Economie

Sous la casquette, des idées !

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Tribune Dans sa nouvelle tribune pour L'Usine Nouvelle, le président de la CFE-CGC Métallurgie Gabriel Artero revient sur la crise et ses conséquences économiques et sociales en France. Selon lui, pour créer de l'emploi, c'est à tous les niveaux qu'il faut agir : dans l'entreprise, au niveau des branches professionnelles et au niveau interprofessionnel.

Sous la casquette, des idées ! © Philippe Schaff

Le temps est au bashing, politique, économique, industriel et même social. Nombre d'observateurs jugent peu représentatives les organisations syndicales devenues, selon eux, incapables d'infléchir le cours des choses, d'anticiper, pire d'encadrer l'émergence de nouveaux mouvements sociaux. Mises en évidence par différentes couleurs de "bonnets", les exaspérations de cet automne en seraient la brillante démonstration. Les casquettes un peu trop vissées sur nos têtes, serions-nous coupés de nos bases et des réalités ? Sommes- nous à ce point désarmés et dans l'impossibilité de construire un "new-deal socio-économique", made in France ?  

Il faut bien avouer que notre économie, sévèrement encalminée, embourbée sur les routes de la mondialisation, peine à ré-accélérer. Ses moteurs de croissance naturels que sont la consommation des ménages ou encore l'investissement industriel, paraissent sérieusement encrassés. Si le gouvernement cherche à débrider le système, enfin, c'est qu'il y a urgence : 2009-2013, cinq longues années de crise. Avec cinq millions de chômeurs, ce sont les barrières de la résilience sociale qui ont été enfoncées. Érigé en modèle, il n'est pas anormal de voir l'édifice social se lézarder, de l'entendre craquer.

2014 risque à nouveau d'être en solde négatif en termes d'emploi

Si enflammées qu'elles soient, les déclarations d'un ministre ne peuvent suffire à enrayer le lourd tribut que l'industrie paie à la crise. Trente ans de désamour qui ne se combleront pas en quelques mois ou années. Mais, au moins, le diagnostic est posé, des projets engagés. Si la prise de conscience n'a pas été pour tous spontanée, elle n'en fût que plus douloureuse. Plus compliqué est son redressement.

En matière d'emploi, il ne faut pas être grand clerc pour anticiper que, dans de nombreuses filières, entre création et destruction d'emplois, 2014 risque à nouveau d'être en solde négatif. Alors oublions la spéculative inversion de la courbe. A ce concours de sémantique, les chômeurs y auront perdu un peu plus la confiance en la parole des politiques et ces derniers un peu plus en crédibilité. Concentrons-nous sans tarder sur ce qu'il est possible de faire ou de changer.

Car c'est à tous niveaux qu'il nous faut agir. Dans l'entreprise d’une part, où compétitivité n'est pas un gros mot. Si les efforts consentis sont à durée limitée et les contreparties assumées, alors réconcilier salariat et actionnariat devient chose possible. En perspective, question de confiance, une condition : que les fruits de la croissance soient équitablement redistribués quand il y a retour à meilleure fortune.

osez un dialogue social utile

Au niveau des branches professionnelles d’autre part où normes et conventions doivent être actualisées, simplifiées, si ce n'est revisitées. Le millefeuille réglementaire n'est pas gage d'efficacité ni même de meilleure protection, nous le savons. Au-delà de l'inventaire, pourquoi ne pas tenter l'expérimentation pour forger les solutions?

Au niveau interprofessionnel enfin, nous devons réinvestir l'exercice de gestion paritaire,  et peut-être réinventer ce modèle social dont nous sommes pourtant si fiers, mais au fond dont nous doutons qu'il soit celui que nos enfants espèrent.

Convaincu que, sans performance sociale il ne peut y avoir de performance économique, je dis à toutes celles et ceux tentés de douter de l'utilité d'un dialogue social, osez ! Et même si c'est un pari, même si tout ne peut être pris, à vous employeurs, de vos "partenaires sociaux", soulever la casquette, vous y trouverez dessous, des idées.

Gabriel Artero, président de la CFE-CGC Métallurgie
Twitter: @gabfd

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