[SNCF] Un projet "caché" de privatisation remet le feu aux poudres

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Publié le , mis à jour le 14/05/2018 À 10H53

Vu sur le web Dans un échange entre le cabinet du ministère des Transports et de hauts cadres de la SNCF, dévoilé par Le Parisien, est à nouveau évoqué à demi-mots la possibilité de privatiser des filiales de la SNCF.

[SNCF] Un projet caché de privatisation remet le feu aux poudres
Un document évoque à demi-mots la possibilité de privatiser des filiales de la SNCF.
© MecateamCluster

Alors que la "journée sans cheminots" de ce lundi 14 mai, avec un "objectif zéro train", s’annonce très suivie, les syndicats de la SNCF lancent leur consultation (ou plutôt "vot'action") des salariés. Ceux-ci ont jusqu’au 25 mai pour répondre à la question : "Etes-vous pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement ?"

Or Le Parisien a jeté un pavé dans la mare en dévoilant, le 13 mai, grâce à une fuite du syndicat SUD-Rail, un mail relatant une réunion d’étape organisée le 4 mai entre le cabinet de la ministre des Transports, Elisabeth Borne, et quatre hauts cadres de la SNCF rapportant directement à Guillaume Pepy. Une réunion destinée à évoquer les amendements (hors social), qui seront examinés par le Sénat à partir du 23 mai, dans le cadre du projet de réforme ferroviaire.

Dans ce document figure la phrase suivante: "Amendement proposé par le cab : prévoir l’incessibilité. Nous avons insisté sur la nécessité de la restreindre au niveau de la holding". Or dans le nouveau schéma d’organisation de la SNCF prévu par le gouvernement, l’Etat détiendrait la société de tête, c'est à dire la holding, qui serait propriétaire de SNCF Mobilités et SNCF Réseau. Se réserverait-il donc ainsi la possibilité de privatiser ses filiales, sujet de discorde brûlant ces derniers mois dans son bras de fer avec les cheminots?

Les syndicats s’alarment déjà. La SNCF a publié dans la foulée un démenti, évoquant un point d’étape non décisionnel. "Les trois sociétés (SNCF, SNCF Mobilités et SNCF Réseau) seront et resteront à 100 % publiques", assure l’entreprise, démentant également vouloir filialiser les TER. Des points sur lesquels la ministre Elisabeth Borne risque d’être interrogée, lors de son audition par les sénateurs sur la réforme le 16 mai.

Interrogé sur Cnews ce lundi, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a insisté: "Il ne faut pas" de "vente à la découpe à la SNCF", réclamant que "l'incessibilité de la SNCF soit inscrite dans le texte de loi".

Sur Twitter, la ministre des Transports a démenti tout projet caché de privatisation.

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