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Sondage exclusif : Priorité à la défense de l'industrie

Pascal Gateaud ,

Publié le

Exclusif Selon un sondage exclusif de l'Ifop pour L'Usine Nouvelle, les Allemands et les Français considèrent, à égalité, l'industrie comme un secteur "à défendre en priorité". Mais les Français déplorent le manque de soutien de la part des pouvoirs publics.

Sondage exclusif : Priorité à la défense de l'industrie

Les entreprises citées

On n'en finit pas de comparer la France à l'Allemagne. Pour le meilleur et pour le pire. Et on oublie trop souvent de demander leur avis aux principaux intéressés, les habitants des deux pays. L'étude de l'Ifop pour "L'Usine Nouvelle", "Les Allemands, les Français et leur industrie", comble en partie cette lacune. Un comparatif riche de leçons à l'heure où le gouvernement de Jean-Marc Ayrault fait du "redressement productif" l'une de ses priorités.

Premier enseignement : Allemands et Français font le même constat et placent l'industrie en tête des secteurs "que les pouvoirs publics devraient défendre et aider en priorité". Si l'on connaît la culture industrielle de nos voisins, la prise de conscience est plus récente chez nous. "On peut dire que c'est une première bataille gagnée dans l'opinion", souligne Jérôme Fourquet, le directeur du département opinion et stratégies d'entreprise de l'Ifop. Il n'y a pas si longtemps, personne ne trouvait à redire sur la nécessité de tertiarisation de l'économie française.

Rappelons-nous, en juin 2001, le numéro un d'Alcatel, Serge Tchuruk, lancait, en marge d'une conférence organisée par le "Wall Street Journal", le terme "fabless" pour évoquer le futur de son entreprise. L'abandon de la production aux faibles marges devait lui permettre de se concentrer sur la recherche pour faire la différence... Après une courte accalmie au premier semestre 2011, les fermetures d'usines et les plans de restructuration ont de nouveau tendance à se multiplier. Dès lors, faut-il s'étonner que les Français formulent des attentes fortes en matière d'action publique ? Ce n'est pas le cas en Allemagne. "Confronté à cette demande d'intervention publique, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a raison de mettre le paquet, estime Jérôme Fourquet. Est-ce que cela suffira ?"

Méthodologies

Ces sondages exclusifs ont été réalisés par l'Ifop pour "L'Usine Nouvelle". Celui portant sur les réponses des Allemands a été effectué sur un échantillon de 1 001 personnes, représentatif de la population allemande âgée de 18 ans et plus, interrogées entre le 20 et le 25 juin 2012. Celui portant sur les réponses des Français a été réalisé sur un échantillon de 931 personnes, représentatif de la population française âgée de plus de 18 ans, interrogées entre le 16 et le 18 novembre 2010.

 

Deuxième enseignement : une majorité d'Allemands (63 % contre 37 %) approuve le soutien des pouvoirs publics à leur industrie, alors que les Français déplorent, dans la proportion inverse, le manque d'engagement de l'État. "Si l'on veut résumer, on pourrait dire que le job est fait en Allemagne, mais que le compte n'y est pas en France", décrypte Jérôme Fourquet. On connaît les difficultés de recrutement dans certains métiers que les Américains rangent dans la catégorie des trois D (dirty, dangerous, difficult). En France, les jeunes et leurs parents n'ont pas toujours une image très valorisante de l'industrie. Mais cela bouge ! Si 70 % des Allemands conseilleraient à l'un de leurs enfants ou à un proche de travailler dans l'industrie, c'est aussi le cas d'une courte majorité de Français (52 %). "On peut imaginer une fiscalité attractive, des pouvoirs publics à l'écoute des entreprises, encore faut-il que les jeunes soient prêts à travailler dans l'industrie, observe Jérôme Fourquet. Il y a une bataille à mener sur les filières, mais aussi une bataille culturelle. L'industrie, cela doit aussi être une histoire dans les coeurs et dans les têtes. Il faut que le secteur soit attractif."

La peur de lendemains difficiles

Sans surprise, la perception de leur industrie par les Allemands et les Français renvoie au poids de celle-ci dans l'économie de chacun des deux pays. Huit Allemands sur dix se pensent encore comme une grande puissance industrielle, quand bien même ils sont 40 % à juger que le made in Germany a beaucoup décliné ces dernières années. À l'opposé, seulement 49 % des Français estiment que leur pays "reste une grande puissance industrielle". Pour une grande majorité d'entre eux (88 %), le made in France a beaucoup reculé ces dernières années. "750 000 emplois détruits en dix ans", "900 usines (fermées) en trois ans" et une part de l'industrie dans le PIB divisée par deux sur la dernière décennie selon le sombre portrait de l'industrie hexagonale dressé par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

Dernier enseignement et pas des moindres : la crainte répandue autant en Allemagne qu'en France qu'il y aura des lendemains difficiles, que les délocalisations risquent de s'accélérer. Les milieux populaires, les plus exposés, étant les plus pessimistes dans l'un comme dans l'autre pays. Globalement, 54 % des sondés de part et d'autre du Rhin croient possible de conserver une base industrielle compétitive, mais 46 % anticipent un avenir sombre pour les usines des deux pays.

Cette étude souligne ainsi, s'il en était besoin, la difficulté à laquelle se retrouve confronté le nouveau gouvernement, qui s'apprête à mettre en place des outils de long terme (banque publique d'investissement, politique de filières...). Il lui faut afficher une volonté inflexible de réindustrialiser le pays tout en valorisant des succès à court terme comme, par exemple, la décision du géant américain Amazon d'ouvrir une troisième plate-forme logistique en France. Doux, PSA Aulnay... Arnaud Montebourg et ses commissaires au redressement productif se voient contraints de jouer les pompiers de service. Jusqu'à quand ?

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3 commentaires

Nom profil

19/07/2012 - 08h03 -

Enquête est intéressante mais je m'interroge sur sa pertinence quand je vois que les français ont été consultés en nov 2010 et les allemands en juin 2012. A la vitesse où évolue la conjoncture économique et le contexte industriel, 18 mois ne sont pas négligeables. Dommage donc qu'allemands et français n'ait pas été consultés en même temps...
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12/07/2012 - 10h43 -

Une lueur d’espoir, on a fini de cracher sur l’ « industrie qui pollue », pour en voir les effets positifs, par défaut quand les usines ferment. Mais le lobby écolo est toujours là, vigilance. Maintenant que l’on est moins riches, on commence à réfléchir, à perdre cette mentalité de bobo enfant-gâté.
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12/07/2012 - 09h16 -

Cete situation démontre que pour être un patron efficace il faut aussi avoir des idées qu'il faut parfois aller chercher ailleurs,pour pouvoir anticiper correctement l'avenir.Malheureusement l'anticipation doit se faire dans le calme et ce n'est pas le cas aujourd'hui!
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