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L'Usine de l'Energie

Six armes de RTE pour éviter une pénurie d’électricité cet hiver

Ludovic Dupin , ,

Publié le

En cas de grand froid, l’approvisionnement en électricité de la France pourrait être tendu. C’est pourquoi, le réseau de transport électrique (RTE) prévoit de recourir à des moyens exceptionnels.

Six armes de RTE pour éviter une pénurie d’électricité cet hiver © Naama - Flickr - C.C.

L’hiver pourrait être tendu sur le plan électrique. La faible disponibilité du parc électrique français, du parc nucléaire en particulier, fait craindre, à RTE (Réseau de transport électrique) un équilibre offre/demande plus difficile à assurer. "Cet hiver est placé sous forte vigilance. Certains jours de l’hiver, à certains moments de la journée, nous pourrions être amenés à mobiliser des moyens exceptionnels", explique François Brottes, président de RTE. 
 
L’enjeu pour RTE est de faire en sorte que la consommation et la production soient toujours équilibrées. Sans quoi, le réseau peut être endommagé, ce qui entrainerait de massives coupures d’électricité. La France, forte de son chauffage massivement électrique, est sensible aux variations thermiques. Une baisse de 1°C entraine un besoin de 2400MW supplémentaire, l’équivalent de la Ville de Paris ou de deux réacteurs nucléaires. RTE a besoin d’un réseau électrique disponible et réactif pour y faire face. 
 
Un parc électrique peu disponible
 
Or le parc de production est inférieure de 11 300 MW cette année par rapport à l’hiver 2015-2016. Il manque déjà 10 000 MW de nucléaire en raison des arrêts de tranches nucléaires demandés par l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) et qui vont s’échelonner jusqu’à fin janvier. Le parc thermique (charbon et gaz) a vu la fermeture de 1 200 MW de capacités. L’éolien et le photovoltaïque pourraient compenser pour une petite part ce déficit avec 1 900 MW supplémentaires. Cependant l’éolien ne produit de l’énergie que 30 % du temps en hiver. Quant au solaire, sa production atteint 40 % à 13h mais elle est de 0% à 19h, heure qui correspond à la pointe de consommation en France, le moment le plus critique pour le réseau. 
 
Pour pallier tout risque de black-out, RTE possède six niveaux de réponses graduées. Les deux premières solutions sont d’usage courant tout au long de l’année : 
 
1 - Utilisation des interconnexions : La France possède des interconnexions avec l’Angleterre (2000MW), la Belgique et l’Allemagne (5000MW), la Suisse (1100MW), l’Italie (2000MW) et l’Espagne (2200 MW). Le maximum théorique permet d’importer 12 200 MW, soit 3000 MW de plus qu’il y a un an. Dans les faits, en cas de vague de froid sur l’Europe, la France devrait pouvoir importer de 7 000 à 9000 MW depuis l’étranger. Les pays voisins sont globalement moins sensibles au froid, leur chauffage utilisant massivement le gaz (ce qui provoque d’autres tensions). 
 
2 - Appel à l’effacement : Il s’agit de consommateurs industriels ou particuliers qui vont volontairement, sur demande du gestionnaire de réseau, diminuer leur consommation temporairement. L’effacement disponible atteint 3150 MW pour cet hiver, ce qui est à peu près stable par rapport à il y a un an
 
Les quatre solutions suivantes rentrent dans le cadre des mesures exceptionnelles évoquées par François Brottes. Elles sont appliquées de manières progressives selon les besoins.
 
3 - Activation de l’interruptible : Il s’agit de faire appel à 21 industriels très consommateurs dans le secteur de l’aluminium et de l’acier par exemple. Ils sont en mesure de couper leur consommation en moins de 5 secondes. Ces acteurs ont été recrutés par un appel d’offres de RTE. Ensemble, ils peuvent diminuer les besoins jusqu’à 1500 MW instantanément. 
 
4 - Appel aux gestes citoyens : A partir du 5 décembre, RTE va lancer "Alerte Eco2mix", un nouveau dispositif à travers son application sur smartphone Eco2Mix. Il s’agit de messages qui alertent les usagers sur les pics de consommations à venir et les appellent à des éco-gestes comme différer l’usage de certains appareils (lave-linge, sèche-linge…), baisser un peu le chauffage, éteindre les lumières des pièces inoccupées, etc. Chez RTE, on estime que, selon la mobilisation, ce dispositif peut représenter de 1000 à 5000 MW.
 
5 - Baisse de la tension électrique sur les réseaux de distribution de 5 % : Cela entraîne une baisse de l’efficacité et du rendement de certains appareils électrique mais sans couper aucun usage. Appliquer à l’ensemble du territoire, il est possible d’économiser jusqu’à 4000MW, presque la consommation de Paris et Marseille réunis. 
 
6 - Réaliser des délestages programmés : C’est l’arme ultime et la dernière que RTE appliquera. Il s’agit de coupures contrôlées de l’électricité dans certaines zones du réseau. Un client ne peut pas être coupé plus de deux heures, c’est pourquoi RTE prévoit un délestage tournant. "Il faudrait des températures inférieures de 6 à 10 °C par rapport aux normales saisonnières pour que RTE soit contraint à réaliser des délestages", explique Clotilde Levillain, directrice générale adjointe de RTE. 
 
Au regard de ces différents scénarios étudiés, RTE prédit qu’en cas d’hiver froid avec -5°C en dessous des normales saisonnières, la pointe de consommation pourraient atteindre 97 000MW. Pour mémoire, le record de consommation a été atteint en France le 8 février 2012 avec 102,1GW. L’hiver 2015-2016, marqué par des températures très douce, a de son côté atteint une pointe modeste de 88,6 GW. 
 
 
 

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3 commentaires

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14/11/2016 - 14h33 -

Et pas un mot sur l'hydroélectricité, 1ere ressource en énergie renouvelable (et de très loin). Bravo pour les rédacteurs !
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08/11/2016 - 17h34 -

C'est un comble ?Disposer d'un parc nucléaire de cette importance et ne pas être capable d'assumer la totalité des besoins en cas de forte consommation ?...Mais quand est ce qu'EDF va s'occuper sérieusement du stockage des renouvelables ? Depuis des années (2006) je propose sur Viadéo " Comment produire autrement de l'énergie verte" une solution économique pour sortir de l'atome et de l'insécurité électrique, mais je n'ai pas vu l'ombre d'un responsable s'y intéresser ? Faudra-t-il que je fasse comme Fernand Reynaud avec le 22 à Asnières, pour faire avancer le schmilblick ?
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08/11/2016 - 16h10 -

Je ne crois guère aux risques de pénurie d'electricité .. car si EDF a 10 000MW de capacité nucléaire momentanément indisponible , elle a 4000 MW de capacité de reserve rien qu'avec les tranches fiouls , une bonne occasion pour la compagnie pour justifier la liquidation des stocks avant leurs fermetures en 2018 , sans compter les capacités des centrales gaz a cycle combiné ...
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