Quotidien des Usines

Sony à Pontonx-sur-l'Adour : fin de partie ?

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Finalement, salariés et direction de l'usine landaise de Sony à Pontonx-sur-l'Adour auront trouvé un accord. Après avoir « retenu » toute une nuit, de jeudi à vendredi dernier, le P-DG de Sony France, Serge Foucher, dans l'usine, un accord a été trouvé. Représentants des salariés et direction se sont mis autour de la table le lendemain dans les locaux de la sous-préfecture de Dax.

L'accord trouvé est-il satisfaisant ? Pas vraiment. « Aujourd'hui, on se demande toujours pourquoi un salarié landais vaut moins qu'un salarié alsacien... En fait, on nous traite avec une totale désinvolture. Nous subissons un traitement au rabais par rapport aux autres salariés du groupe », confie Patrick Hachaguer, délégué CGT.

Et pourtant, le 10 mars dernier, les représentants du personnel, qui ont fait le voyage à Clichy en banlieue parisienne pour se retrouver en comité central d'entreprise, entendaient bien emporter le morceau. Ils arrivaient avec tout un catalogue de mesures. Leurs revendications concernant notamment la prime supra-légale.

Les salariés du site alsacien ont obtenu quatre ans de salaires par personne. Le 10 mars, la direction de Sony reste ferme sur les prix : deux ans de salaire en moyenne. A prendre ou à laisser ! Autre mesure : les conditions des mutations et les aides financières qui vont avec. Les salariés landais demandent que les frais de déménagement soient pris en totalité, comme pour les salariés alsaciens qui ont eu l'intégralité des frais pris en charge. La direction, elle, propose 3 500 euros pour tout déménagement en France de plus de 50 km, qu'il s'agisse d'un reclassement interne ou externe. Et 10 000 euros supplémentaires pour tout déménagement ailleurs qu'en France.

Sur le volet congés de reclassement, Sony propose 9 à 18 mois selon l'âge et l'ancienneté des salariés, 9 mois pour les moins de 45 ans. Les salariés demandent un minimum de 12 mois pour tout le monde. Concernant les mesures de préretraite, la revendication porte sur un démarrage des mesures à 55 ans et non 57,5 ans. « On s'appuie sur le fait que dans un précédent PSE concernant le site de Clichy, les salariés pouvaient partir à 53 ans avec la garantie d'avoir leurs revenus et leurs cotisations jusqu'à l'âge de la retraite à taux plein » explique Patrick Hachaguer.

Enfin, il y a le volet formation d'adaptation, formation qualifiante et complémentaire mutualisée. Sur ce dernier point, Sony s'engage sur une enveloppe de 100 000 euros. Le 10 mars au soir, le personnel landais repart bredouille. « On a bien senti que la direction était fermée. Nous n'avons rien obtenu », lâche t-il. On connaît la suite. L'usine landaise, qui n'avait jamais fait grève depuis sa création en 1984 jusqu'en 2001, séquestrera le P-DG de Sony France pour arriver à des avancées. Lesquelles ? Sur la durée des congés de reclassement, les salariés de 55 ans et plus pourront choisir entre un congé de reclassement de 18 à 24 mois, ou un congé de reclassement de 18 mois accompagné d'une indemnisation complémentaire aux allocations d'assurance chômage et solidarité garantissant le maintien de la rémunération nette actuelle jusqu'à la date à laquelle ils pourront bénéficier de la retraite à taux plein. De même, une rallonge de l'enveloppe formation mutualisée a été obtenue. De 100 000 euros, elle passe à 300 000 euros. La formation d'adaptation s'élève à 3 000 euros par personne. La formation qualifiante se situe à 20 000 euros.

En revanche, aucune avancée n'a été possible sur la prime supra-légale, pas plus que sur l'aide à la mobilité (la participation de Sony au déménagement reste à 3 500 euros). Un versement de un mois de salaire par année d'ancienneté et une somme fixe de 10 000 euros par personne est octroyé. Un montant que proposait Sony le 10 mars dernier et qui n'a pas été réévalué. Quid des projets de reprise du site ? Là-dessus, les salariés n'ont rien obtenu. Aucune information ne leur a été donnée. Le 17 avril prochain, l'usine cessera son activité.

De notre correspondante en Aquitaine, Colette Goinère

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