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Solvay en Toscane, le syndrome de la plage blanche

Sybille Aoudjhane , , ,

Publié le

Vu sur le web Alors que de nombreux touristes profitent du sable fin et de la mer turquoise face à l'usine du chimiste Solvay à Rosignano en Toscane (Italie), plusieurs journaux dénoncent les rejets de l'usine dans l'eau, qui expliquent la couleur du paysage. 

Solvay en Toscane, le syndrome de la plage blanche
Sur Google Maps, la délimitation de l'eau claire face à l'usine Solvay à Rosignano (Toscane, Italie) est particulièrement saillante.
© Google Maps

La vue sur la mer est imprenable. Sable fin couleur albâtre, mer bleue turquoise,...tout semble paradisiaque sur la plage Rosignano Marittimo, à 80 km à l’ouest de Florence en Italie. Mais une série de tweets de l’écrivaine Marie Causse publiés le 21 août a jeté le trouble sur la nature réelle de ce paysage.

 

 

Le phénomène n'est (hélas) pas nouveau mais resurgit régulièrement sur les réseaux sociaux et dans les médias. Ces teintes sont en fait le résultat d’effluents rejetés par l’usine de l’entreprise chimique Solvay. Elle y réalise des produits chimiques de base pour plusieurs entreprises ainsi que du bicarbonate de soude. Le groupe belge se défend dans un communiqué : "la couleur du sable à Rosignano est due à la présence de poussières très fines de calcaire et de gypse non toxiques présentes dans les effluents industriels de Solvay." Il précise que ces effluents sont autorisés par les autorités italiennes et que la composition est surveillée par l’entreprise et les autorités de contrôle, en "conformité dans les limites des lois environnementales européennes et italiennes". Dès lors, il n’y a pas d’interdiction de se baigner sur les lieux, mis à part sur un tronçon de 100 mètres en amont et en aval du versement.

Selon le média italien Il Tirreno, l’usine aurait déversé en 2011, 1449 kilos d’arsenic dans la mer, 91 de cadmium, 1540 de chrome, 1868 de cuivre, 71 de mercure 1766 de nickel, 3218 de plomb, 15049 de zinc. Le magazine ajoute que seuls les teneurs en matières fécales sont prises en compte par les autorités italienne pour autoriser ou non la baignade. Plusieurs médias italiens critiquent le manque d’information à l’entrée de la plage, où pourtant de très nombreux touristes se baignent.

Présence de polyéthylène et ammonium

En mars 2017, l’Agence régionale pour la protection de l'environnement en Toscane (Arpat) a réalisé un échantillonnage des granulés présents dans le sable ainsi qu’une inspection des rejets de l’usine. Le rapport indique que des granulés de polyéthylène ont été trouvés "à proximité immédiate du rejet dans la mer sur quelques dizaines de mètres de plage au nord et au sud". Mais l’Agence note "ne pas avoir remarqué de problème dans les rapports continus qui surveillent les rejets d'eau de l'entreprise". Puis en septembre de la même année, une enquête à nouveau réalisée par l’Arpat calcule le taux d’azote ammoniacal (sous forme de NH4) présents à 100 mètres de la jetée. Il atteint 1,71 mg/L,là où le seuil maximum en Italie est de 15 mg/l en eau de surface et de 0,5 mg/l pour l'eau potable.

L’entreprise Solvay est présente en Italie depuis plus de 100 ans. Les huit unités italiennes ont généré un chiffre d’affaires de 1 350 millions d’euros en 2016. 

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