Spanghero entre les mains du liquidateur

Après les déclarations intempestives du président de Spanghero, Barthélémy Aguerre, à France 3 Aquitaine sur un imminent plan de sauvegarde de l’emploi, la société de Castelnaudary (Aude), cherche à vendre ses actifs.

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Spanghero entre les mains du liquidateur

Mais à quoi joue Barthélémy Aguerre, président de Spanghero et vice-président du groupe coopératif basque Lur Berri ? Après avoir obtenu le 19 avril la conversion en liquidation de la procédure de sauvegarde de Spanghero, le président de l’entreprise au cœur du scandale de la viande de cheval dans les plats cuisinés a évoqué le 23 avril dans une interview à France 3 Aquitaine un plan de sauvegarde de l'emploi de 160 personnes "au plus vite", sur un total de 330 salariés.

Une prise de parole paradoxale alors que la poursuite de l’histoire est désormais entre les mains du liquidateur nommé par le tribunal de commerce de Carcassonne (Aude). Et que le ministre de l’Agroalimentaire Guillaume Garot venait d’assurer le 22 avril à Montpellier les salariés et les élus locaux du "combat" du gouvernement pour sauver l’emploi...

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L’ampleur du plan de sauvegarde de l'emploi à venir est liée à la faible activité de l’usine de Castelnaudary (Aude), qui ne donne aujourd’hui du travail qu’à 80 personnes, ainsi que l’indiquait dès le 19 avril à L’Usine nouvelle un délégué syndical de Spanghero.

Le 24 avril, aucune rencontre n’a encore été fixée avec les représentants du personnel. "D’après nos informations, rien ne se ferait cette semaine, voire la semaine prochaine, en raison des jours fériés", indique le délégué FO Jérôme Lagarde. La situation financière est critique : les pertes de Spanghero sont évaluées à 200 000 euros par semaine...

Des pertes avant le scandale

Le groupe Lur Berri a aussi insisté sur ses investissements depuis le rachat en avril 2009 de l’entreprise audoise, "en situation de quasi-faillite", à la famille Spanghero. Barthélémy Aguerre convient toutefois avoir acquis alors une "usine magnifique, en très bon état". Car juste avant la crise, les anciens propriétaires avaient investi 15 millions d’euros en 2007-2008 dans un nouvel outil industriel... à vendre aujourd’hui.

Pour Barthélémy Aguerre, la crise de février est la cause de la chute de l’entreprise de Castelnaudary, désertée par ses clients. "Le résultat était revenu à l’équilibre en 2012", indique même le 19 avril un communiqué de l’entreprise. En fait, un conseil d’administration extraordinaire avait procédé le 31 décembre 2012 à un "coup d’accordéon" - une réduction suivie d’une augmentation de capital - afin de tenir compte d’une perte de 3,661 millions d’euros sur l’exercice de 18 mois clôturé le 30 juin 2012 à 78,9 millions d'euros.

"Victime, trompée"

Dans le cadre du scandale de la viande de cheval, reste à déterminer les responsabilités. Barthélémy Aguerre continue de se dire trompé par le fournisseur Draap Trading : "On a eu beaucoup de périodes fastes, on a développé beaucoup d'entreprises, mais là on s'est fait prendre (sic), a-t-il déclaré à France 3. Et je suis responsable bien sûr, mais trompé et malheureux." Spanghero a d’ailleurs déposé plainte pour tromperie et escroquerie le 28 février.

En cours d’instruction, l’affaire du horsegate aux ramifications internationales a été reprise par le pôle de santé publique du parquet de Paris. Ce dernier a aussi dans ses dossiers le rapport complémentaire remis le 27 mars par la Brigade nationale d’enquêtes vétérinaires : 163 tonnes de maigre de mouton britannique livrées par le hollandais Draap Trading à Spanghero entre avril 2012 et janvier 2013, étaient en réalité de la « viande séparée mécaniquement » ou VSM mais identifiées comme « agneau haché » sur les factures et desinewed lamb (viandes dénervées d’agneau) sur les étiquettes.

La production de VSM était interdite dans l’Union européenne depuis la crise de la vache folle. Une partie a été transformée par Spanghero pour la fabrication de merguez congelées.

Sylvie Brouillet

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