Transports

[SNCF] Les TER retrouvent leur public avant l'arrivée de la concurrence

Olivier Cognasse , ,

Publié le

Deux ans après le lancement de Cap TER 2020 pour casser la spirale négative dans laquelle étaient entraînés les trains régionaux, le bilan est positif. De bonne augure avant l'ouverture du marché à la concurrence.

[SNCF] Les TER retrouvent leur public avant l'arrivée de la concurrence © L'Usine Nouvelle

"Il y a deux ans, je lançais Cap TER 2020 pour cesser de perdre des voyageurs et regagner la confiance des présidents de régions avec trois engagements", rappelait Franck Lacroix, le directeur général TER au sein de SNCF Mobilités, devant des journalistes, jeudi 14 février 2019. Des engagements qui signifient : être plus fiable, plus sûr et moins cher, attirer plus de voyageurs avec une offre mieux conçue et devenir un véritable acteur de la transition écologique avec un meilleur ancrage dans les territoires. Et qui permettent de redorer le blason de l'opérateur historique alors que la concurrence pourrait candidater dès 2020.

En 2016, Franck Lacroix, tout juste nommé, s’attaque à la spirale négative qui semble frapper les trains régionaux après des années de croissance. Il lance donc Cap TER 2020 pour arrêter la fuite des voyageurs, réduire la fraude, les retards et les annulations. Force est de constater qu’à la moitié du chemin, les efforts entrepris ont déjà porté leurs fruits.

"Les retards causés par l’exploitant ont diminué de 17% au cours des deux dernières années", annonce le directeur général des TER. Nous sommes au tiers de l’objectif." Entre 2012 et 2016, les retards augmentaient de 5% par an et ils baissent au total de 3% par an depuis 2017. Et les méthodes de travail ont été améliorées avec une réduction de 25% des accidents de travail en deux ans.

Les régions paient les places vides

Autre cheval de bataille : la fraude. Elle est en repli de 10%. "C’e sont 10 million d’euros qui reviennent dans les caisses des Régions, se réjouit Franck Lacroix. Et nous visons aussi une baisse de 20 % des coûts de structure en 2020. Nous sommes en avance."
Les voyageurs sont aussi revenus avec une croissance en 2017 de 4,8% et depuis novembre 2018, la tendance est de nouveau haussière, après une baisse de 20% pendant la période des grèves. "En 2017, cette progression, ce sont 60 millions d’euros de charges en moins pour les régions, précise Franck Lacroix. Le voyageur paye sa place et les régions, les places vides."

La SNCF a négocié neuf nouveaux accords avec les régions, "où nous avons pris des engagements inédits, sur l’attractivité, la maîtrise des coûts." Il ne manque plus que deux régions. L’offre a également progressé de 4%, mais c’est en grande partie lié à l’intégration de 12 lignes TET (Intercités). En 2020, les cinq lignes de Normandie passeront aussi sous la tutelle de la Région.

Alors que les premiers trains hybrides devraient rouler en 2020 et les trains à hydrogène en 2021, le digital s’envole. Les ventes ont doublé en deux ans pour atteindre 32% des achats de titres de transport.

18 lignes fermées en deux ans et huit réouvertures

Mais pour atteindre une croissance de 20% du nombre de voyageurs en 2025, la SNCF doit déployer des moyens pour les attirer. Car dans le même temps, des gares et des lignes ferroviaires sont fermées. En deux ans, 18 lignes ont été supprimées. "Mais on ne parle jamais des réouvertures de lignes. Il y en a eu huit dans ce même laps de temps", rappelle le directeur général TER.

Pour répondre aux objectifs, 44 directions de lignes vont être créées pour la décentralisation et un ancrage dans les territoires. "On ne décidera plus de Lyon ou de Paris." Et TER invente une nouvelle offre marketing avec trois produits pour mieux répondre aux besoins des régions. Citi pour l’accès aux villes, Krono pour relier les pôles régionaux et Proxi, les petites lignes dans des territoires moins urbanisés.

Si la branche TER ne s’interdit pas de fermer de nouvelles gares, elle souhaite faciliter l’achat de titres de transports avec toute une kyrielle de nouveaux services pour lever les contraintes, notamment de faire 10 kilomètres pour aller acheter un billet dans une gare avec des horaires d’ouverture pas toujours connus. L’assistant de mobilité va intégrer une solution NFC pour acheter des titres de transport TER partout en France.

Vendre des titres de transport sur les marchés

Pour les 25% de Français qui n’ont pas de smartphone ou de réseau, un centre de relation téléphonique exclusivement réservé aux TER sera mis en service en avril prochain (non surtaxé). Etonnement à l’heure de la multimodalité, il n'est pas possible d'acheter des billets TGV/TER avec ce service… "Certains guichets vendent moins de cinq billets par jour, indique-t-on à la SNCF. Donc, il faut que les agents deviennent plus mobiles", sous-entendu qu’ils travaillent sur plusieurs gares avec des horaires d’ouverture fixés à l’avance. D’ailleurs, Franck Lacroix ne cache pas que les effectifs actuellement de 26 000 salariés vont baisser en jouant sur la pyramide des âges.

Des commerces, partenaires franchisés, pourront vendre des billets de train avec l’outil Mobileo. Les premières expérimentations sont en cours. De même, pour des boutiques mobiles, l’agent installe son véhicule sur une place ou sur un marché entre le charcutier et le fromager. Une quinzaine de véhicules circulent déjà en mode expérimental. Avec toutes ces solutions, les guichets des gares ne risquent pas de retrouver davantage d’affluence… mais les trains seront peut-être plus fréquentés.

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