Spanghero : le tribunal de commerce n’a retenu que l’offre de Laurent Spanghero

Mardi 2 juillet, les juges du tribunal de commerce de Carcassonne (Aude) ont examiné les deux offres de reprise de l’entreprise agroalimentaire de Castelnaudary, placée en liquidation judiciaire avec poursuite d’activité le 19 avril. Le tribunal n’a pas retenu l’option Deveille-Delpeyrat et rendra sa décision finale vendredi 5 juillet.

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Spanghero : le tribunal de commerce n’a retenu que l’offre de Laurent Spanghero

Selon Jérôme Lagarde, responsable du comité d’entreprise de Spanghero qui assistait mardi matin 2 juillet à l’audience décisive du tribunal de commerce de Carcassonne (Aude), les juges "n’ont pas retenu l’offre de Delpeyrat-Deveille" pour la reprise de l’entreprise Spanghero, de Castelnaudary, placée en liquidation judiciaire avec poursuite d’activité le 19 avril. Le tribunal doit rendre sa décision vendredi 5 juillet, "soit en choisissant le projet de Laurent Spanghero, soit la liquidation,..."

L’audience s’est déroulée à huis clos. Seuls étaient présents les créanciers et les représentants des salariés. Les juges ont examiné jusqu’à midi les deux offres de reprises concurrentes, qui proposaient de reprendre environ une centaine d’emplois.

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Deux offres concurentes

Celle de l’ancien fondateur Laurent Spanghero, déposée sous le nom "Les Saveurs occitanes", est soutenue par les investisseurs Investimo et Investeam. Elle propose une double activité de fabrication de plats cuisinés (comme le cassoulet) et de transformation de la viande, "ce qui permet de gérer la saisonnalité. L’usine a d’ailleurs été construite pour cela par mon fils et il serait difficile de scinder les deux", note Laurent Spanghero.

Une dissociation que proposait l’offre concurrente des entreprises agroalimentaires Delpeyrat du groupe coopératif Maïsadour, intéressé par la partie plats cuisinés, et Deveille pour l’activité de transformation de la viande. "Elle présente l’intérêt d’être une offre d’industriels complémentaires, notait à la sortie de l’audience Cyrille Lépine, l’avocat de ce dossier, associé d’Ernst & Young à Nantes. Elle est soutenue par un collectif de salariés mené par Marie Favié et Jean Aparicio, membres du comité d’entreprise."

Point crucial : la renégociation du crédit-bail

Mais le point crucial pour la viabilité d’une reprise de Spanghero reste la renégociation du crédit-bail contracté pour la construction de l’usine, qui a coûté 15 millions d'euros en 2007-2008, avant la vente par Spanghero en 2009 à la coopérative basque Lur Berri. Laurent Spanghero avait assuré le 28 juin à usinenouvelle.com "avoir obtenu un accord du crédit bailleur sur nos conditions".

Mardi 2 juillet à midi, au sortir de l’audience de Carcassonne, son avocat Me Lèguevaques a précisé : "11 millions d'euros de capital restent à rembourser sur dix ans, soit une annuité supérieure à 1 million d'euros. Nous avons obtenu un accord du crédit bailleur pour verser 240 000 euros en 2014, puis 500 000 euros en 2015 et pendant cinq ans, le temps de remonter l’activité. Notre offre est solide comme un roc. Nous attendons la décision du tribunal avec impatience."

De son côté, Delpeyrat "voulait renégocier le crédit-bail au prix du marché auprès des trois banquiers, mais n’a pas obtenu d’accord, reconnaît Me Cyrille Lépine. Nous avions demandé au tribunal un délai supplémentaire".

Quelle que soit la décision du tribunal le 5 juillet, le plan de sauvegarde de l'emploi lancé le 28 mai touchera une grande majorité des 330 salariés de Spanghero. "Du côté des conditions du plan de sauvegarde de l'emploi, nous sommes au point mort, affirme le secrétaire du comité d’entreprise Jérôme Lagarde. Cela fait longtemps que Lur Berri a abandonné le navire..." Les salariés seront au rendez-vous du tribunal de Carcassonne vendredi 5 juillet.

Sylvie Brouillet

Le tweet de Laurent Spanghero

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