Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

SNCF Réseau veut entrer dans l’ère industrielle

Olivier Cognasse , ,

Publié le

Quelques semaines après le vote de la réforme ferroviaire, SNCF Réseau, la future société anonyme dégaine son plan Nouvel’R pour entrer dans le monde industriel.

SNCF Réseau veut entrer dans l’ère industrielle
Patrick Jeantet, patron de SNCF Réseau
© ©PERENOM www.perenom.pro

"La réforme du ferroviaire a permis d’amplifier notre projet Nouvel’R, sur lequel nous travaillons depuis dix-huit mois, se réjouit Patrick Jeantet", PDG de SNCF Réseau. Un plan qui doit permettre à l’ex-RFF de devenir plus robuste et moins dépensier.

A propos de la dette qui sera reprise en deux phases – 20 milliards d’euros en 2020 et 15 milliards en 2022 – Patrick Jeantet a trouvé une justification environnementale. "Elle permet de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. Cette dette peut être vue comme un plan de décarbonation." Et de rappeler qu’un voyageur prenant le TGV émet 3,2 grammes de CO2 par kilomètre, contre 168 grammes pour le passager d’un avion et 207 grammes pour un automobiliste seul dans son véhicule.

Un capital à faire fructifier

Avec la loi ferroviaire, SNCF Réseau disposera de 200 millions d’euros supplémentaires sur cinq ans pour la rénovation et la modernisation du réseau à partir de 2022, ce qui fera passer les investissements annuels à 3,2 milliards contre 2,7 milliards cette année. Le différentiel est assuré par SNCF Réseau qui, en réalisant des économies et en améliorant ses recettes, doit pouvoir contribuer à hauteur de 300 millions d’euros supplémentaires.

Le fait de devenir une société anonyme est un gage de réussite pour la direction de l’actuel EPIC, "car notre but est de faire un groupe industriel avec un capital qu’il faut faire fructifier, prévient le patron de SNCF Réseau. Cela nous met à l’abri d’interférences et de projets qui ne soient pas rentables."

Le rattachement de Gares & Connexions qui inquiétait certains parlementaires est présenté comme une opportunité de réunir les deux gestionnaires du réseau et d’être plus efficace. Car le but du projet stratégique longuement mûri est bien de rendre le gestionnaire d’infrastructures plus performant et de le transformer "en une entreprise industrielle à part entière". Et il compte sur la Loi d’orientation des mobilités pour obtenir des moyens de développer les transports du quotidien, à commencer par l’amélioration des nœuds ferroviaires.

Le numérique au secours du réseau

Ce plan industriel est aussi lié à la transformation numérique qui doit permettre de réduire les coûts de maintenance -  la maintenance prédictive permet de baisser les coûts de 30% - en rendant les infrastructures plus robustes et en leur permettant de faire circuler davantage de trains, d’où des recettes supplémentaires.

"En trois ans, 1 500 agents de terrain ont été équipés de tablettes et smartphones avec une vingtaines d’apps. On numérise notre documentation, ce qui permet de digitaliser des tâches courantes sur le terrain", indique-t-on chez SNCF Réseau.

Et un système de signalisation numérique comme celui qui doit être opérationnel d’ici à 2024 sur la LGV Paris-Lyon permettrait de faire circuler 16 TGV par heure au lieu de 13, aujourd’hui. Et ces systèmes de signalisation seront 15% moins chers que les équipements actuels.

Un plan pour les petites lignes

A l’autre bout de la chaîne, pour les 9 000 kilomètres de petites lignes menacées, en raison de leur manque de rentabilité et d’un nombre de trains très faible, la future S.A. propose un kit méthodologique qui sera présenté dans les prochains jours à la ministre des Transports, Elisabeth Borne, et qui concernera les autorités organisatrices, essentiellement les régions.

Il propose une cinquantaine d’idées pour réduire les coûts, comme l’utilisation d’une seule voie ferrée qui permettrait de réduire les coûts d’exploitation de 30% – et de citer la ligne Abbeville – Le Tréport et ses deux allers- retours par jour – le remplacement du ballast par de l’enrobé qui demande moins de coût de maintenance, une signalisation numérique plus légère. Car il n’est pas utile d’avoir les mêmes critères que sur une ligne à grande vitesse très fréquentée. Si ces propositions sont entérinées, un grand nombre de petites lignes pourraient être sauvées. Mais pas toutes…

La nouvelle stratégie du projet Nouvel’R met aussi l’accent sur une gestion du management qui soit industrielle avec une vision à long terme et une nouvelle organisation axée vers le client, l’opérateur de transport, notamment pour l’attribution des sillons. "Nous abandonnons notre organisation pyramidale par grands métiers, où la transversalité était compliquée, reconnait Patrick Jeantet. Dès lors, nous avons une organisation matricielle."

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle