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SPECIAL J O DE NAGANOLes skis paraboliques, réponse des fabricants au surfPour éviter le " K. - O. " en passe d'être infligé par le surf au ski alpin, les fabricants ont sorti des cartons les skis paraboliques. Leur taille de guêpe cherche à apporter des sensations de glisse proches de celles du ...

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SPECIAL J O DE NAGANO

Les skis paraboliques, réponse des fabricants au surf

Pour éviter le " K. - O. " en passe d'être infligé par le surf au ski alpin, les fabricants ont sorti des cartons les skis paraboliques. Leur taille de guêpe cherche à apporter des sensations de glisse proches de celles du surf.



Merci, le surf ! Grâce à lui, le ski s'ouvre de nouveaux horizons. Lorsque le " snowboard " a atteint la cote d'alerte pour le marché du ski en dépassant le million de planches par an, vers 1995, les fabricants traditionnels ont abattu leur joker. Le ski parabolique est né. Il emprunte tout ou presque au surf, des sensations au ton américain. Le groupe austro-suédois Head lance le premier ski parabolique en 1995, baptisé Cyber 24. Ceux de Dynastar, de Salomon ou de Rossignol s'appelleront respectivement Max, Axendo et Toon. Comme le surf, le ski parabolique favorise les virages serrés et la recherche d'inclinaisons extrêmes du corps dans les courbes. Tout au moins pour les skieurs avertis. D'où le nom de " carving ", de l'anglais " to carve ", qui signifie sculpter (les virages). Des possibilités qu'il doit à sa taille, réduite de 5 à 15 centimètres par rapport à un ski classique. Mais surtout grâce à ses lignes de cotes " taille de guêpe " : un patin étroit, alors que la spatule et le talon sont surdimensionnés. Cette forme en " X ", ou de deux paraboles inversées, abaisse le rayon de braquage du ski en virage à moins de 30 mètres, contre 40 mètres pour des planches traditionnelles. " Le virage est moins dérapé et permet une progression plus rapide du skieur moyen ", explique Jean-Claude Deléglise, directeur technique de Dynastar. D'autant qu'une simple rentrée du genou inscrit le ski dans sa trajectoire. Parfait en virage, le parabolique est en revanche moins stable qu'un ski classique en ligne droite à grande vitesse. Peu importe, il colle à la demande, friande des larges courbes dessinées dans la neige ! Sur une estimation de 4,2 millions de paires de skis vendues dans le monde cette saison, le parabolique en représenterait 2,2 millions, contre 850 000 l'année dernière. Dynastar, la filiale de Rossignol, s'est lancée dans cette discipline dès l'hiver 1995. Et, en deux ans, sa part de marché mondial est passée de 8 à 10 %. " Dynastar défriche le terrain pour vérifier qu'une nouvelle pratique n'est pas une mode ", précise Jean-Jacques Bompard, secrétaire général du groupe Rossignol. Les fabricants sont rassurés. Rossignol, qui a commercialisé 200 000 skis paraboliques en 1996-1997, vise les 700 000 paires cette année. Et Salomon a basculé 80 % de sa fabrication de skis vers ce produit pour cet hiver, contre 12 % en 1996-1997. Mais le " carving " est loin d'être une innovation. Il vient seulement de trouver son marché. Des brevets de skis aux lignes de cotes " taille de guêpe ", qui ne s'appelaient pas encore paraboliques, ont été déposés dans les années 60 par l'autrichien Kneissl, le slovène Elan et des fabricants italiens. Mais, à l'époque, le " ski plaisir " est une hérésie en Europe. L'esprit " compétition " domine. Monsieur Tout-le-Monde rêve d'égaler les performances de Jean-Claude Killy.

Développés pour la compétition

Le parabolique renaîtra trente ans plus tard grâce à la compétition. Pour améliorer la tenue en virage des champions, Dynastar travaille sur les lignes de cotes depuis les Jeux olympiques de Sarajevo, en 1984. Mais ce sont ceux d'Albertville, en 1992, qui produiront le déclic chez les fabricants. " Pour permettre aux descendeurs d'affronter la face de Bellegarde et de virer sur cette piste particulièrement raide, nous n'avons pas hésité à développer des skis aux lignes très creusées ", rappelle Jean-Renaud Daniel, chef de produit " skis " chez Dynastar. Le grand public bénéficiera de cette évolution trois ans plus tard. Mais aux Etats-Unis. Pour tenter de contrer le phénomène snowboard, né outre-Atlantique, où il connaît une ascension fulgurante, l'urgence commande à tous les fabricants de skis de s'attaquer en priorité à ce marché. L'hiver 1996, 55 % des commandes de skis paraboliques enregistrées par Dynastar viennent des Etats-Unis, contre 1 % de France. Et, cette saison, le carving s'arrogerait près de la moitié du marché du ski dans l'Hexagone. Pour combattre le surf sur tous les terrains, les fabricants lancent cette année le ski de " carve " polyvalent. Sa surface portante est augmentée de 10 à 15 % pour évoluer en poudreuse. Son profil en " Y ", une largeur de talon plus proche du ski traditionnel, assure une plus grande maîtrise des planches à grande vitesse et une conduite plus libre des trajectoires en sortie de virage dans un champ de bosses. La guerre entre le ski et le surf est loin d'être finie !









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