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L'Usine Aéro

Solar Impulse 2, laboratoire volant des chimistes

Olivier James , ,

Publié le

La deuxième version du Solar Impulse sera dévoilée ce mercredi 9 avril. Pour les chimistes partenaires du projet, les retombées sont concrêtes.

Solar Impulse 2, laboratoire volant des chimistes © Solar Impulse

Plus grand, plus performant, plus… industriel ? La deuxième version du Solar Impulse, dévoilée ce mercredi 9 avril en Suisse, est investie d’une mission que n’aurait pas reniée Jules Verne : faire en 2015 le tour du monde dans un avion qui ne consommera pas la moindre goutte de carburant. Un périple qui s’étalera sur plusieurs mois et imposera des vols pouvant durer cinq jours sans escales, comme la traversée de l’océan Pacifique. Si cet exploit est d’abord humain, les pilotes Bertrand Piccard et André Borschberg se relaieront aux commandes de cet avion bardé de capteurs photovoltaïques, s’il prouve que l’industrie est capable de se lancer dans des projets fous, il devrait aussi ouvrir la voie à de nombreuses applications industrielles.

Ce projet d’avion solaire, qui a nécessité un investissement d’environ 100 millions d’euros, aura vu se regrouper des industriels aux horizons très variés : la société d’horlogerie Omega, l’ascensoriste Schindler, le spécialiste des gaz industriels Air Liquide ou bien encore l’ingénieriste Altran. Curieusement aucun acteur de l’aéronautique n’aura mis son nez dans cette aventure ambitieuse. Au cœur des innovations de cette deuxième version, les chimistes ont joué un rôle de premier ordre. Et au-delà du projet exceptionnel que représente Solar Impulse 2, ils sont les premiers à en attendre des retombées industrielles bien concrètes…

Solvay accélère dans les batteries électriques

De l’aveu de Claude Michel, le directeur du partenariat Solvay-Solar Impulse, Solar Impulse a été "un tremplin pour les développements des composants de batterie Lithium-ion". A tel point que le groupe est train de faire sortir de terre une plate-forme de recherche sur les batteries lithium-ion à Bollate, près de Milan en Italie. Elle devrait entrer en service en 2015. "Nous fournissons en particulier un liant pour les électrodes composé d’un copolymère fluoré dénommé PVDF, précise Claude Michel. Nous développons aussi un additif électrolyte pour améliorer la circulation des ions dans les batteries au lithium-ion". Autant de composants qui servent à améliorer la densité énergétique des batteries.

Si le chimiste n’est pas fabricant de cellules photovoltaïques, il est en revanche bien positionné dans l’encapsulation de ce type de composants. "La difficulté avec le Solar Impulse 2 est de rendre les cellules photovoltaïques flexibles et non cassantes car les ailes sont très longues et se déforment, et de les protéger de l’humidité", explique Claude Michel. Le groupe a donc mis en œuvre un film d’encapsulation de quelques micromètres à base d’Halar, un copolymère composé d’éthylène et de chlorotrifluoroethylene. Si cette solution est déjà commercialisée par le groupe, il attend des retombées commerciales de cette solution de protection aux UV, au rayonnement solaire et aux salissures.

Pour Bayer MaterielScience, une rampe de lancement vers les composites

"Solar Impulse, c’est un laboratoire volant". Ce résumé est de Bernd Rothe, l’ingénieur en chef et responsable de l’équipe technique du projet Solar Impulse chez Bayer MaterialScience. Illustration : spécialisé de longue date dans les mousses polyuréthanes, le chimiste les a mises en œuvre pour l’isolation du cockpit et pourrait dans les prochaines années développer des applications dans les réfrigérateurs. Ces mousses sont à la fois isolantes et très légères.

L’autre principale retombée attendue concerne les matériaux composites dédiés à l’automobile. Toujours à partir de cette mousse en polyuréthane, Bayer MaterialScience a produit une pièce composites dans la carrosserie de l’appareil. "Les mousses polyuréthanes renforcées de fibres de carbone pourraient constituer un matériau composite performant pour l’automobile, explique Bernd Rothe. Nous pourrions investir ce marché d’ici trois à six ans".

Olivier James

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