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[SNCF] Une contre-analyse déboulonne les arguments du rapport Spinetta

Simon Chodorge , ,

Publié le

Face au rapport Spinetta qui a inspiré le projet de réforme de la SNCF, le cabinet Degest, expert auprès du comité d'entreprise du groupe, propose une contre-analyse. Déséquilibres financiers, coût du travail, investissements à perte... Le document scrute les dysfonctionnements reprochés et fait écho aux arguments des syndicats de cheminots.

[SNCF] Une contre-analyse déboulonne les arguments du rapport Spinetta
Le cabinet Degest a publié une contre-analyse du rapport Spinetta sur la réforme de la SNCF.
© Gilles ROLLE/REA

En plein bras-de-fer entre les syndicats de cheminots et le gouvernement, le cabinet Degest publie une contre-analyse du rapport Spinetta sur la réforme de la SNCF. Spécialiste des questions ferroviaires et sociales, et mandaté par le passé par le comité d'entreprise de la SNCF, Degest offre un point de vue assez tranché et proche des grévistes en développant les arguments contre la réforme.

“Loin de l’approche dominante qui fait du réseau secondaire et du statut des cheminots les principales sources de dérives financières, nous montrons que c’est plutôt le coût du capital qui pose problème”, résume Arnaud Eymery, directeur associé de Degest.

L’endettement de SNCF Réseau a été provoqué par l’Etat, selon Degest

Alors que le rapport Spinetta pointait du doigt les déséquilibres financiers de SNCF Réseau, Degest impute à l’Etat la responsabilité de l’endettement. “Depuis 2010, [...] L’Etat a engagé SNCF Réseau dans un programme d’investissements dépassant les 5 milliards d’euros annuels”, rappelle le cabinet en faisant référence aux travaux de modernisation du réseau et au développement de quatre lignes à grande vitesse (LGV).

“Au même moment, l’Etat réduit drastiquement ses subventions ce qui crée un effet ciseau et contraint SNCF Réseau à recourir massivement à l’endettement. [...] La dette accumulée est devenue tellement importante que SNCF Réseau est obligée de s’endetter… pour rembourser sa dette… créée par l’Etat”, ironise Degest. Selon lui, pour 100 euros empruntés par SNCF Réseau, 59 euros sont ainsi consacrés au remboursement de la dette tandis que 41 euros sont utilisés sur le réseau entre 2010 et 2017.

Le coût du travail expliqué par des facteurs structurels

Avec le souci de rentabilité des petites lignes, le coût du travail élevé à la SNCF fait partie des principales conclusions du rapport Spinetta avec en ligne de mire le statut des cheminots. Le rapport commandé par le gouvernement et la contre-analyse semblent d’accord pour dire que la hausse du coût du travail moyen s’explique notamment par l’arrivée en fin de carrière des salariés recrutés dans les années 1980 qui “accèdent donc, du fait de leur expérience et de leur technicité, à des postes de qualification supérieure”, explique Degest.

Pour Degest, cette évolution se justifie aussi par un changement structurel de l’entreprise ferroviaire. “Le déploiement de nouvelles organisations et technologies [...] débouche sur un besoin croissant de technicité. Le taux d’encadrement (pourcentage de maîtrises et cadres) est ainsi passé de 40% en 2004 à 50% en 2014. Les tâches d’exécution (missions sur l’infrastructure en particulier) sont progressivement sous-traitées.”

Degest défend la pertinence des petites lignes

Sur la pertinence des petites lignes, Degest insiste sur leur importance dans “la flexibilité globale du système dans son exploitation”. Le cabinet met en valeur les faibles coûts externes générés par le transport ferré par rapport à l’automobile : coûts des accidents, de la pollution de l’air, des bruits, etc. “L’enjeu semble être que l’Etat change son mode de gestion du ferroviaire et couvre l’ensemble des dépenses, en dotant le train de financements pérennes (à l’instar de l’écotaxe) qui encouragent le report modal”, conclut le cabinet.

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5 commentaires

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11/04/2018 - 12h01 -

L'analyse est factuelle et connue. Même le citoyen peu informé a bien réalisé que la politique du TGV a absorbé beaucoup des ressources financières de la société et que l'état a joué un très très mauvais rôle. Mais les cheminots n'ont-ils pas une part de responsabilité dans cet état de fait ? A ma connaissance ils n'ont jamais fait de grèves pour protester contre la politique du "tout TGV" où les politiques dispendieuses tant que leur intérêt catégoriel n'étaient pas en jeu. La tentation "victimaire" est bien pratique pour poursuivre le statu quo: l'abondement inconditionnel de l'état au capital de la SNCF. Comment peut-on continuer à maudire les effets et à chérir les causes ? Concernant le statut des cheminots, il n'y a aucune raison qu'il n'évolue pas pour accompagner une nouvelle dynamique d'entreprise. Si la SNCF devient dans la lettre et l'esprit les CFF, ce serait une aussi mauvaise nouvelle que cela ? C'est plutôt mal parti .... Ce serait bien de mettre le rapport en ligne.
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14/04/2018 - 23h32 -

On voit tant de grèves à la SNCF mais sachez que certaines ont dénoncé le tout TGV et les mauvais investissements. L'article aurait été totalement honnête ils auraient dit que Degest est un cabinet de la CGT. Apres certains dirigeants ont surtout géré leur carrière et leurs salaires plutôt que de gérer la pérennité d'une entreprise. C'est le problème d'une entreprise étatique. Apres le statut c'est aussi une minoration en début de carrière et un frein lié à la caisse de retraite pour partir au privé sans perdre ses cotisations.
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07/04/2018 - 21h38 -

C'est un article honnête et "sans passion" pourrait-on dire, qui rejoint les arguments et les revendications des cheminots en ce moment.
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07/05/2018 - 16h30 -

mmm.... Sur le fonds cette étude se contente de distribuer les mauvais points et les responsabilités passées. Personne ne doute que l'Etat à une énorme part de responsabilité depuis des décennies... Mais je ne lis nulle part (comme souvent chez les moralisateurs français) de propositions pour solutionner le pb. Quelle que soit la responsabilité (Etat, SNCF, cheminots ?), le situation n'est plus tenable et certainement plus au frais de contribuables au bord de la crise de nerfs. J'attends de ces messieurs supérieurement intelligents qu'ils aient le courage de faire des propositions pour sortir de là.
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06/04/2018 - 14h14 -

Bonjour, Il serait pertinent de mettre en lien le rapport en question pour mettre en valeur votre article. Bien cordialement E.J.
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06/04/2018 - 13h17 -

Le rapport met en exergue une évidence: le chemin de fer a de l'avenir. C'est bien pour ça qu'il faut cesser de confier le monopole de son exploitation à la SNCF!!!
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10/04/2018 - 14h13 -

Sans argument votre commentaire est vain comme un encouragement d'un supporter de foot à son équipe "parce que c'est son équipe".
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05/04/2018 - 17h54 -

Intéressant à connaitre, et l'on se doute bien que les raisons avancées par le gouvernement dans ce dossier SNCF, comme dans celui d'Alsthom d'ailleurs de sinistre mémoire, n 'ont pas plus de sincérité ni de clarté que les arguments des syndicats. Comme toujours les parties cherchent à manipuler l'Opinion, pour servir des causes peu enviables.
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