Stabilité confirmée des parts de marché de la France à l'export

PARIS (Reuters) - La stabilisation des parts de marché de la France à l'exportation amorcée fin 2011 après une décennie de chute se confirme cette année, selon l'étude sur la compétitivité française de l'institut COE-Rexecode publiée jeudi.

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La part des exportations françaises de biens et services dans les exportations de la zone euro a été en moyenne de 12,8% sur les huit premiers mois de 2013, soit le même niveau qu'en 2011 et 2012, alors qu'elle était de 17% en 1999.

La part des exportations françaises dans le commerce mondial s'est de même stabilisée cette année à 3,1%, un niveau moitié moindre qu'en 1999 (6,3%), la France étant, derrière le Japon, le pays développé qui a connu le plus fort recul sur une longue période.

COE-Rexecode souligne que, si elle avait maintenu sa part de marché au sein de la zone euro, la France aurait des exportations de biens et services supérieures de 180 milliards d'euros à leur niveau actuel, le cumul des pertes enregistrées depuis 1999 dépassant 1.400 milliards.

L'institut, qui est proche du patronat, attribue le recul brutal de la compétitivité française du début des années 2000 pour une large part au "choc de coût" lié à l'instauration des 35 heures et à la dérive du coût salarial du travail qui en est résulté.

De 2000 au deuxième trimestre 2003, l'heure de travail a ainsi augmenté de 45% en France contre 24% en Allemagne et 40% en moyenne dans la zone euro et cette évolution n'a pas été compensée par une progression de la productivité.

L'EBE INDUSTRIEL RESTE PROCHE DES PLUS BAS

L'éloignement de ce choc dans le temps mais aussi les premiers effets des politiques industrielles mises en oeuvre sous les précédents gouvernements -pôles de compétitivité, réforme du crédit impôt recherche, création d'Oseo, investissements d'avenir- comme par l'actuel -Banque publique d'investissement, crédit d'impôt compétitivité emploi- expliquent sans doute la stabilisation en cours.

Mais ces dispositifs ne pourront produire tous leurs effets que si la base industrielle se développe à nouveau, souligne COE-Rexecode, ce qui n'est pas encore le cas.

La mesure en est l'excédent brut d'exploitation de l'industrie manufacturière française, qui s'élevait, sur une base annualisée, à 44 milliards d'euros au premier semestre 2013, soit l'équivalent de 2,2% du produit intérieur brut, contre 180 milliards en Allemagne, soit 6,5% du PIB.

L'écart entre la France et l'Allemagne, stabilisé lui aussi dans une période récente, est aujourd'hui de un à quatre, alors qu'il était de 56,2% en 2000.

Et la part de l'EBE industriel réalisé par les entreprises opérant en France par rapport au total de la zone euro est passé de 17,7% en 2000 à 10,8% en 2011, même s'il s'est légèrement repris depuis à 11,4%.

Pour Michel Didier, président de COE-Rexecode, l'EBE de l'industrie manufacturière, "c'est-à-dire le montant des ressources nécessaires à l'investissement et à la recherche, est toujours actuellement proche d'un point bas historique", ce qui rend avant tout nécessaire une reconstitution des marges financières des entreprises.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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