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L'Usine Santé

Stallergenes à l'arrêt, les patients allergiques se tournent vers son concurrent ALK

Astrid Gouzik ,

Publié le , mis à jour le 12/01/2016 À 11H01

Depuis le début du mois de décembre, la grogne des patients allergiques monte contre Stallergenes. Le laboratoire est paralysé par un problème informatique après une décision de police sanitaire. Le laboratoire a été contraint de suspendre ses activités de production et de distribution. Face à l'impossibilité de recevoir leurs traitements, les patients semblent s'être tournés vers le principal et seul concurrent de Stallergenes en France, le groupe pharmaceutique danois ALK. Il a vu ses demandes doubler le mois dernier.

 

"Il ne faut pas que les gens n'aient plus confiance en Stallergenes, et se privent du coup d'un traitement de désensibilisation", insistait Dominique Martin, directeur général de l'agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), le 22 décembre dernier, interrogé par L'Usine Nouvelle.

La cause de cette possible désaffection : un vaste rappel de médicaments, Staloral, Alustal et Phostal. La mise en place d'un nouveau système d'information sur le site de Stallergenes à Antony (Hauts-de-Seine) a induit des erreurs dans la délivrance des produits contre l'allergie. L'entreprise fabrique des traitements sur-mesure pour chacun de ses patients (APSI) et les envoie directement à leur domicile. C'est ce processus-là que l'implémentation du nouveau système informatique serait venue perturber.

Certains patients ont reçu des traitements qui ne leur étaient pas destinés. Le site du laboratoire est donc à l'arrêt depuis le 3 décembre dernier. Depuis, l'ANSM fait tout pour calmer l'affolement grandissant des patients.

Et pourtant, la crise de confiance que voulait justement éviter Dominique Martin s'est bien produite. ALK, le principal et seul concurrent de Stallergenes en France, a vu le nombre d'ordonnances reçues doubler au mois de décembre. "Notre priorité est de répondre à la demande le mieux possible et d'envoyer les traitements dans les meilleurs délais", assure Denis Delval, directeur général d'ALK France.

Entre 3 et 5 ans

APSI, késako ? 
Les allergènes préparés pour un seul individu (APSI) : c'est le point commun entre les deux laboratoires Stallergenes et ALK. C'est aussi ce qui rend leur activité industrielle si complexe. Il s'agit en effet de traitements sur-mesure, préparés spécifiquement pour chaque partient, suivant l'ordonnance reçue par le laboratoire. Ils sont ensuite envoyés directement aux patients. 

"Nous recevions entre 1000 et 1200 ordonnances par jour avant l'affaire Stallergenes, aujourd'hui nous en recevons environ 2400".
Et pour coller à l'augmentation brutale du nombre de patients, ALK a pour objectif de doubler ses capacités de production en France et devrait donc procéder à 80 embauches d'ici à fin mars, sur ses sites de Vandeuil (Marne) et Varennes en Argonne (Meuse).

Des recrutements en contrat à durée déterminé car il s'agit avant tout de répondre à un besoin ponctuel provoqué par l'arrêt de la production chez Stallergenes, "mais il est trop tôt pour avoir une vision sur le long terme", nuance Denis Delval. Il concède toutefois : "Ce que nous pouvons anticiper, c'est qu'un traitement de désensibilisation dure entre 3 et 5 ans". Or lorsqu'une personne commence le traitement de désensibilisation pour son allergie avec un produit, elle ne peut pas en changer en cours de route. Si elle veut changer de produit (et donc de laboratoire), elle doit reprendre le processus depuis le début.

De quoi en décourager plus d'un. Sans parler du fait que le rappel de médicaments et l'arrêt de la production pendant plusieurs semaines aura écorné l'image de Stallergenes. ALK pourrait donc avoir durablement grignoté des parts de marché au détriment de son concurrent.

ALK a migré vers SAP... il y a 4 ans

Quant à savoir si ce qui est arrivé chez Stallergenes pourrait se produire chez ALK, Denis Delval répond, non sans une pointe de sarcasme : "si vous me demandez s'il est possible que nous changions de système d'information, nous l'avons déjà fait. Nous sommes,  nous aussi, passés sous SAP en 2011 et tout s'est très bien passé. Nous avons préparé et accompagné ce changement durant 1 an et demi". Quatre ans avant Stallergenes, ALK avait donc opéré une migration vers ce logiciel "capable de gérer la complexité de notre activité", souligne son directeur général. "Un système plus performant et plus efficace qui nous permet de produire des milliers de traitements différents chaque jour. Mais nous avons préalablement opéré une longue phase de test et de formation pour nos collaborateurs".

Selon nos confrères du Monde Informatique, c'est la mise en production de la solution SAP Hana qui aurait posé problème. "La solution de SAP, retenue il y a un an et demi par cette entreprise spécialisée dans le traitement des maladies respiratoires, a été mise en production en août. Le projet a été accompagné par le cabinet de conseil Deloitte", affirme l'hebdomadaire spécialisé dans l'informatique et les télécommunications. 

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