Spanghero : les deux projets de reprise s’affrontent

Laurent Spanghero a présenté ce vendredi matin 28 juin au comité d’entreprise de Spanghero son offre de reprise partielle. Elle fait face à un projet concurrent porté par des salariés, rejoints par Delpeyrat et Deveille. Le verdict du tribunal de commerce de Carcassonne interviendra le mardi 2 juillet.

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Spanghero : les deux projets de reprise s’affrontent

Vendredi 28 juin au matin, Laurent Spanghero, son avocat Me Lèguevaques, et Didier Jug, du gestionnaire de fonds Investeam, ont présenté au comité d’entreprise de Spanghero les contours de leur offre de reprise partielle, déposée le 27 juin en fin d’après-midi auprès du tribunal de commerce de Carcassonne. "Nous sauverons 100 salariés dès la reprise, pour les deux activités plats cuisinés et transformation de viande", a indiqué Laurent Spanghero devant les représentants de l’entreprise de Castelnaudary (Aude).

"Nous disposons de 5,5 millions d’euros de ressources, soit près de trois fois le besoin en fonds de roulement, et nous avons un accord avec le crédit bailleur", a détaillé Didier Jug. Ce chiffre intègre l’aide de 6 200 euros par salarié effectivement repris en 2013 et 2014 promise par la Région Languedoc-Roussillon au projet retenu.

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L’investisseur narbonnais Jacques Blanc (Investimo) participe également au projet de Laurent Spanghero, qui adopterait le nom Les Saveurs Occitanes. "Pour la marque, nous verrons plus tard... Au contraire du projet concurrent, ce serait un projet piloté en région, affirme l’entrepreneur, qui en serait président non rémunéré. Nous recruterons un directeur général et associerons les salariés aux résultats."

Des questions sur l'abandon du crédit-bail de l'usine

C’est le 2 juillet que le tribunal de commerce de Carcassonne (Aude) doit se prononcer sur les deux offres en lice. Des salariés ont monté un projet impliquant Delpeyrat (groupe Maïsadour), intéressé par la partie plats cuisinés, et Deveille, une entreprise familiale qui possède un abattoir et une usine de découpe de viande à Feurs (Loire), au nord de Saint-Etienne. Globalement, ils reprendraient une centaine d’emplois. Le président de Delpeyrat s’est déclaré prêt à investir 2 millions d’euros et 1,5 million pour le besoin en fonds de roulement.

Cependant, Delpeyrat a indiqué attendre un abandon de créances des banquiers sur le crédit-bail. Sur les 15 millions d’euros qu’a coûté l’usine de Castelnaudary, construite en 2007-2008 avant la vente à Lur Berri, 11 millions d’euros seraient encore dus. Le directeur de la communication du groupe Maïsadour Bernard Perna a confirmé usinenouvelle.com la condition d’abandon de tout ou partie des créances : "Les salariés ont cherché à s’adosser à des intervenants possédant un savoir-faire. Nous sommes là pour vitaliser le site, pas pour solder le passif..." Laurent Spanghero a assuré de son côté à usinenouvelle.com "avoir obtenu ce matin un accord du crédit bailleur sur nos conditions".

Coulée par le scandale de la viande de cheval survenu début février, l’entreprise Spanghero, fondée en 1970 par Laurent Spanghero et un de ses frères, vendue en 2009 au groupe coopératif basque Lur Berri, avait été placée en liquidation judiciaire le 19 avril avec poursuite d’activité de trois mois. Elle employait alors 330 salariés, dont 240 en CDI. Le Plan de sauvegarde de l’emploi annoncé le 28 mai par le liquidateur concerne l’ensemble des salariés. Lur Berri propose un forfait, une indemnité supra-légale de 2 000 euros par salarié, alors que ceux-ci revendiquent 1 000 euros par année de présence.

Sylvie Brouillet (Languedoc-Roussillon)

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