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Quotidien des Usines

Six mois de redressement judiciaire pour Gad

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Publié le , mis à jour le 28/02/2013 À 10H08

[ACTUALISE] Le tribunal de commerce de Rennes vient de placer en redressement judiciaire ce groupe d'abattage de porcs, 1 700 salariés sont concernés par la procédure.

Six mois de redressement judiciaire pour Gad © D.R. - Fotolia

La filière porcine connaît d’importantes difficultés. "Je me bats pour qu’il n’y ait pas de Doux dans le porc", avait indiqué Guillaume Garot dans L’Usine Nouvelle, en octobre dernier. Il y a pourtant bien une première victime. Après avoir déposé son bilan en fin de semaine dernière, les abattoirs Gad SAS ont été placés mercredi 27 février en redressement judiciaire pour une période de six mois par le tribunal de commerce de Rennes (Ille-et-Vilaine).

Les deux administrateurs judiciaires nommés, maîtres Christophe Thévenot et Erwan Merly, ont pour mission d'assister l'entreprise dans la "recherche de la meilleure solution de continuité de l'activité". Le tribunal, qui a fixé la cessation de paiement au 22 février, fera un point sur la situation le 24 avril.

La société emploie 1 700 salariés répartis sur 4 sites. Ses deux principaux abattoirs sont situés à Lampaul-Guimiliau (Finistère) et Josselin (Morbihan). Ils sont complétés par un atelier de découpe de viandes à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), spécialisé dans la découpe de porcs, la fabrication de produits élaborés (saucisses, brochettes) et de charcuterie (rôtis cuits, pâtés, boudins blancs, etc.). Est également concerné par la procédure, le siège social de Gad SAS à Saint-Martin-des-Champs (Finistère).

Dans un communiqué publié mercredi 27 février dans la soirée, la direction du groupe Gad SAS précise que "l'activité de la société se poursuit normalement".

Filiale du groupe coopératif Cecab basé à Theix (Morbihan), Gad SAS abat plus de 2,4 millions de porcs par an. L’entreprise souffre de la hausse du prix des matières premières, de la concurrence allemande et de tarifs toujours très bas pratiqués par la grande distribution. L'objectif de Cecab est d'arriver à vendre sa filiale. Il a, en 2012, tenté une cession avec l'aide du Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), mais elle n'a pu aboutir.

Le redressement judiciaire pourrait faciliter ce type de solution, mais elle pourra difficilement se faire sans casse sociale. La société Prestor (Kersaint-Plabennec, Finistère), groupement de producteurs de porcs, est actionnaire minoritaire de Gad SAS aux côtés de Cecab. Elle vient d'indiquer dans un communiqué que "ses collaborateurs se montrent solidaires des producteurs et des personnels de Gad SAS et constatent que cette situation déstabilise tout le bassin de production breton".

"Une réorganisation générale s'impose, continue Prestor, et d'urgence, pour éviter d'autres difficultés. Prestor s'associera à toute discussion et étudiera toute proposition ayant pour but de sauvegarder les emplois et de maintenir la production sur notre territoire".
"C'est un peu fort, mais ça permettra aux salariés d'avoir leurs salaires payés pendant cette période, et l'activité pourra continuer. C'est déjà important", a commenté le représentant des salariés Olivier Le Bras, à la sortie de l’audience du tribunal de commerce. "C'est six mois de sursis, mais ça ne veut pas dire six mois de tranquillité, a-t-il tempéré. A partir de maintenant, la procédure est enclenchée, chaque décision sera importante."

Les pertes de Gad SAS auraient atteint 20 millions d’euros en 2012.

Stanislas du Guerny avec Astrid Gouzik

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