Wendel), qui lui laisse les coudées franches. Et une conviction : miser à fond sur la recherche et l'innovation. Cette année encore, près de 23 % du chiffre d'affaire est consacré à la R et D ! Et depuis cinq ans, environ 70 postes en R et D ont été créés. Une stratégie payante. L'entreprise affiche une croissance de 14 % par an depuis l'arrivée de ce PDG de choc, bien mieux que les 5 % de croissance du marché. « Nous avons doublé de taille en cinq ans et nous allons continuer sur la même pente », lance Louis Champion, le directeur général de Stallergenes, qui a rejoint l'entreprise en 2000.

Fiche d'identité

> Date de création 1962 à Lyon, au sein de l’Institut Mérieux
> ActionnariatWendel (47,1%), public (50,2%), salariés (2,7%)
> Activité Santé (antiallergiques)
> Chiffre d’affaires 2008 171 millions d’euros, en croissance de 14% par an sur les cinq dernières années
> Taux de rentabilité moyen sur les cinq dernières années (bénéfice opérationnel/CA en %)18%
> Effectif900 salariés

DES GOUTTES REMPLACENT LES INJECTIONS

Ce champion français aux marges confortables (13,7 % de profits nets au premier semestre) s'impose désormais à la deuxième place mondiale, juste derrière le danois ALK-Abello, et bien devant l'allemand Allergopharma et le britannique Allergy Therapeutics. Mais il est surtout le leader incontesté de la voie sublinguale pour les traitements de désensibilisation. C'est lui qui, dans les années 1990, a lancé le premier en Europe des gouttes à placer sous la langue, qui remplacent les quelque 60 doses sous-cutanées injectées sur trois ans. Près de 80 % des produits vendus par Stallergenes sont désormais sous cette forme.

Il a lancé l'an dernier en Allemagne un produit encore plus facile à utiliser par les patients, le comprimé de désensi-bilisation sublinguale aux pollens de graminées. Il vient de recevoir l'autorisation de mise sur le marché en Europe. S'il s'est fait cette fois-ci coiffer sur le poteau par son concurrent danois (qui avait déjà commercialisé un produit similaire, deux ans aupa-ravant), le français compte bien repren-dre une longueur d'avance avec ses développements sur les comprimés contre les allergies aux acariens et au pollen de bouleau. Cette avancée révolutionne le marché et devrait le faire croître de 600 millions d'euros à 3 milliards d'euros à l'horizon 2018. « A cette date, les comprimés représenteront les trois quarts du marché », estime Albert Saporta.

Pas question de s'arrêter là. Ses équipes travaillent aussi à la production par génie génétique des allergènes, procédé qui remplace l'extraction de certains allergènes naturels : bouleau, pollen, acariens... Si tout se passe bien, Stallergenes arrivera le premier sur le marché : son concurrent ALK-Abello a bien un programme de ce type contre les allergies au chat, mais encore au stade de la recherche.

Pour progresser rapidement sur cette innovation, l'entreprise qui, comme tous les poids moyens ne dispose que de moyens limités, a su s'entourer de partenaires spécialistes de la bio-production, sans chercher à tout intégrer. Le belge Henogen a été choisi pour le développement pharmaceutique et le danois CMC Biologics pour la production. « La fabrication d'allergènes recombinant à grande échelle sera une première mondiale », souligne le directeur général. Les essais cliniques de phase III débuteront en 2010.

Cette politique vaut aussi pour la commercialisation à l'international. En début d'année, Stallergenes a signé un partenariat avec Boyrung en Corée du Sud et un accord de distribution exclusif en Russie avec le groupe pharmaceutique belge Solvay. L'objectif pour 2010 ? Avoir une présence commerciale aux Etats-Unis, en Chine et au Japon. En Europe, le français contrôle en revanche lui-même les ventes via un réseau de 11 filiales. Les deux dernières, en Suisse et en Autriche, ont été ouvertes en février. Au total, il est présent dans 43 pays.

LE PLUS GRAND ÉLEVAGE D'ACARIENS DU MONDE

S'être concentrée sur la R et D n'a pas empêché l'entreprise d'adapter son outil industriel en fonction des changements galéniques (les modes de délivrance des médicaments). En 1988, elle s'était dotée de la première ligne robotisée de production capable de préparer spécialement un médicament pour un patient, sur son site d'Antony. Une première mondiale. Amélioré au fil des ans, ce système reste unique en son genre. L'an dernier, Stallergenes a inauguré une unité de production qui multiplie par dix ses capacités, pour un investissement de 20 millions d'euros. Sur ce site, plus de 150 allergènes sont produits avec des matières premières bien différentes des laboratoires pharmaceutiques classiques : pollen, graminés... sans compter le plus grand élevage d'acariens du monde.

Résultat, malgré la crise, Stallergenes devrait encore afficher cette année 11 % de croissance, deux fois plus que la moyenne de la pharmacie. Et, en Bourse où l'entreprise pèse 780 millions d'euros, son titre a presque retrouvé le niveau d'avant la crise. Etre une entre-prise moyenne n'empêche pas de se distinguer.

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