Economie

Social : pour un dialogue constructif

Publié le

Le dialogue social est relancé. Sera-t-il pour autant constructif ? Le nouveau gouvernement, pour peu qu'il soit conforté par les élections, a de sérieux atouts en main.

C'est presque le monde à l'envers. Le soin mis par Jean-Pierre Raffarin et ses ministres à réconcilier pouvoirs publics et partenaires sociaux devrait relever d'un gouvernement de gauche plutôt que d'un pouvoir de droite. Le fait que cet effort pour remettre le dialogue social sur les rails ait été accueilli avec bienveillance par les syndicats (à quelques semaines d'élections législatives !) en dit long sur l'échec de la méthode Jospin. Sans garantir bien sûr la réussite du nouveau locataire de Matignon quand le round de prises de contact sera fini. Pourtant, le nouveau gouvernement, pour peu qu'il soit conforté par les élections, a de sérieux atouts en main.

D'abord, il est en la matière libre de tout engagement. Contrairement à son prédécesseur en 1997 avec les 35 heures, il n'est pas lié par des promesses électorales. Il n'a pas non plus de réforme emblématique très typée à imposer, style l'abolition de l'autorisation administrative de licenciements par le gouvernement Chirac en 1986. L'assouplissement des dispositions sur les heures supplémentaires aujourd'hui strictement définies par la loi sur les 35 heures peut au contraire rencontrer le désir de nombreux salariés de gagner plus. Désir dont les syndicats devront tenir compte.

De toute façon, le gouvernement a habilement passé le ballon aux partenaires sociaux, chargés de négocier les accommodements indispensables dans le cadre d'accords de branche. Même la probable remise en cause de la toute récente loi dite "de modernisation sociale " ne peut jouer le rôle de chiffon rouge tant les syndicats avaient été tenus à l'écart de sa rédaction. Le gouvernement Raffarin pourrait même s'attirer les bonnes grâces des syndicats de poids comme la CFDT et la CGT en ouvrant un chantier qui leur tient à cœur : celui de la réforme de la representativité syndicale. Un dossier qui concerne de près les entreprises, qui ont, ne l'oublions pas, intérêt à avoir en face de leurs directions des interlocuteurs forts.

La méthode Raffarin, qui consiste à consulter, écouter et dialoguer avant de prendre une décision, pourrait également être la bonne sur le dossier des retraites. Les termes du débat ont été abondamment posés par de nombreux rapports, et les mentalités sont aujourd'hui prêtes pour une réforme d'envergure comme le dit le nouveau ministre de l'Economie, Francis Mer.

Reste l'épineux chantier de la réforme du secteur public, dans lequel les précédents occupants de Matignon se sont enlisés. Le discours très managérial d'un Francis Mer tout empreint de son expérience d'entreprise a, comme on pouvait s'y attendre, heurté les syndicats à Bercy, premiers concernés par ce problème. Pourtant, si ici le dialogue doit avoir un objectif, c'est probablement de responsabiliser ces syndicats de fonctionnaires. Ils ne peuvent exiger d'avoir tout : des hausses de salaire, des emplois et des retraites de privilégiés. Il est temps de faire des choix et de définir des priorités. Dans le dialogue, mais dans des limites budgétaires prédéfinies.

Jean-Léon VANDOORNE

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte