SNCF : après les divendes, le défi de la productivité

Le conseil d'administration de la SNCF s'apprête à valider ce 22 décembre un versement de 230 millions d’euros à son seul actionnaire, l'Etat, au titre de l'année 2011. Mais derrière ce record, depuis la mise en place des dividendes en 2007, l'entreprise ferroviaire est loin de réaliser une année grandiose. De l'avis de spécialistes, elle doit même encore faire des efforts pour améliorer ses résultats.

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SNCF : après les divendes, le défi de la productivité

L'information avait filtré hier, mercredi 21 décembre. Elle a été rapidement confirmé par un canal officiel au sein du gouvernement, le ministre des Transports en personne, Thierry Mariani. Oui, la SNCF versera bien 230 millions d'euros à l'Etat. Une somme bienvenue pour les finances de la France, mais avec un bémol. "Si d'un côté on reçoit 230 millions, de l'autre côté on en sort beaucoup plus. Ces dividendes compensent à peine ce que l'on donne pour maintenir les trains dans les villes moyennes en France, pour les trains d'équilibre", nuance Thierry Mariani.

Les pouvoirs publics, à tous les niveaux, de la collectivité locale à l'Etat, auraient payé plus qu’ils ne perçoivent. "Les trains dit d’équilibre comme les Corail, sont payés par l’Etat pour l’équivalent du montant des dividendes. Et il ne s’agit que d’une des nombreuses subventions", explique Pascal Perri, auteur du livre "SNCF : un scandale français".

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Le marché de dupe et océan de subventions

Si l’on creuse plus, il faut ajouter à cela "les 13 milliards d’euros investis dans Réseau Ferré de France (RFF)" pour la rénovation des infrastructures, précise-t-il. RFF a été séparé de la SNCF par la loi du 13 février 1997, mais les deux entreprises restent sous le giron de l’Etat. Les 13 milliards d'euros investis ne le sont pas dans le cadre juridique de l’entreprise SNCF mais la concerne bel et bien.

"Il faut ajouter à ce tableau que quand les deux entités ont été créées, RFF a hérité des 20 milliards d’euros de dettes. Ils en sont actuellement à 30 milliards parce que la SNCF ne paye pas le véritable prix du droit d’utilisation des rails à RFF. Au final, ces dividendes sont une goutte d'eau dans un océan de subventions", témoigne à charge Pascal Perri.

"La Sncf n’est plus un gouffre à pognon"

"Le fait que la SNCF verse des dividendes reste une bonne nouvelle", tempère Jean-Claude Favin Levêque, auteur de "Concurrence ferroviaire : La France peut-elle gagner ?" "Le ferroviaire n’est pas qu’un gouffre à pognon et en tant que défenseur du rail, je m’en réjouis", souligne-t-il.

Et de reconnaître que toutes les activités de la SNCF ne sont pas égales. Si l’activité grande vitesse, avec le TGV, et la filiale Geodis qui fait aussi du transport routier et maritime rapportent, d’autres comme le transport de proximité de voyageurs et surtout le fret ont plus de difficultés.

Fret : réforme souhaitée et souhaitable

"Des contrats avec des industriels se rompent dans le fret cette année, comme avec Gefco. La filiale logistique du groupe PSA n’a pas renouvelé cette année son contrat qui concernait le transport de voitures qui sortent des usines. Leurs explications désignaient les coûts mais aussi le manque de flexibilité du service SNCF", raconte Jean-Claude Favin Levêque.

Le Fret sera un gros enjeu pour 2012 avec l’ouverture prochaine de l’espace ferroviaire unique au sein de l’Union européenne. "Il faudra impérativement gagner en compétitivité", conclut-il.

Carence de productivité

Sur ce point, les deux experts tombent parfaitement d’accord. La SNCF souffre d’une carence de productivité dans son organisation globale. Surtout l’arrivée de la concurrence doit pousser le groupe à agir rapidement. "L’entreprise doit gagner au minimum 20% de productivité en réduisant la voilure", dit Pascal Perri. "Elle doit avoir une meilleure gestion de ses coûts et recettes", complète Jean-Claude Favin Levêque.

Pour lui, l’enjeu est de taille : "Si la SNCF gère bien elle peut être leader sur le marché européen mais la compagnie allemande Bahnhöfe a déjà su s’adapter." En clair, l’Allemagne a déjà un train d’avance.

MORGANE REMY

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