Sous-traitance : "le système de filière est insuffisant pour analyser l’industrie"

Ce jeudi 20 octobre s’ouvrent les premières assises de la sous-traitance à Lyon. Jean-Claude Monier, président du CENAST (centre national de la sous-traitance), expose à l’Usine Nouvelle sa vision de la sous-traitance et ce qu’il attend de cette manifestation.

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Sous-traitance :

L'Usine Nouvelle - Quel est l’objectif de ces premières assises de la sous-traitance?
Jean-Claude Monier - Tout d’abord, "sous-traitance" est un indicatif que je ne n’aime pas beaucoup. Il s’agit de relations interindustrielles. Nous sommes tous preneurs d’ordres ou donneurs d’ordre. Ces assises sont l’occasion de faire un état des lieux. Nous avons évité de programmer des conférences avec des interventions extérieures pour expliquer aux industriels ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Au contraire, nous avons privilégié l’intervention d’industriels, en ateliers et tables rondes, afin qu’ils exposent leur vision du monde industriel, leurs réactions aux évolutions technologiques, aux évolutions des marchés et qu’ils expliquent leurs problèmes et leurs solutions.

Est-ce le lieu pour développer du business entre les industriels présents ?
Non, pour faire du business, il y a le Midest (salon international de la sous-traitance, ndlr) qui se tient dans un mois. Là, nous sommes dans une logique d’échange de connaissances, de compétences. Nous allons mettre en avant ce qui est fait et ce qu’on pourrait faire. L’idée c’est avant tout de fédérer.

Cette manifestation a-t-elle vocation à se reproduire les prochaines années ?
Si elle est réussie, c’est ouvert pour l’avenir ! Pour le moment, il y 230 personnes inscrites. Mais ce n’était peut-être pas la meilleure période, juste avant le Midest…

Pourquoi ces assises alors qu’une médiation de la sous-traitance a été créée il y a un an et demi ?
La médiation est associée à cet événement (Jean-Claude Volot devrait intervenir vendredi 21, ndlr). Le système ne peut fonctionner que si les engrenages sont bien huilés, c’est-à-dire si les relations interentreprises sont bonnes. La médiation, qui fait un excellent travail doit continuer. Mais à il faut un texte de loi amélioré et que ceux qui existent déjà soient appliqués ! Un texte de loi de modernisation de la sous-traitance a d’ailleurs été déposé devant l’assemblée nationale. Jean-Claude Volot doit à présent l’examiner et rendre son avis au gouvernement.

Vous souhaitez donc aller plus loin. Pourquoi ?
Le gouvernement a mis en place un tas de bonnes choses comme la PFA (plateforme automobile) ou la médiation. Mais depuis 30 ou 40 ans tous les gouvernements basent leur stratégie sur l’idée de filière, en pensant que les grands donneurs d’ordres vont gérer l’ensemble de la filière. Mais on se rend compte que s’il y a des vérités dans ces idées, elles sont partielles. Car nous sommes très transverses. Il y a une gestion des technologies qui ne peut pas se faire par les têtes de filières. Nous pensons que le système de filière est insuffisant pour analyser la façon dont fonctionne l’industrie moderne.

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