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Quotidien des Usines

SPÉCIAL RECRUTEMENTDes secteurs complètement chamboulésEn 2001, c'est le chahut dans les secteurs. Rien ne va plus, et, en même temps, cela va bien. Coups de projecteurs pour y voir plus clair.

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Les entreprises citées

SPÉCIAL RECRUTEMENT

Des secteurs complètement chamboulés

En 2001, c'est le chahut dans les secteurs. Rien ne va plus, et, en même temps, cela va bien. Coups de projecteurs pour y voir plus clair.



Comment ne pas être déboussolé ? Les télécommunications licencient fort, les SSII recrutent à tout va, les grands groupes américains de l'automobile taillent massivement dans leurs effectifs, alors que les constructeurs français ne se sont jamais si bien portés. Le B-TP s'inquiète. Pas facile d'y voir clair, pour ce second semestre de 2001 ! Valeurs sûres, cette année, les constructions aéronautique et navale font office de meilleures élèves. Cette grande famille revient de loin, avec un rythme de recrutement euphorique : plus de 80 % des entreprises interrogées ont haussé leurs recrutements au cours du premier semestre de 2001 - en partie portés par le marché de l'aéronautique. Elles sont encore 62,5 % à penser entamer l'année 2002 avec davantage d'effectifs. Autant que les transports (62,5 %) et le B-TP (62,5 %), qui a déjà oublié ses années noires.

La bonne forme des services aux entreprises

Petit bémol : ces deux derniers secteurs ont recruté à un niveau élevé depuis le début de l'année 2001. Et le B-TP comme les transports prévoient un fléchissement de leur recrutement au cours du second semestre de 2001 par rapport au second semestre de 2000. Florissants aussi, les services aux entreprises, et la famille de l'automobile, qui ne prévoit aucune baisse de ses effectifs au début de 2002. Mieux encore, les chimistes : 41 % estiment être en sous-effectifs, avec de réelles difficultés de recrutement (71,4 % ). Mais, en y regardant de plus près, des nuances apparaissent. C'est précisément le cas de la... chimie-pharmacie, prise dans le tourbillon des restructurations. Mais l'automobile connaît aussi des turbulences, en particulier les grands équipementiers, comme Bosch ou Delphi, qui n'embauchent plus.

La métallurgie-fonderie va marquer le pas

De son côté, l'informatique encaisse toute une série de perturbations malgré un rythme de recrutement élevé : 88 % des industriels du secteur tablent sur une croissance de leurs effectifs en 2001 par rapport à 2000. A tempérer. Car les cabinets estiment que les entreprises du secteur sont seulement 46 % à recruter davantage en 2001, contre... 70,7 % en 2000. Moins dynamique, la métallurgie-fonderie devrait marquer le pas au second semestre de 2001 après un début d'année faste. La moitié des industriels ont effectivement relevé leurs volumes d'embauches les six premiers mois de cette année par rapport au premier semestre de 2000, surtout stimulée par la construction d'automobiles. Sans surprise, deux secteurs sont au bord de la déconfiture. L'électronique et les télécommunications, viscéralement marqués par leur surcapacité de production et des stocks à écouler. Ils sont 21 % d'industriels de l'électronique et 11 % des télécommunications à déclarer ne vouloir embaucher personne au second semestre de 2001. Les scores les plus élevés.

Le cru 2001 est donc particulièrement bon, mais subtilement contrasté. Pour cette raison, nous passons à la loupe six secteurs : l'automobile et la chimie, en pleine santé malgré des messages brouillés ; l'informatique et la plasturgie, en phase de décélération, mais toniques en matière d'embauches ; les télécommunications et l'électronique, dont les crises font la " une " de l'actualité.



En bonne santé

LA CHIMIE-PHARMACIE SUR SA LANCÉE

A la hausse, le volume des embauches suit un rythme de croisière depuis deux ans. Une priorité : rajeunir les troupes.

Pas d'inquiétude chez les chimistes ! L'année 2002 devrait démarrer sous les meilleurs auspices : près de la moitié des entreprises du secteur (hors verre et énergie) devrait augmenter leurs effectifs. D'ores et déjà, 50 % envisagent d'étoffer leurs recrutements dans les prochains mois. Et ils étaient 47,8 % à avoir plus embauché durant les six premiers mois de 2001 que durant les six premiers mois de 2000. Une belle constante. " Nous n'avons pas encore perçu l'ombre d'un ralentissement de l'activité, appuie François Gaschka, directeur du département social-emploi-formation de l'Union des industries chimiques. Au premier semestre de 2001, nous sommes restés sur la base de l'année 2000, qui avait enregistré 5 % de croissance des effectifs... ". Air liquide affiche, par exemple, une augmentation régulière de ses effectifs depuis trois ans, même si les volumes d'ingénieurs et de cadres prévus en 2001 sont de 230, contre 250 en 2000.

Un fort mouvement de fusions-restructurations

Les affaires vont bien. Si bien que plus de 70 % des industriels du secteur éprouvent de plus grandes difficultés à recruter aujourd'hui qu'en 2000. Des difficultés à la fois conjoncturelles et structurelles. Car la chimie, plus que la pharmacie, doit encaisser les multiples départs à la retraite. Les pyramides des âges sont déséquilibrées. Un mouvement qui relativise la portée du niveau soutenu d'embauches. " L'âge moyen chez Rhodia est élevé, 44 ans, illustre ainsi Max Mata, directeur des ressources humaines pour la France. Sur 230 recrutements en 2001, la moitié concerne des remplacements de départs naturels ". Rhodia pratique une politique d'intégration de jeunes talents. Comme beaucoup d'autres. 65 % déclarent rechercher d'abord des jeunes diplômés avec une première expérience. Ils sont 42,9 % à vouloir séduire en priorité des cadres de production, et autant à chasser les commerciaux... Mais tout n'est pas rose. Les embauches auraient pu être plus nombreuses si la chimie-pharmacie ne vivait depuis des mois un fort mouvement de fusions-restructurations. Les industriels accusent le coup : 40,9 % s'apprêtent à moins recruter au second semestre de 2001 qu'au second semestre de 2000. La pharmacie, dont les effectifs augmentent de 2 % par an, est particulièrement concernée. En témoigne Bénédicte Nepveux, responsable du développement professionnel d'Avantis Pharma : " Nous sommes dans une logique de stabilisation de notre organisation. Avec priorité à la mobilité interne. Nous ne recrutons que des cadres que nous n'avons pu trouver dans nos murs. Et nous avons arrêté provisoirement d'embaucher en recherche-développement. "



Max Mata Directeur des ressources humaines France de Rhodia

" Plus que les autres industries, nous sommes dans une logique de rajeunissement de nos effectifs. Nous n'avons toutefois pas trop de difficultés à recruter des cadres, parce que nous sommes très spécialisés. Nous recherchons des profils à la pointe, sans subir la concurrence notamment de la pharmacie..."



Trois chiffres clés

45,8 % des entreprises pensent qu'elles auront augmenté leurs effectifs en 2001.

71,4 % éprouvent plus de difficultés à recruter que l'an passé.

50 % affichent comme premier objectif d'embauche le remplacement de départs naturels.



En bonne santé

BOOM NATIONAL POUR L'AUTOMOBILE

Les constructeurs français et les équipementiers recrutent à tours de bras. Une constante : beaucoup de précipitation.

" Les immatriculations baissent en Europe. Mais les constructeurs français s'en sortent plutôt bien. Le secteur est créateur d'emplois ", résume Pascal Gabaret, directeur des études statistiques de l'UIMM. Une dynamique qui surprend aussi François Maecher, du cabinet de chasse Neuman International. " Il n'y a pas de signe de fléchissement. Nous avons même l'impression de continuer dans un climat euphorique. " Aussi bien chez les constructeurs que les équipementiers... français. Par exemple, Valeo, qui a récemment fermé des usines en France, prévoit néanmoins une croissance de ses effectifs (à périmètre constant) de 10 % au second semestre de 2001. " A notre surprise, nous réalisons des chiffres records en France, alors que nos ventes aux Etats-Unis se sont effondrées ", explique Jean-Baptiste Valadon, directeur des ressources humaines. De son côté, Bernard Million-Rousseau, responsable de la gestion des cadres chez PSA, note une accélération du programme d'embauches : " Nous avons déjà recruté, fin juin, 700 cadres sur 1 300. " Renault, pour sa part, a vécu une surchauffe dans ses embauches au premier semestre et affiche un ralentissement de ses recrutements en septembre. Mais la firme au losange tient son plan de 800 nouveaux postes de cadres en 2001 (contre 1 000 l'an dernier).

De plus en plus de CDD

Premier objectif de cette précipitation : renforcer l'activité pour 56,3 % des industriels du secteur. En témoigne le nombre de CDD en croissance : 20 % des entreprises comptent leur faire une place plus importante dans leurs recrutements. De fait, 56 % se plaignent d'avoir des effectifs insuffisants. Elles sont tout aussi nombreuses à rencontrer davantage de difficultés à recruter qu'en 2000. Les fonctions à pourvoir en priorité ? Des hommes immédiatement opérationnels. Surtout des cadres de bureaux d'études, pour la moitié des entreprises. " Nous avons réalisé les trois quarts de nos embauches au premier semestre en focalisant sur deux métiers : la conception-industrialisation et le service aux clients ", confirme Tessa Valabregue, manager à la direction de la gestion individuelle de Renault. PSA a, de son côté, recruté 170 cadres sur les métiers de l'informatique. Et le commerce de marque représente un tiers des effectifs engagés. Cependant, 80 % des sondés, en majorité des PME, affirment rechercher en priorité des techniciens. Tel le sous-traitant savoyard Emile Pernat, qui se plaint des pratiques de " débauche " dans sa région.



TROIS CHIFFRES CLÉS

53,8 % des entreprises pensent qu'elles auront augmenté leurs effectifs en 2001.

56 % estiment que leurs effectifs sont insuffisants par rapport à leur activité.

80 % recherchent en priorité des techniciens pour les mois à venir.



En dérapage contrôlé

INDIGESTION DANS LA FILIERE PLASTIQUE

Les plasturgistes souffrent de réelles pénuries, de l'ingénieur à l'ouvrier. Une particularité : la remontée du turn-over.

Avec 7 000 créations nettes d'emploi en 2000 rien que pour la transformation des plastiques, le secteur a frôlé des sommets. Et a plus que doublé ses recrutements par rapport à 1999 ! Il est donc naturel que le soufflé retombe en 2001 afin de digérer cette hausse globale d'effectifs de 4,5 % ; 51,9 % des entreprises s'apprêtent donc à moins recruter au second semestre de 2001 qu'au second semestre de 2000. Pourtant, les plasturgistes et les moulistes parlent toujours de pénurie. " Dans la région, nous n'avons pas encore de formations spécifiques à nos métiers et nous éprouvons des difficultés à recruter des jeunes sortants d'écoles d'ingénieurs ", atteste Bernard-Pierre Baucher, P-DG de la PME bretonne Linpac Plastics, appartenant au leader européen de production de films en plastique. Rien d'étonnant alors que 61,5 % des entreprises aient embauché des cadres venant d'autres secteurs : ingénieurs de production, développeurs, spécialistes du marketing, informaticiens, logisticiens... Surtout que le secteur subit une double pression. D'abord, une hausse significative du turn-over, dénoncée par 25,9 % des industriels. " Nous avons noté un véritable retour du phénomène ", convient Pierre Tripodi, DRH de Diam, PMI spécialiste de présentoirs en plastique aux Mureaux (Yvelines). 40 % des entreprises affichent comme premier objectif de leurs embauches le remplacement des départs volontaires. Ensuite, le manque réel de candidats pèse sur toutes les catégories de salariés : du manager à l'ouvrier. D'après notre enquête, 52 % des entreprises recherchent en priorité des cadres ! Et 80 % des techniciens. " Nous cherchons des cadres pour la recherche-développement, la partie commer- ciale et la gestion de projets ", souligne Laurence Beaulieu, chez Plastic Omnium, qui prévoit un niveau de recrutement important au troisième trimestre. De son côté, Diam chasse des concepteurs. " Nous avons surtout du mal à trouver des monteurs- régleurs et de bons bac + 2 ", in- siste de son côté Marie-Dominique Pinson, à la Fédération de la plasturgie. Toutefois, d'après Laurence Beaulieu, " le marché, toujours très actif, est moins tendu ".



Ketty Gondar

Secrétaire générale du groupement des industries plastiques Ile-de-France et Champagne-Ardenne

" Nos industries endurent une véritable pénurie de candidats, en particulier en Ile-de-France. Désemparées, les entreprises nous ont demandé de récolter plus de 600 CV depuis le début de l'année, surtout pour des postes d'ingénieur de bureau d'études. Nous ne sommes pourtant pas un cabinet de recrutement."



Trois chiffres clés

40,7 % des entreprises pensent qu'elles auront augmenté leurs effectifs en 2001.

61,5 % recrutent des cadres issus d'autres secteurs.

66,7 % éprouvent les plus grandes difficultés à embaucher.



En dérapage contrôlé

L'INFORMATIQUE TEMPERE SON ENTHOUSIASME

Le tassement est sensible. Mais les profils pointus restent très prisés. En hausse : les cadres confirmés de 30-40 ans.

" Globalement les affaires sont bonnes, résume d'un mot Pierre Dellis, au Syntec Informatique. Les grandes sociétés sont toujours confrontées à la pénurie de compétences. Tandis que les PME paraissent plus sereines... " 58,3 % des entreprises ont effectivement augmenté leurs recrutements au cours du premier semestre de 2001 par rapport au premier semestre de 2000. 60 % vont embaucher de façon plus forte au second semestre de 2001 par rapport au second semestre de 2000.

Un tassement dû à Internet et aux télécommunications

Cependant, les cabinets de recrutement estiment à 46 % seulement la hausse des effectifs cette année, contre 70,7 % l'an passé ! Les services informatiques pour l'Internet et les télécommunications ont largement contribué à ce tassement. Une tendance confirmée par des acteurs placés aux premières loges, comme Pascal Robert, directeur général du réseau d'intérim Expectra, spécialiste des profils high-tech. " Par rapport à 2000, nous avons noté un ralentissement des transformations des missions qui nous sont confiées en CDI. Un fait marquant pour les informaticiens qui travaillent dans la nouvelle économie. La demande de programmeurs Java et HTML persiste néanmoins dans le secteur informatique. " Ce relâchement du marché de l'emploi a bien été perçu par les SSII. " Depuis la fin 2000, nous éprouvons moins de difficultés à recruter, en particulier les jeunes diplômés. D'autant plus qu'il y a une augmentation des candidats issus des start-up ", signale Claude Puppatti, le directeur des ressources humaines de Sopra. La SSII prévoit de recruter 1 100 personnes en 2001, contre 900 l'an dernier, pour renforcer son activité. Malgré la sévère crise de 2000, et la déprime de 2001, certains constructeurs n'ont pas vraiment senti ce relâchement. C'est le cas d'IBM notamment : " Nous avons des difficultés à trouver de bons vendeurs et des profils expérimentés, architectes, consultants et chefs de projets ", note Valérie Férial, responsable du recrutement chez Big Blue. " Beaucoup de profils qui devaient être recrutés au début de l'année ne l'ont pas été, faute de candidats ", renchérit le DRH d'Hitachi Computer, Nicolas Leschein. 60 % des entreprises estiment avoir plus de mal à recruter qu'en 2000. Explication : la grande ma- jorité des entreprises (68 %) embauchent en priorité des cadres confirmés entre 30 et 40 ans. " La demande s'est renforcée sur des profils très expérimentés capables de maîtriser le conseil, l'organisation et l'audit ", recoupe Pierre Dellis. D'où d'importantes tensions.

Cible prioritaire : les ingénieurs télécoms

Autre tendance significative, relevée, entre autres, par le groupe d'informatique industrielle Silicomp, " les ingénieurs en informatique sur les systèmes embarqués (cartes à puce, monétique, aéronautique...) sont recherchés par tout le monde. " Et les ingénieurs télécoms restent prisés : 25 % des entreprises nous répondent même qu'ils sont une cible prioritaire !



TROIS CHIFFRES CLÉS

88 % des entreprises pensent qu'elles auront augmenté leurs effectifs en 2001.

60 % s'apprêtent à plus recruter au second semestre de 2001 qu'au second semestre de 2000.

100 % affichent comme priorité d'embauche le renforcement de leur activité.



En mauvaise posture

L'ÉLECTRONIQUE COURT-CIRCUITÉ

Toutes les prévisions sont revues à la baisse, surtout dans les grands groupes. Une exception : on étoffe les équipes de recherche-développement.

L'électronique est malade. Et, tous les indicateurs sont à la baisse : plus de la moitié des industriels interrogés du secteur ont réduit leurs embauches au premier semestre de 2001 comparé au second semestre de 2000. Tandis que près des deux tiers estiment qu'elles embaucheront moins au second semestre de 2001 qu'au second semestre de 2000. 21,1 % prévoient même de ne pas recruter dans les prochains mois... Rien d'étonnant. Les grands groupes qui dégraissent contribuent à ce très net ralentissement. Philips a ainsi affiché son projet de supprimer 3 000 à 4 000 postes, dont 1 235 en France, juste après les annonces de Thomson Multimédia et le gel des recrutements en France décidé par STMicroelectronics. Le fabricant franco-américain de composants électroniques, Atmel, n'échappe pas à la tendance. Il envisagerait de réduire 20 % de ses effectifs outre-Atlantique. Ses trois sites français devraient échapper au pire. Mais il prévoit cependant un ralentissement de ses embauches dans l'Hexagone et le non-renouvellement de ses CDD. La mauvaise situation des télécommunications n'arrange rien. Conséquence, les électroniciens fournisseurs du secteur n'embauchent plus guère. Radiall, le groupe de connectique électronique, a, par exemple, décidé de geler ses recrutements. Et globalement, les grandes entreprises souffrent plus que les petites.

On réajuste les effectifs aux besoins

" Après la période folle de 1999-2000, on revient à un certain réalisme. Les stocks de composants sont à écouler et les commandes sont bloquées. Il y a par conséquent un réajustement des effectifs aux besoins ", analyse Antoine Weil, au Gitep/Tic (groupement des industries des télécoms et de l'électronique professionnelle). Au contraire, le dynamisme du marché de l'automobile stimule le secteur. United Monolithic Semiconductors observe en effet une chute de son activité de télécoms de 30 % par rapport à 2000, mais enregistre aussi une hausse de 27 % des activités " automotive " et de défense. Une bonne nou- velle pour l'industriel. " Nous prévoyons pour la fin de l'année une progression de 10 % des effectifs. Notre diversification en optoélectronique nous a permis de limiter les frais ", observait Claire Silva, la directrice des ressources humaines. Idem pour les sous-traitants, qui peuvent se rattraper sur d'autres activités. " Les applications dans l'automobile et l'électroménager restent stables", apprécie Alain Gavois, P-DG de la PME de sous-traitance A2E (cartes électroniques et câbles, à Belfort). Si la production est défaillante, les entreprises n'en continuent pas moins d'étoffer leurs unités de recherche-développement. Elles sont ainsi 57,7 % à déclarer rechercher en priorité des cadres dans cet objectif. Et 38,5 % traquent tout aussi prioritairement des hommes de bureaux d'études. " Nous développons notre équipe de conception avec des profils de haut niveau pour disposer d'une bibliothèque de technologies ", observe Roberto Martorell, DRH de la jeune PME d'optique et de composants micro-systèmes PHS Mems, près de Grenoble. Un pari sur l'avenir tout aussi présent dans le secteur des télécoms.



TROIS CHIFFRES CLÉS

20 % des entreprises pensent qu'elles auront diminué leurs effectifs en 2001.

60 % s'apprêtent déjà à moins recruter au second semestre de 2001 qu'au second semestre de 2000.

27,6 % estiment être en sureffectif.



En mauvaise posture

LES TÉLÉCOMMUNICATIONS MAL EN POINT

Les charrettes se succèdent. La filière a le blues. Mais un filet d'embauches subsiste. Favoris : les débutants.

D'un coup d'un seul, Nortel gomme 20 000 postes dans le monde, dont plusieurs centaines en France. Highwave Optical Technologies supprime 480 emplois à Lannion, Lucent Technologies écume 40 % de ses effectifs français... Dans l'industrie des télécommunications, le coup de frein est brutal. En juillet, les entreprises du secteur étaient déjà 40 % à prévoir de réduire leurs embauches au second semestre de 2001 par rapport au second semestre de 2000. Selon les cabinets de recrutement, la situation est pire : seuls 17 % des industriels, contre 67 % l'an dernier, augmenteraient leurs effectifs.

La téléphonie mobile est au plus mal

La grande époque des candidats que l'on débauchait à coups de surenchère salariale est donc révolue. " Avec les licenciements annoncés, nous avons de plus en plus de mal à trouver des offres pour les spécialistes ondes radio (GPRS, UMTS), pour les commerciaux ", relève le DRH du cabinet Cesmo, Jean-Yves Demandre. Les offres d'emploi se sont contractées : seulement 15,4 % des entreprises pensent recruter davantage au second semestre de 2001 par rapport au second semestre de 2000. Sans conteste, c'est la téléphonie mobile qui va le plus mal. L'écoulement des stocks a stoppé net la fabrication. Alcatel a ainsi cédé son usine de Laval à Flextronics. Au total, le groupe élimine 14 000 postes en 2001 sur le plan mondial pour toutes ses activités. " Pour les mobiles, le taux de croissance du chiffre d'affaires en 2001 est passé de 50 % à 15 %, alors qu'il a évolué de 20 % à 5 % pour l'ensemble du secteur ", explique Antoine Weil, délégué général du Gitep/Tic (groupements des industries des télécommunications et de l'électronique professionnelle). Le responsable du recrutement France de Motorola, Laurent Bonhomme, le confirme. " Nous avons beaucoup recruté en 2000, 250 cadres, mais moins au premier semestre de 2001... "

Paradoxalement, les entreprises continuent d'embaucher. Leur souci principal : renforcer leurs activités pour 66,7 % d'entre elles. Au total, 46,2 % estiment que leur volume d'embauches au second semestre de 2001 sera le même qu'au second semestre de 2000. Le développement de la troisième génération de mobiles devrait cependant relancer les recrutements. " On s'arrache toujours les bons candidats, y compris pour les mobiles et l'UMTS, confirme Jean-Yves Demandre, qui pronostique un redémarrage en fin d'année avec l'arrivée du GPRS. Sinon, la demande est forte pour les réseaux LAN et au niveau des études marketing. " Et les sociétés de réseaux câblés sont à l'affût de spécialistes en supraconductivité.

Priorité aux cadres de recherche-développement

" On investit dans la matière grise ", surenchérit Antoine Weil. Une course au leadership technologique vitale pour ces industriels. Pour près des deux tiers, la priorité reste donc d'intégrer des cadres de recherche-développement. Notamment pour concevoir des logiciels destinés aux mobiles, et réaliser la conversion analogique-numérique. Plus de 58 % aussi cherchent à muscler leurs forces de vente. Le coeur de cible : les débutants (63,6 %) et les premières expériences (54,5 %).



Françoise Nauts

Directrice des ressources humaines d'Ascom Monetel

" Nous allons dépasser notre plan de recrutement du fait des démissions, beaucoup plus nombreuses cette année. Elles concernent surtout les ingénieurs de bureau d'études, inquiets de l'avenir du groupe pour la partie publiphonie (télécommunications), alors que le marché de l'emploi leur reste favorable."



TROIS CHIFFRES CLÉS

38,5 % des entreprises pensent qu'elles auront augmenté leurs effectifs en 2001.

15,4 % seulement s'apprêtent à plus recruter au second semestre de 2001 par rapport au second semestre de 2000.

66,7 % recherchent en priorité des cadres de recherche-développement.



Des pistes pour se recaser

" Nous étions 100 il y a un an, et encore 10 aujourd'hui. Demain, notre centre ferme. Seulement quatre d'entre nous ont reçu une proposition de poste, mais pour le site de Lannion ! " Directeur du centre de recherches de Lucent Technologies à Rennes, Jacky Dartois reste dubitatif. Car, à Lannion, Lucent licencie aussi : 100 salariés (sur 160), dont 80 % de cadres. Là, au coeur de la " Trégor Valley ", celle des télécommunications, ingénieurs et managers ont de quoi avoir le blues. Certes, les industriels du secteur " dégraissent " plutôt chez les ouvriers et les techniciens. Mais seuls ne semblent vraiment épargnés que les cadres de recherche-développement. Pour les autres, les ingénieurs en télécommunications qui se retrouveraient en situation délicate, en Bretagne comme ailleurs, comment rebondir ? Rester dans la branche ? Possible, à condition d'atterrir chez les opérateurs et d'être moins regardant sur les salaires. Ou alors d'opter pour une carrière internationale. Certains de Lucent songent à la Grande-Bretagne. La voie la plus évidente reste de vendre ses compétences logiciels dans les SSII. Déjà, beaucoup les guettent. " J'ai déjà deux offres, dont une à Paris ", confirme Jacky Dartois. Mais Altran, et aussi Cap Cesa, à Rennes et à Nantes, se disent intéressés par de tels profils. Tout comme de petits développeurs de logiciels : Créativ Eurocom ou Atelog 2i à Angers. Autre aiguillage envisageable : l'informatique ou l'électronique. Chez Thales ou Siemens, implantés à Lannion, par exemple, et qui recrutent. Quitte, pourquoi pas, à changer de métier. " S'ils acquièrent une formation complémentaire plus générale en informatique, ils peuvent évoluer vers des postes de chargé d'affaires, gérer un projet dans sa globalité ", précise Anne-Catherine Chomel, directrice du Centre-Est pour la société d'intérim Expectra, spécialisée dans l'informatique et les télécommunications. Et là, il y a des missions dans toute la France. D'autres voies : l'aéronautique, et surtout l'automobile. " Ces industriels réclament des ingénieurs en télécommunications, tous les électroniciens au sens large ", confirme Colette Lucas, au cabinet Asymptotes. Mais, jouant les stars, les juniors de 2000 les ont snobés. Maintenant, il y aurait un prix à payer pour une telle reconversion. Faire preuve de mobilité intellectuelle, voire géographique, et ne plus s'accrocher à " son hochet télécommunications " !





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