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L'Usine Agro

Six mois de perdus (ou presque) pour l'élevage français

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Analyse A quelques semaines du salon de l’Agriculture, l’élevage français est une nouvelle fois plongé dans la crise. Plus de six mois après les grandes manifestations des éleveurs, rien n’a changé. Ou presque. Le manque de compétitivité et la baisse des cours sont toujours là. 

Des barrages routiers pour protester contre la baisse des cours et l'absence de débouchés. Six mois après les grandes manifestations agricoles du début de l’été 2015, l'élevage tricolore souffre toujours d'un manque cruel de compétitivité, un handicap accentué par la chute des cours mondiaux du lait et du porc. La fermeture du marché russe à la viande de porc européenne et la moindre consommation chinoise de lait pèsent sur les cours. On ne compte plus les exploitations d’élevage de porcs et de bovins en grande difficulté.

Les marges de manœuvre du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, pour répondre au désarroi, sont faibles. La France ne peut, à elle seule, remettre en cause la Politique agricole commune (Pac) définie par les Etats membres de l'Union européenne. Les tentatives du gouvernement français, en juillet 2015, de relever les cours français du porc et du lait se sont soldées par autant d'échecs. Les fameuses table-rondes de l’été 2015, organisées par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, sont désormais sous le feu d’une enquête de la Commission européenne pour pratiques anticoncurrentielles.

Des prix déconnectés des marchés depuis juillet

Dans le porc, les cours sont retombés à des niveaux historiquement bas, de 1 euro à 1,1 euro le kilo, après le 1,4 euro fixé artificiellement cet été. Dans le lait, l’engagement de 340 euros minimum pour une tonne de lait s’est avéré difficilement tenable par les industriels français, concurrencés par les prix plus bas de producteurs allemands et néerlandais. Dominique Chargé, le président de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL), rappelle que le décalage à la hausse des cours français entraîne des pertes de parts de marché pour les industriels, pour le lait de consommation notamment.

Les solutions durables passent par le développement de produits à plus forte valeur ajoutée et répondant davantage aux besoins des consommateurs. Cela suppose une plus grande collaboration entre les différents maillons, notamment par le biais des interprofessions. Mais six mois après, rien n’a changé sur ce front-là non plus. Ou presque. Les interprofessions laitières et porcines sont en pleine crise, laissant éclater au grand jour les querelles internes.

La décision récente de la Fédération des industries charcutiers traiteurs (Fict) de claquer la porte de l’interprofession Inaporc illustre la difficulté des professionnels à avancer ensemble pour trouver des solutions aux crises. "Inaporc n’a pas su insuffler des changements suffisants dans la production. Nous manquons de viande bio et de races rustiques, alors qu’il y a une réelle demande des consommateurs", explique Rovert Volut, le président de la Fict. Quelques initiatives récentes d’industriels, comme Bonduelle et Fleury Michon, privilégiant des productions françaises autour de cahiers des charges plus qualitatifs, vont dans le bon sens. Mais elles sont encore peu nombreuses.

A quelques semaines du salon de l’Agriculture, à Paris, aucune solution rapide ne semble se dessiner. Le grand rendez-vous de la Porte de Versailles risque d’être particulièrement animé cette année. Seul le départ de Stéphane Le Foll du ministère de l’Agriculture, comme cela est murmuré, pourra peut-être calmer les agriculteurs quelques temps.

Adrien Cahuzac

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