Quotidien des Usines

Spanghero : prolongation de 15 jours de la date limite des offres

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Le liquidateur a prolongé jusqu’au 31 mai le dépôt des offres de reprises pour l’entreprise de découpe de viande et de plats cuisinés de Castelnaudary, mise à mort par le scandale de la viande de cheval. Même si deux lettres d’intention - des projets embryonnaires et fragiles - ont été déposées le 17 mai, de la part des salariés et du fondateur.

Spanghero : prolongation de 15 jours de la date limite des offres © SalonIPA, Commons

L'administrateur judiciaire du dossier Spanghero, Christian Caviglioli, nommé le 19 avril lors du placement de l’industriel agroalimentaire audois en liquidation judiciaire, a décidé de prolonger de deux semaines le délai de dépôt des candidatures de reprise, qui expirait à l’origine vendredi 17 mai à midi.

Une prolongation en "accord" avec le ministère de l’Agroalimentaire, a confirmé un communiqué de la préfecture de l’Aude, "les offres de reprise des Etablissements Spanghero parvenus à l’administrateur judiciaire ne couvrant que partiellement les besoins du site industriel."

À midi, vendredi 17 mai, deux lettres d’intention ont été déposées, dont une émanant "des salariés", explique Jérôme Lagarde, secrétaire du CE et délégué FO. Ceux-ci l’ont d’abord fait "pour pouvoir accéder au dossier. C’est un projet embryonnaire." Les 240 salariés, qui n’envisagent pas la "solution" Scop, recherchent aujourd’hui toutes les solutions pour sauver les emplois, en grand danger de disparition.

"Nous en saurons plus sur les chiffres de l’entreprise, après la remise des documents du plan de sauvegarde de l'emploi par le liquidateur", ajoute Jérôme Lagarde, en colère "contre le directeur du site, Serge Renaudin, imposé et absent en pleine période de crise"...

L’autre lettre d’intention émane de de Laurent Spanghero. Le fondateur, dont la famille avait cédé en 2009 l’entreprise Spanghero à la coopérative basque Lur Berri, a depuis créé en 2010 une petite entreprise bio, Nutrinat (à Revel, près de Toulouse), spécialisée dans les produits alimentaires riches en protéines végétales. Lui aussi veut sauver ce qui peut l’être de l’entreprise et des emplois, reste à trouver le financement...

"Je déplore d’être le seul industriel à déposer une lettre d’intention, indique à L’Usine Nouvelle Laurent Spanghero. Je craignais que cela ne se passe comme cela, l’entreprise est aujourd’hui un tas de ruines. J’ai aussi demandé un délai pour mobiliser des investisseurs... Mon projet est de trouver des partenaires pour réunir un financement de 3 millions d’euros, de solliciter des investissements publics. Ce financement correspond à un projet industriel de poursuite des activités de découpe de viande et plats cuisinés, sur une taille équivalente à une centaine de salariés. Cela ne peut se faire qu’avec la confiance des clients de la distribution, avec lesquels j’ai toujours travaillé en bonne intelligence."

Le démarrage de la procédure du plan de sauvegarde de l'emploi est toujours prévu le 28 mai. "On en est conscient, à la fin du mois, il n’y a plus d’argent", lance le secrétaire du comité d’entreprise.

Sylvie Brouillet
 

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