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Société générale : 50 milliards de positions frauduleuses accumulées

Publié le

Le parquet de Paris a requis ce lundi la détention provisoire contre Jérôme Kerviel, le trader incriminé dans les pertes records de 4,9 milliards d'euros. Hier, la Société générale a révélé dans une note le mode opératoire de la fraude. Décryptage.

Société générale : 50 milliards de positions frauduleuses accumulées

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Placé en garde à vue depuis 48 heures, Jérôme Kerviel, le trader fautif, a reconnu avoir "dissimulé ses actes" et avoir "agi seul" sans intention malveillante, selon les déclarations de son avocat Christian Charrière-Bournazel.

Le Parquet a ouvert ce lundi une information judiciaire "pour faux et usage de faux", "introduction dans un système automatisé de données informatiques", "abus de confiance aggravé par le caractère professionnel de l'auteur" ainsi que pour "tentative d'escroquerie".

Ce week-end, l'étau s'était resserré autour de la direction de la Société générale, avec la garde à vue, entamée samedi, du trader incriminé. Celui-ci s'était présenté spontanément aux policiers, prêt à collaborer et répondant aux questions, comme l'avait indiqué le parquet. Devant la controverse financière et politique que l'affaire a entraînée, la Société générale a rédigé, dimanche 27 janvier, une note explicative qui, tout en révélant le mode opératoire de la fraude, accable le jeune trader.
Décryptage.

Comment le trader a pu prendre une position de 50 milliards d'euros ?
Jérôme Kerviel, salarié de la Société générale depuis 2000, travaillait comme arbitragiste sur les indices boursiers européens. Dans le cadre de cette activité, il devait acheter un premier portefeuille d'instruments financiers A et revendre au même moment un autre portefeuille B, aux caractéristiques proches, avec une valeur légèrement différente.

Ce sont les écarts de valeur qui font les profits et les pertes de l'activité, explique la note. Compte tenu des risques, la banque indique que de nombreux contrôles « des opérations » et « des risques » permettent d'encadrer l'activité. Dans ce cas-ci, Jérôme Kerviel a pris, en quelques semaines, des positions bien réelles d'environ 50 milliards d'euros sur trois indices européens : l'Eurostoxx, le Dax, l'indice de Francfort, et le Footsie, celui de la Bourse de Londres. Et ce, sans se couvrir réellement mais en prenant des positions fictives pour masquer les risques pris.

Comment a-t-il pu déjouer les systèmes de contrôles ?
Ces opérations fictives étaient bien enregistrées dans le système de la banque mais ne correspondaient à aucune réalité économique. Pour que celles-ci ne soient pas identifiées, Kerviel se serait servi de ses cinq années d'expérience au middle-office (le département qui contrôle les traders) pour déjouer les procédures de contrôle. Il aurait donc utilisé plusieurs techniques : il a choisi des opérations spécifiques sans opération de trésorerie ou d'appel de marge, et qui n'exigent pas d'envoi de confirmation immédiat ; il a usurpé les codes d'accès informatiques pour annuler certaines opérations ; il a falsifié les documents lui permettant de justifier la saisie des opérations fictives. Enfin, il faisait en sorte que ces positions fictives portent sur un instrument financier différent de celles qu'il venait d'annuler afin d'augmenter ses chances de ne pas être contrôlé.

Comment la Société générale a découvert la fraude ?
La semaine du 14 janvier, une position anormalement élevée de risque sans contrepartie sur un courtier apparaît. Alerté, le département dans lequel travaille Kerviel ne se contente pas des explications de son trader. Les opérations enregistrées auraient pour contrepartie une grande banque mais le mail de confirmation semble suspect. Une équipe d'investigation est lancée le vendredi 18 janvier. Le lendemain, celle-ci découvre que la grande banque mentionnée ne reconnaît pas ses opérations. Jérôme Kerviel admet les positions fictives. Le dimanche 20 janvier, la position frauduleuse s'élève à 50 milliards d'euros. Le lendemain, le débouclage s'effectue « dans des conditions de marché particulièrement défavorables » souligne la note. Une précision qui fait suite aux accusations, la semaine dernière, selon lesquelles la Société générale aurait amplifié le plongeon des principales Bourses européennes. La note explique ainsi que « le vendredi 18 janvier après-midi, les marchés européens avaient déjà chuté ». Enfin, la banque boucle sa position le 23 janvier au soir et précise que le contexte de tempête boursière a porté la perte finale à 4,9 milliards d'euros.

Carmela Riposa

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