Sort incertain pour les salariés de GM&S Industry

Le sort de l'équipementier GM&S Industry dépend du résultat incertain du bras de fer auquel se livrent les constructeurs automobiles, le gouvernement et les salariés à la veille de la décision du tribunal de commerce de Poitiers sur la reprise.

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Sort incertain pour les salariés de GM&S Industry
Des salariés de GM&S Industry à Bellac. Le sort de l'équipementier GM&S Industry dépend du résultat incertain du bras de fer auquel se livrent les constructeurs automobiles, le gouvernement et les salariés à la veille de la décision du tribunal de commerce de Poitiers sur la reprise. /Photo prise le 9 juin 2017/REUTERS/Pascal Lachenaud

Le gouvernement a annoncé lundi 17 juillet au soir que le principal donneur d'ordres de l'usine, PSA, refusait de participer au plan d'investissement de 15 millions d'euros réclamé par le repreneur. "Il manque donc cinq millions d'euros pour faire aboutir la reprise", a précisé le ministère de l'Economie dans un communiqué. L'Etat et Renault se sont, quant à eux, engagés à fournir cinq millions chacun.

Le tribunal de commerce de Poitiers doit se prononcer mercredi sur l'offre du groupe GMD qui propose de reprendre 120 salariés sur les 277 que compte le site. Ce plan d'investissement est toutefois une condition au projet de reprise, selon le ministère de l'Economie. Le groupe GMD pourrait donc choisir de retirer son offre.

Bras de fer

Les salariés de GM&S ont de leur côté bloqué mardi le site de Renault à Fouchères, dans l'Yonne, dans l'espoir d'obtenir des indemnités supra-légales que les constructeurs automobiles et le repreneur refusent de financer. "La plupart des salariés ont plus de 50 ans. Ils ne trouveront pas facilement du travail. On ne pas partir sans rien", a déclaré à Reuters Patrick Brun, délégué syndical CGT de l'usine. Ils avaient déjà bloqué le site de PSA de Sept-Fons, dans l'Allier, le 5 et 6 juillet dernier, ce qui avait entraîné un risque d'échec des négociations, selon le ministère.

PSA a démenti mardi matin dans un communiqué les chiffres avancés par le ministère de l'Economie au sujet des investissements qu'il refuserait de fournir. Il rappelle s'être engagé à investir quatre millions d'euros en outillage et avoir pérennisé ses commandes à hauteur de 36 millions d'euros sur la période de 2018-2020. "Le groupe regrette que des informations erronées aient pu être diffusées par le ministère", peut-on lire dans le document. Il précise détenir un courrier du repreneur indiquant que "l'engagement de PSA est suffisant pour conforter l'exploitation du site et qu'il n'a pas d'autres attentes à l'égard de PSA."

C'est toutefois sur le type d'investissement que le gouvernement et PSA affichent un désaccord.

Pas de contreparties

Le ministère réclame ce qu'il appelle des investissements "capacitaires" pour moderniser l'usine. Cette somme n'est pas assortie de contreparties pour les donneurs d'ordres. Elle correspond davantage à un don. PSA s'est plutôt engagé sur des investissements "spécifiques" qui resteront sa propriété.

A l'inverse, Renault s'est engagé sur un investissement "capacitaire" de cinq millions d'euros mais n'a pas annoncé d'investissement "spécifique". Le constructeur a également accepté de doubler ses commandes annuelles pour les amener à dix millions sur cinq ans.

(Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse)

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