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Soitec relance ses investissements industriels en France et à Singapour

Ridha Loukil , , ,

Publié le

Porté par la croissance de la demande de ses substrats de silicium sur isolant, Soitec prévoit d’investir 40 millions d’euros sur son site de production à Bernin, près de Grenoble. Et le groupe envisage ensuite de consentir autant pour réactiver son usine à Singapour, en sommeil depuis 5 ans, avec la possibilité de porter l’effort à  270 millions de dollars à terme.

Soitec relance ses investissements industriels en France et à Singapour
L'usine de Soitec à Bernin, près de Grenoble
© Soitec

C’est le renouveau de Soitec. Et cela se traduit par la reprise des investissements industriels, en pause pendant près de 10 ans. Le leader mondial des plaques de silicium sur isolant veut profiter de sa convalescence pour muscler son appareil de production et anticiper la croissance de la demande sur les années à venir.

Embauche de 150 personnes à Bernin

Soitec, qui compte 1000 personnes, dont 900 en France, dispose aujourd’hui de deux unités de production à Bernin, près de Grenoble : l’une (Bernin 1) dédiée aux plaques de 200 mm, l’autre (Bernin 2) aux plaques de 300 mm. Le projet d’investissement bénéficie à Bernin 2 pour un montant de 40 millions d’euros provenant de l’augmentation de capital de 152 millions d’euros réalisée en 2016.

"Nous avons déjà commencé à le mettre en place en embauchant 150 personnes, confie le PDG Paul Poudre. Il ne s’agit pas d’un investissement d’expansion mais de transformation. Nous voulons adapter le mix de technologies produites à Bernin 2 pour tirer profit des nouvelles opportunités de marché." Bernin 2 dispose d’une capacité de 650 000 plaques par an, dont 100 000 en FD-SOI, qui constitue la dernière génération de substrat dédiée aux circuits de traitement dans les mobiles, l’automobile ou l’Internet des objets en technologies de gravure de 28 à 12 nanomètres. L’objectif est de passer à 400 000 plaques FD-SOI par an d’ici mars 2019 par conversion de la capacité allouée à l’ancienne technologie PD-SOI,  en perte de vitesse sur le marché.

Décollage de la technologie FD-SOI

La technologie FD-SOI existe depuis 2012. Mais c’est seulement maintenant qu’elle décolle, tirée par le besoin de réaliser des puces à bonnes performances de traitement mais à faible consommation et à bas coût dans des applications comme l’Internet des objets, l’automobile ou les smartphones d'entrée et moyenne gamme. Elle est disponible en production chez STMicroelectronics, à Crolles, près de Grenoble, mais aussi chez GlobalFoundries à Dresde, en Allemagne, et chez Samsung Electronics, en Corée du Sud. A partir de 2019, elle le sera également en Chine chez GlobalFoundries, à Chengdu, et peut-être chez le fondeur Huali Microelectronics, à Shanghai.

L’optimisme est tel que Soitec envisage de réactiver son usine à Singapour, en sommeil depuis 5 ans. "Le bâtiment existe et dispose des équipements nécessaires pour réaliser 100 000 plaques PD-SOI de 300 mm par an, explique Paul Poudre. Mais elle n’a jamais servi. Si nous devions tout refaire, la construction de l’usine nous coûterait à elle seule 150 millions de dollars.  Le but est de la remettre en service et de l’équiper pour produire des plaques FD-SOI." Les frais de redémarrage sont estimés à 20 millions d'euros. Soitec reste cependant prudent. Il prévoit de démarrer par une phase pilote de 40 millions de dollars pour une capacité de 80 000 plaques par an. Histoire de prendre le temps de qualifier la production auprès des clients, ce qui prend 15 à 18 mois selon Paul Poudre, avant de passer à l’expansion progressive jusqu’à 800 000 plaques par an. Le timing n’est pas encore fixé. "Tout dépendra de la demande du marché", indique Paul Poudre. A terme, l’investissement devrait se monter à 270 millions de dollars. Les moyens de le financer ne sont encore fixés. Mais Soitec espère se faire aider dans le ce projet par l'Etat de Singapour comme il l'avait fait pour la phase de mise en place de l'usine.

Accélération de la croissance sur l'exercice 2017/2018

Après une décennie de morosité, qui l’a contraint à réduire la voilure, Soitec se remet sur la voie de l’expansion. L’exercice fiscal, clos en mars 2017, constitue un tournant. Après dix exercices consécutifs dans le rouge, l’entreprise est passée au vert avec un bénéfice net de 8,4 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 245,7 millions d’euros, contre une perte de 72,2 millions d’euros sur l’exercice précédent. "C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre pour nous, se réjouit son PDG Paul Poudre. Nous n’allons plus quitter cette profitabilité retrouvée." Certes, la croissance du chiffre d’affaires reste modeste : +4% en monnaie constante. Un résultat dû à la baisse plus rapide que prévue de la technologie historique PD-SOI. Mais l'accélération se confirme. La croissance, hors revenus de licences (6,6 millions d'euros sur le dernier exercice fiscal), est remontée à 9% au quatrième trimestre du dernier exercice fiscal puis attendue à 20% sur le premier trimestre de l'exercice fiscale en cours. Des signes qui laissent la direction espérer un bond de 25% en monnaie constante sur le prochain exercice fiscal à cloturer en mars 2018.

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