Sous pression, Areva annonce une baisse de ses investissements et des cessions d'actifs

Face à la menace de Standard & Poor’s de dégrader sa note, Areva s’apprête à annoncer des nouvelles cessions d’actifs et une baisse des investissements.

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Sous pression, Areva annonce une baisse de ses investissements et des cessions d'actifs

[Actualisé le 7 octobre - 18:17] : Areva a confirmé la baisse de ses investissements dans un communiqué : "A la suite de la révision à la baisse de ses perspectives financières d’ici à 2016, Areva prend de nouvelles mesures pour renforcer la structure financière du groupe et maîtriser l’endettement". Trois grandes décisions sont annoncées. D’une part, le groupe annonce la réduction de 200 millions d’euros de ses investissements pour la période 2015-2016. Les investissements bruts passeront en-dessous de la barre du milliard d’euros. D’autre part, des cessions d’activités non stratégiques ou de participations minoritaires pour un montant minimum de 450 millions d’euros d’ici à fin 2016 sont prévues. Enfin, le groupe envisage la possibilité d’une émission d’obligations selon les conditions de marché.Depuis presqu’un mois, Standard & Poor’s a mis Areva sous "surveillance négative", après des résultats difficiles au premier semestre 2014. Le rapport d’évaluation, qui sera rendu public cette semaine, menace d’abaisser la note du groupe.

Sur l’exercice en cours, le chiffre d’affaires devrait reculer de 5 à 10 %, pénalisé en particulier par le Japon qui tarde à redémarrer ses réacteurs nucléaires. Le groupe y réalisait 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires, une somme désormais divisée par cinq, sur un total de 9,2 milliards.

Par ailleurs, le groupe a enregistré de mauvais résultats dans sa branche énergies renouvelables. Luc Oursel, le président du directoire, a même décidé de sortir de l’activité solaire à concentration.

Diminuer les investissements pour rassurer

Pour rassurer les investisseurs et les agences de notation, le groupe pourrait annoncer une diminution de ses investissements (1,3 milliard d’euros pour 2014), des cessions d’actifs supplémentaires (déjà 1,2 milliard d’euros cédés depuis 2011) et un renforcement du plan d’économies en cours.

Les investissements vont mécaniquement baisser puisque le groupe sort d’un cycle de dépenses avec les rénovations des usines George Besse et Comurhex pour plus de 5 milliards d’euros. Par ailleurs, les économies sont affectées par le fait que le groupe continue à provisionner de considérables montants (presque 3 milliards d’euros) pour faire face aux retards du chantier de l’EPR Finlandais à Olkiluoto.

Quelques beaux contrats

Le groupe a quelques bonnes nouvelles à mettre en balance. En particulier, Areva vient de signer un accord-cadre de 1 milliard d’euros pour fournir du combustible à EDF sur la période 2015-2021. Areva a aussi enregistré un beau contrat en Afrique du Sud pour le remplacement des générateurs de vapeur de la centrale de Koeberg pour 300 millions d’euros.

Selon le JDD, on s’inquiète à la tête de l’Etat des finances d’Areva, bien que les services de Bercy assurent qu’il n’y a pas péril en la demeure. Une recapitalisation du groupe à hauteur de deux ou trois milliards d’euros serait même évoquée, rapporte le journal. Une éventualité difficile à imaginer au regard des finances publiques.

Retour dans le vert en 2016

Chez Areva, on ne cache pas que la situation n’est pas facile mais on se juge sur la voie du redressement. On met en avant le fait que le cash-flow était à l’équilibre en 2013 et qu’il le sera encore en 2014. Le retour à des résultats positifs et une diminution de la dette sont attendus pour 2016. Le groupe admet une faiblesse. En l’absence de fonds immédiatement disponibles, le groupe n’est pas capable de faire face seul à une éventuelle opportunité d’acquisition. Si la situation devait se produire, Areva se retournera vers son actionnaire majoritaire, l’Etat (87 %, en particulier à travers le CEA).

Areva doit négocier cette période de manque de visibilité dans un moment très particulier. D’une part, le groupe est l’un des principaux moteurs du World Nuclear Exhibition (WNE), le salon du Bourget du nucléaire, qui se tiendra du 14 au 16 octobre prochain. D’autre part, d’ici la fin de l’année, l’Etat doit acter la réorganisation du groupe. Il est aujourd’hui dirigé par un président du directoire, Luc Oursel, et un président du conseil de surveillance, Pierre Blayau. A terme seront nommés un président et un directeur général. Le premier poste reviendrait à Pierre Blayau, le second, sans doute, à Luc Oursel.

Cette direction bicéphale doit permettre d’éviter la trop forte personnalisation d’Areva, situation qui a desservi l’entreprise par le passé, juge-t-on au gouvernement.

Ludovic Dupin

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