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Solaire français : un appel d'offres ne fait pas le printemps

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La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a annoncé, lundi 17 novembre, l'attribution de 217 projets photovoltaïques de l'appel d'offres pour les moyennes puissances. Derrière l'annonce : un volume de seulement 41 mégawatts, bien insuffisant pour redonner des couleurs à la filière française.

Solaire français : un appel d'offres ne fait pas le printemps © La Compagnie du vent

Bien modeste. Avec un peu moins de 41 mégawatts attribués, la conclusion de la troisième tranche de l'appel d'offres photovoltaïque de moyenne puissance annoncée lundi 17 novembre par la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, n'a pas de quoi doper le marché français du solaire. Après deux ans de chute, les nouveaux raccordements d'installations photovoltaïques ont certes connu un rebond au premier semestre et pourraient atteindre, si le mouvement se poursuivait, 800 MW sur l'année 2014, contre 640 MW en 2013.

"Le problème est le manque de visibilité. On ne sait pas si on peut extrapoler les résultats du premier semestre," déplore Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Il y a bien quelque 2500 MW de projets en cours d'instruction, mais le taux d'abandon dans cette file d'attente avoisine 50%. Difficile, donc, d'en tirer des conclusions quant à l'avenir. "La file d'attente ne veut pas dire grand chose", résume Jean-Louis Bal.

Appel d'offres imminent pour les grandes puissances

Ce que la filière photovoltaïque attend avec une impatience grandissante depuis plusieurs mois, c'est le lancement du troisième appel d'offres pour les installations de grande taille (plus de 250 kW). Selon le SER, son annonce serait imminente. Mais son volume pourrait être décevant. "Ce qui nous a été proposé dans la phase de consultation, c'était un volume de 400 MW. Ce n'est pas suffisant. Il faudrait alors un quatrième appel d'offres mi-2015", prévient Jean-Louis Bal.

Les industriels du solaire se sont résignés à ce système d'appels d'offres, que la Commission européenne veut de toute façon imposer. "Ce qu'on reproche, c'est le caractère erratique de ces appels d'offres. Nous demandons qu'ils soient programmés pour avoir de la visibilité", avance Jean-Louis Bal. L'annonce, ce lundi 17 novembre par Ségolène Royal, d'un nouvel appel d'offres en trois tranches - une tous les quatre mois - en 2015 pour les installations de moyenne puissance (100 à 250 kW) va dans ce sens, mais le SER souhaiterait que cette programmation aille plus loin dans la durée. "En même temps, on comprend bien que c'est du registre de la loi de Programmation pluriannuelle de l'énergie, prévue par la loi de Transition énergétique, qui devrait être publiée fin 2015", reconnaît Jean-Louis Bal.

A quand l'autoconsommation ?

En attendant, le secteur doit faire le dos rond. Le SER espère tout de même voir certains blocages levés par Ségolène Royal d'ici à la fin 2014. Et notamment la stabilisation du tarif de rachat dit T4 pour les installations de moins de 100 kW. Il est aujourd'hui d'environ 135 euros/kWh, soit presque 30 euros de moins que le prix de vente moyen des installations pourtant plus grandes (100 à 250 kW) attribuées en 2014 par appel d'offres. Le SER espère aussi que soit assouplie la règle des 30% maximum d'injection d'énergie renouvelable dans le réseau qui a mis l'activité solaire à l'arrêt dans les DOM. La publication prochaine du rapport sur l'autoconsommation, attendue depuis le printemps 2014, pourrait aussi donner un peu de souffle au secteur si les expérimentations qu'il préconise étaient lancées.

Au-delà, le cap que s'est fixé le SER est d'arriver à un marché national d'environ 1000 MW avec de la visibilité. "Cela permettrait de relancer la filière industrielle française et d'avoir une base pour partir à l'export pour un volume équivalent", prône Jean-Louis Bal. Le nouvel élan du photovoltaïque dans le monde est spectaculaire. Difficile d'y participer en tant que "passager clandestin".

Manuel Moragues

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