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[Sortie d'usine] A la découverte des manufactures suisses de montres de LVMH : Zénith, Tag Heuer et Hublot

Christophe Bys , , , ,

Publié le

Vidéo Au coeur de la Suisse, à quelques kilomètres de Neuchatel, LVMH possède trois manufactures horlogères : Zénith, Hublot et Tag Heuer. Si chaque maison a sa spécificité et son histoire, toutes oeuvrent à perpétuer les savoir-faire au service de produits de luxe, inaccessibles au commun des mortels. Rencontre avec des artisans passionnés par leur métier. 

[Sortie d'usine] A la découverte des manufactures suisses de montres de LVMH : Zénith, Tag Heuer et Hublot
La précision de la main au service de la tradition horlogère suisse.
© Christophe Bys

Vous ne connaissez pas La Chaux-de-Fonds et Le Locle ? Et pourtant ces deux villes classées au Patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco (parmi 12 sites suisses) abritent quelques-uns des grands noms de l’horlogerie mondiale. On y trouve notamment trois manufactures, propriétés du groupe LVMH, et qu’il sera possible de visiter lors des Journées Particulières du 12 au 14 octobre. Hublot, Tag-Heuer, Zénith ce sont trois marques de montres de prestige connues de tous les amateurs... qu’ils aient ou non les moyens de se les offrir. 

Collaborations avec des "street artists" et des tatoueurs

Hublot est la plus récente des trois. Intégrée au groupe LVMH en 2008, la marque connaît une croissance remarquable. En témoigne le deuxième bâtiment inauguré en 2015, hypermoderne et à l’image des modèles proposés par cette maison. Sponsor du Mondial de football, la marque ne craint pas les collaborations avec des Jay Z ou Shepard Fairey (le street artiste new yorkais dont le portrait d’Obama est hyper connu) ou des tatoueurs, à l’instar de Maxime Buchi, en visite ce jour de juillet où nous avons pu visiter les trois maisons.

"L’art de la fusion", annonce le slogan maison, pour signifier que si l'on fait des produits de luxe, on n'a pas peur de l’hybride, en mêlant cadran en or et bracelet en caoutchouc. "Nous avons un positionnement disruptif sur le marché de l’horlogerie", résume Philippe Tardivel, chief marketing officer de la marque, citant à l’appui de sa démonstration la montre connectée portée par certains arbitres lors de la Coupe du monde de football. Mais si le design des montres est très contemporain et n’en fait pas forcément la montre qui se transmettra pendant quatre générations, les composants mécaniques sont produits en s’appuyant sur des savoir-faire ancestraux, assure-t-on ici. Pour preuve, dans la plus pure tradition horlogère, certains modèles intègrent les fameuses complications, l’Everest de la montre, qui rendent le travail de micro-mécanique encore plus complexe, puisque à l’indication de l’heure des minutes et des secondes, on ajoute un chronographe, le quartier lunaire…

Pour cela, la maison possède son département de R&D pour parvenir au fameux art de la fusion. Réussir cette céramique du même rouge qu’une fameuse marque de voiture italienne n’a pas été facile. Il a fallu des années de travail pour réussir à avoir un rendu parfait sans altérer les qualités du matériel utilisé. "Si on cuit trop longtemps, la couleur passe. Il a fallu trouver un autre process pour fixer la couleur", assure le responsable de la R&D, à la tête d’une équipe d’une dizaine de personnes. La solution consiste à faire baisser la pression... mais impossible d’en savoir davantage.

On préfère se féliciter des recherches menées avec l’Ecole Polytechnique de Lausanne en exhibant le fermoir d’une montre pour lequel quatre brevets ont été déposés. 65 000 sont produites chaque année dans les deux bâtiments et vendus dans le monde entier. Parmi les célébrités à arborer une Hublot figure Karl Lagerfeld, le styliste notamment de Chanel, qui l’été dernier portait la fameuse Hublot au bracelet rouge.

La R&D pour maintenir la tradition 

Saviez-vous que le Tag de Tag Heuer signifie "technologies d’avant-garde" ? C’est une des choses que l’on apprend lors de la visite de cette vénérable maison dont l’histoire est très liée à celle du sport et de ses exploits. En témoigne le mini-musée intégré au rez-de-chaussée de la manufacture, où l’on peut admirer quelques-uns des plus beaux modèles, dont une montre gagnée par le pilote automobile brésilien, Ayrton Senna.

La marque, dont l’origine remonte à plus de 150 ans, s’appuie sur cette histoire pour garantir la qualité de ces produits. Si cela suppose des savoir-faire techniques, il repose aussi sur les compétences des hommes et des femmes employés par les différentes maisons. Ainsi LVMH a crée une school (en suisse dans le texte !) pour pérenniser les savoir horlogers. 12 apprentis y suivent actuellement une formation de trois ans. Zenith et Tag Heuer ont mis leurs moyens en commun sur ce sujet.

Chez Tag Heuer, les volumes de production sont plus importants que chez ses frères de groupe.

L’entreprise revendique 800 000 montres produites par an, les séries étant plus longues que chez les autres maisons. Dans les trois sites de production helvètes, des machines sont là pour assister le travail de l’homme et garantir le rythme. Mais pas question de parler d’automatisation ou de production de masse. "La machine ne donne toute sa puissance si, seulement si, elle est commandée par un opérateur qui est un vrai expert", assure Philippe Rudolf le directeur des ressources humaines. En effet, même si certains process sont mécanisées, l’intervention de l’homme est omniprésente, notamment pour contrôler la qualité des montres. Pas une ne sort sans avoir été vérifiée. Même chose du côté du laboratoire où l'on teste les différents modèles : 160 tests sont réalisés pour vérifier la solidité, la résistance, la ponctualité à toutes épreuves… "Ici ont été inventées deux machines spéciales pour tester la résistance aux vibrations", assure notre accompagnateur, pas peu fier.

Là aussi, le passé glorifié n’obère pas les montres du futur, au contraire. Le centre de R&D est évoqué avec fierté : ces produits de luxe n’existeraient pas sans des brevets. Et l'on n’hésite pas à utiliser des imprimantes 3D pour réaliser des prototypes.

Chez Tag Heuer, une petite équipe d’horlogers travaillent sur les modèles anciens, pour leur donner la vie la plus longue possible. Ces passionnés sont intarissables sur les différents modèles et les pièces qui les composent, connaissant les stocks "secrets" où l'on peut retrouver tel partie d’un mécanisme ou le produire à l’unité pour réparer la montre d’un client.

Charles Vermot, héros suisse

Dernière manufacture LVMH de la vallée, Zénith, située à Le Locle. Créée il y a plus de 150 ans elle aussi, en 1865. Lancer un nouveau mouvement demande trois à cinq ans et mobilise le service recherche de la "maison" qui emploie 215 salariés. Parmi les particularités de celle-ci figure l’atelier d’étampage, grâce auquel certains des composants les plus petits des montres sont fabriqués sur place. La manufacture possède aussi un atelier qui produit certaines des machines pour fabriquer les différentes pièces des montres.

Les bâtiments historiques sont évidemment moins modernes (ils ont plus d’un siècle) que ceux des deux autres maisons, mais lui permettent de mettre en scène une partie de son histoire et son héros maison : Charles Vermot.

Quand, dans les années 70, l’actionnaire américain de la maison décide d’abandonner les montres mécaniques pour ne faire plus que du quartz, le têtu helvète écrit au président pour lui expliquer pourquoi il a tort. Mieux, il décide de cacher dans un grenier de la manufacture outils et composants promis à la destruction. Quand le propriétaire suivant décide de reprendre la production, il pourra le faire... grâce à ces pièces. Les Américains auraient fait un film avec une histoire pareille, les Suisses ont gardé le fameux grenier et lui ont adjoint un mini musée où l’on peut découvrir l’histoire de Zenith, et notamment celle de la El Primero, la fierté de la maison.

Le mouvement a été vendu à plusieurs marques dont Rolex (celle qu’il faut avoir quand on a 50 ans et qu’on est bling bling). Zénith c’est l’anti bling bling, la discrétion de la bourgeoisie traditionnelle sans esbroufe ni m’as-tu vu. Sommet de la technologie ancestrale, le client est fier d’exhiber la complication créée par Zénith: la répétition minute, nous dit-on. Inventée à une époque où l’électricité n’existait pas, elle permet à son heureux (et riche) propriétaire d’avoir l’heure même dans la nuit la plus noire... De petits marteaux intégrés à la montre font sonner l’heure le quart d’heure et les minutes. Une fierté maison.

LVMH a réalisé des podcasts à l'occasion des Journées particulières qui auront lieu les 12, 13 et 14 octobre (inscriptions closes). On trouve notamment celui de Jean-Claude Biver, responsable de la division horlogère de LVMH.

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