Quotidien des Usines

Sony bascule dans le rouge, Toshiba licencie

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Après Philips en début de semaine, Toshiba et Sony ont publié aujourd'hui leurs résultats financiers. Le premier enregistre une perte « record » sur les neuf derniers mois et s'apprête à tailler dans ses effectifs. Le second, également dans le rouge, repo

Une bien mauvaise journée pour les grands groupes japonais. Après plusieurs avertissements, Toshiba a publié aujourd'hui de très mauvais résultats pour les neuf premiers mois. Des performances aggravées « par une détérioration très rapide de l'économie, particulièrement au troisième trimestre », a précisé Fumio Muraoka, son vice-président exécutif lors d'une présentation aux analystes. Gagné lui aussi par la crise, Sony a dans le même temps fait état d'une perte opérationnelle de 149 millions d'euros. En cause : la hausse du yen, les mauvais résultats de Sony Ericsson, « le ralentissement de l'économie mondiale [et] une pression concurrentielle accrue ».

L'électronique et les semiconducteurs en panne chez Toshiba

Sur neuf mois, d'avril à décembre 2008, Toshiba - qui emploie environ 197 000 salariés à l'international, dont 1 500 à 1 600 collaborateurs en France - a enregistré une perte de 1,33 milliard d'euros pour un chiffre d'affaires de 42 milliards d'euros, en baisse de 10,5% sur un an. Le groupe industriel, qui explique qu'il a particulièrement fait les frais au dernier trimestre « d'un déclin plus fort que prévu des prix des semi-conducteurs » et d'une « détérioration significative » du marché des produits électroniques, s'attend à voir son résultat annuel chuter de 12,5%.

Première conséquence : les activités « les plus touchées par le ralentissement » - les semiconducteurs, les produits numériques et l'électroménager - devraient connaître des licenciements prochainement. Toshiba entend supprimer 4 500 emplois à l'international, avec l'ambition de réduire de 25% ses coûts l'an prochain. Deuxième conséquence : le groupe annonce le report de la construction de deux usines de production de mémoires avec l'américain SanDisk, lui aussi mal en point, qui devait débuter en mars 2009 au Japon (à Yokkaichi et Kitakami). Mais il va racheter une partie des sites qu'il opère conjointement avec SanDisk au Japon (et déboursera à cet effet 672 millions d'euros, selon SanDisk).

Les appareils photo, les ordinateurs... souffrent chez Sony

Les nouvelles ne sont pas vraiment plus réjouissantes du côté de Sony - 186 000 salariés -, qui s'attend à finir l'année dans le rouge, pour la première fois en quatorze ans. Pour son troisième trimestre, le géant japonais de l'électronique fait état d'une perte d'exploitation de 150 millions d'euros. Il a enregistré un chiffre d'affaires de 18 milliards d'euros, en baisse de 24,6% par rapport à la même période l'an dernier. Malgré une amélioration sensible des ventes de jeux (+0,4% en un an), celles de produits électroniques (ordinateurs, appareils photos numériques et caméras...) se sont effondrées de 29,3%.

Sans surprise, l'austérité est aussi de mise en ce qui le concerne. Le fabricant, qui a déjà annoncé la suppression de 16 000 postes (10% de ses effectifs mondiaux), vient de reporter à mars 2010 son projet d'investissement dans la nouvelle usine de production de dalles LCD que son compatriote Sharp est en train de construire. Un projet dans lequel il devait injecter un milliard de dollars.

Christophe Dutheil

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