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Solarama : la start-up qui veut convertir le Maroc aux cuiseurs solaires

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Une jeune entrepreneur franco-marocain s'est lancé dans la vente de cuiseurs solaires. Récit d'une aventure stimulante mais pas facile.

Solarama : la start-up qui veut convertir le Maroc aux cuiseurs solaires
Cuiseur solaire présenté par Hakima El Haite, ministre marocaine de l'Environnement
© Younes Tazi

Hassan Bahrani a créé la petite entreprise Solarama, il y a deux ans, pour vendre des cuiseurs solaires innovants. "J’ai réalisé en 2011, qu’être consultant en business intelligence, à Paris, comme je l’étais alors, ce n’était pas ce dont j’avais rêvé. J’avais envie de lancer un business au Maroc et de me rapprocher de ma famille", raconte Hassan Bahrani, un franco-marocain arrivé en France pour y poursuivre ses études. En 2013, il crée donc Solarama Energy à Marrakech.

Ses produits comptait parmi ceux présentés lors du Morocco Solar Festival à Ouarzazate 2015 mi octobre. Avec un chiffre d’affaires total de 700 000 à 840 000 dirhams (1000 dirhams = 92 euros), il peine pourtant à lancer un produit qui suppose un changement important dans les habitudes des ménages.

"Je suis parti en Allemagne, faire un stage de trois mois dans l’entreprise Sun and Ice qui fabrique des fours solaires", précise-t-il. Sur cette base, il parvient à monter un petit atelier à Marrakech pour construire deux modèles de cuiseurs solaires : une large parabole composée de lames de miroirs et surmontée, en son centre, d’un cadre en métal, pour soutenir le plat à cuire.

"En un an et demi, j’ai pu constater que la plupart de mes clients sont des riads, des chambres d’hôtes, souvent fondées par des étrangers, qui ont une forte sensibilité écologique. Je vends aussi des cuiseurs aux bivouacs et j’en ai vendu une vingtaine à l’association "France-Maroc au cœur" qui les a installés dans les villages du Sud", détaille le jeune entrepreneur.

280 cuiseurs à 2500 et 3000 dirhams pièce

En deux ans, il parvient à vendre 280 cuiseurs à 2 500 et 3 000 dirhams pièce en fonction du modèle. "J’ai une petite usine à Marrakech où j’emploie 3 personnes à temps plein, tandis que je m’occupe de tout ce qui est administratif, développement commercial et marketing", précise-t-il. Pour minimiser ses risques, il est resté consultant chez Yoplait au Mans. Il a réalisé ainsi un chiffre d’affaires total de 700 000 à 840 000 dirhams.

Deux ans et demi après le lancement de Solarama, Hassan Bahrani fait donc un premier bilan en demi-teinte. "En 2013, je pensais que c’était un super produit mais les ventes n’ont pas été au niveau de mes espérances ; la clientèle est en fait très limitée. Les particuliers qui pourraient être intéressés sont très difficiles à convaincre. Il est très dur de faire changer des habitudes. Le gaz est très facile d’utilisation, d’accès, il est d’un usage automatique, tandis qu’avec le cuiseur solaire, il faut faire plus attention ; il est aussi plus cher à l’achat, même si c’est un investissement rentable", explique le chef d’entreprise.

Aucune des prises de contact avec les pouvoirs publics marocains tels que la délégation régionale du Haut commissariat aux eaux et forêts ou l’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (Aderee) n’ont abouti. "Tous ont eu l’air intéressé, mais il ne s’est rien passé", regrette Hassan Bahrani.

Sans soutien, et avec des ventes qui ne décollent pas faute de parvenir à conquérir les particuliers, Hassan Bahrani envisage même d’abandonner. "Je fais beaucoup d’efforts mais ils deviennent de plus en plus difficiles à justifier puisque l’activité ne décolle pas. A moyen terme, je songe donc à vendre", conclut-il.

Solarama fait aussi également commerce de briquets solaire sous forme de gadgets d’entreprise personnalisables. "Cette activité-là démarre bien. Ces briquets ont généralement beaucoup de succès parce qu’ils allument une cigarette en quelques secondes quand il y a du soleil. J’en ai vendu à GRDF au Mans et à Yoplait. Pour l’instant, ça me permet de compenser le manque de ventes au Maroc."

L’utilité sociale du produit ne décide pas toujours de son succès.

Julie Chaudier à Casablanca

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