[SNCF] "Ils ont choisi la peine capitale sur le statut", dénonce Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT Cheminots

Quelques heures après l’annonce du projet de loi sur le ferroviaire, Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT Cheminots, réagit pour l’Usine Nouvelle et ne voit pas d’autre issue que la grève, comme les trois autres syndicats représentatifs à la SNCF.

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[SNCF]

L'Usine Nouvelle - Finalement, le projet de loi présenté par la ministre des Transports, Elisabeth Borne, ne vous a pas surpris ?

Didier Aubert - On aurait bien aimé être surpris. Depuis les annonces du Premier ministre, Edouard Philippe, il n’y a rien de nouveau. Ils sont restés droit dans leurs bottes. Ils sont dans la situation de comptabiliser les réunions. Ils nous parlent de grain à moudre. Nous ne voyons ni grain, ni moulin.

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Elisabeth Borne met en avant les ordonnances pour favoriser la concertation ?

On a des soucis d’interlocuteurs. Je ne parle pas d’Elisabeth Borne et de ses conseillers. Ils viennent tous de la SNCF. Mais chez les députés, on avait des personnalités qui connaissaient le ferroviaire, y compris à droite avec Dominique Bussereau et Louis Nègre. Au sein de LRM, il n’y a personne. Et les discussions évoquées par la ministre durent généralement une heure et demi et jamais avec les mêmes interlocuteurs.

La question de la dette ne sera pas intégrée dans la loi. Qu’en pensez-vous ?

Mais où va-t-on la traiter ?

Le gouvernement parait inflexible sur le statut ?

Le statut, c’est notre convention collective. Nous n’avons pas de treizième mois, nous subissons une mobilité forcée,…C’est un équilibre. On a des difficultés pour recruter. Le statut a été créé pour fidéliser les cheminots. Ils ont choisi la peine capitale sur le statut. La fin est annoncée. Nous avons le choix sur le mode et la date.

Peut-on le défendre avec l’ouverture à la concurrence ?

Avec l’ouverture à la concurrence, il faudra un cadre social au niveau de la branche. Ce cadre avec le transfert du personnel, cela se construit. Il ne faut pas oublier que dans certains pays ouverts à la concurrence, la participation des finances publiques est deux à trois fois supérieure à celle de la France.

Demain soir, les syndicats de cheminots se réunissent pour décider d’un mouvement social. Allez-vous appeler à la grève ?

La CFDT est forcée et contrainte d’appeler à la grève. Les cheminots ne comprendraient pas que nous restions en dehors. Un sondage interne indiquait cette semaine que 93% des cheminots étaient favorables à la grève. Nous allons regarder la manifestation du 22 mars. Cela sera un bon indicateur. Il ne faut pas opposer les cheminots aux usagers. Il faut sensibiliser l’opinion publique. Mais la grève devrait avoir lieu en avril.

Propos recueillis par Olivier Cognasse

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