Quotidien des Usines

Sous-traitance : Les rétroviseurs de la Laguna viennent des vosges

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Cipa investit, Allibert et Bertrand Faure se réorganisent, mais le bassin d'emploi fait tout pour conserver ses plasturgistes. La logistique se met en place. La formation également.    

 

Alain Thirion est un industriel heureux. Sa société, Fico-Cipa, implantée à Bruyères (Vosges), a décroché le marché de la Laguna. Elle fournit les rétroviseurs extérieurs du nouveau modèle Renault, soit un chiffre d'affaires de l'ordre de 60 millions de francs par an. "Nous renouons avec la première monte, c'est-à-dire la fourniture des équipements d'origine", souligne-t-il, insistant sur le fait que, lorsqu'il a repris cette entreprise, en 1987, "personne n'aurait parié un kopeck sur son avenir". Cipa, un des premiers équipementiers à s'installer dans les Vosges, au début des années 60, employait près de 400 salariés avant son dépôt de bilan, en juillet 1986, et la reprise par le groupe vosgien Alain Thirion. L'entreprise n'emploie plus aujourd'hui qu'une centaine de personnes et réalise un chiffre d'affaires de 40 millions de francs (1,5million de rétroviseurs par an). Mais le contrat avec Renault va entraîner la création d'une centaine d'emplois nouveaux. En 1991, "pour atteindre un niveau de crédibilité européen", Cipa s'est associé avec l'équipementier espagnol Ficosa, qui détient 50% de l'entreprise vosgienne. Et l'avenir est plutôt serein. "Bien que ce soit encore prématuré, nous pouvons dire que nous sommes sur les rangs pour négocier un contrat de première monte avec un autre grand constructeur français pour un véhicule de grande diffusion", indique Jean-Marie Dartois, le directeur général. Cipa n'est pas un cas d'espèce. La construction d'automobiles emploie 3 700 salariés dans les Vosges (soit 7,5% des emplois industriels départementaux), principalement dans le bassin d'emploi de Saint-Dié. Le réseau local d'équipementiers et de sous-traitants fournit les principaux constructeurs français et européens. L'implantation s'est faite dans le début des années60, à l'incitation de la Datar, qui cherchait ainsi une réponse à la crise du textile. Principale raison: la proximité des usines Peugeot de Sochaux et de Mulhouse, mais également celle des constructeurs allemands. Caractéristique du bassin d'emploi de Saint-Dié: il regroupe presque exclusivement des plasturgistes. Ainsi, les quatre unités d'Autocoussin Industrie (600 salariés), filiale du groupe Bertrand Faure, produisent-elles des éléments pour sièges (armatures, housses et mousse). Cette entreprise, qui réalise un chiffre d'affaires de 370 millions de francs, est en cours de restructuration. "Le groupe Bertrand Faure dispose dans l'Est de quatre unités de production de mousse, pour une capacité de 70000 pièces, alors que nos besoins sont estimés à 38000 pièces seulement par an. Nous avons fermé il y a quelques mois l'usine de Pierrepont, près de la frontière luxembourgeoise. Nous devons main-tenant fermer celle de La Chapelle-devant-Bruyères (Vosges), qui emploie 210 personnes", explique Michel Samper, directeur des opérations France. Mais cette décision ne remet pas en cause la présence régionale du groupe. L'usine de Raon-l'Etape est confirmée dans son rôle de site pilote pour les sièges arrière. Même stratégie de réorganisation chez Allibert Industrie (400 salariés dans deux établissements), qui va recentrer ses activités à Saint-Michel-sur-Meurthe. En 1993, 60 millions de francs ont été investis sur ce site. "Nous sommes fournisseurs de boucliers, de pièces d'ébénisterie en plastique pour l'entourage et la garniture des portes, principalement pour Peugeot (75% de notre production). Nous travaillons en juste-à-temps. Nous effectuons quotidiennement trois à six livraisons aux différentes usines du groupe. Dès que la commande arrive, nous avons cinq heures pour l'honorer", explique Daniel Bossong, directeur d'Allibert. Cette organisation n'a rien d'exceptionnel. La quinzaine d'entreprises de la région l'ont adoptée. Ce qui a incité deux transporteurs spécialisés, les sociétés Hermann et Solotra, à se regrouper au sein d'un GIE afin de construire une plate-forme logistique (7000 mètres carrés) à Saint-Dié, qui est opérationnelle depuis le mois d'août 1993. Leur flotte de quatre-vingts poids lourds est équipée de radio-téléphones pour un suivi précis de la livraison. Mais ce n'est pas le seul rôle d'entraînement des sous-traitants locaux de l'automobile. Leur présence a conduit la chambre de commerce à créer, en 1992, un centre de formation d'apprentis spécialisé préparant aux CAP et BEP. De quoi conforter la réorganisation en cours.



USINE NOUVELLE - N°2440 -
 

 

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