Quotidien des Usines

SITL placé en redressement judiciaire

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Le tribunal de Commerce de Lyon (Rhône) a placé en redressement judiciaire l'ancien site lyonnais de FagorBrandt, entrainé dans la chute de l'espagnol Fagor.

SITL placé en redressement judiciaire

SITL a été placé, jeudi 2 janvier, en redressement judiciaire par le tribunal de Commerce de Lyon (Rhône), avec une période d'observation de six mois. La société issue de la reprise de l’ancien site lyonnais de FagorBrandt a été entrainée par la chute du fabricant d'électroménager espagnol Fagor. SITL, qui se déclare en cessation de paiement, prévoyait de fabriquer jusqu'en 2015 des lave-linges pour le compte de Fagorbrandt.

Pour passer ce cap difficile, son président Pierre Millet demandait à l’Etat une aide de 1 million d’euros, le temps de finaliser la venue d’investisseurs ou d’un partenaire industriel susceptibles de l’aider à poursuivre la reconversion du site de production. L’industriel suggère que cette aide soit prélevée sur les 10 millions d’euros accordés à FagorBrandt dans la mesure où ce dernier détient 10 % du capital de la société lyonnaise.

SAUVER LA MOITIÉ DES EFFFECTIFS

Pierre Millet fait état notamment de lettres de marque d’intérêt d’un industriel français "bien implanté dans l’automobile" pour l’accompagner dans le développement de véhicules électriques. Activité qui peine à démarrer : seulement une soixantaine de véhicules a été vendue jusqu’à présent. Autre piste évoquée par le dirigeant de SITL, un groupe étranger serait intéressé par la production d’électroménager. Si ces projets se concrétisaient, Pierre Millet affirme qu’il pourrait sauvegarder "a minima" la moitié des effectifs de son entreprise.

Sur ses 409 salariés, 380 sont actuellement en chômage partiel. Et sont "écœurés" selon un délégué syndical CGT : "ils ne comprennent pas comment on en est arrivé là et pourquoi la production de lave-linge ne redémarre pas".

De son côté, Claude Pegeot fait une tout autre analyse. Ce consultant, associé début 2010 au montage du dossier de reprise du site lyonnais de Fagor, considère que "Pierre Millet et les salariés de Lyon ont été trompés par Fagor (qui) n’a pas respecté ses engagements (de volumes) de sous-traitance de lave-linge". Le consultant qui s’est retiré fin 2011 du suivi de cette affaire est aussi très critique sur la direction actuelle de la société lyonnaise qui a surestimé, selon lui, les prévisions de ventes de filtres à eau et de véhicules électriques censées assurer la reconversion du site.

PAS DE RÉSEAU DE DISTRIBUTION

"SITL n’a pas de réseau de distribution pour ses véhicules électriques, qui sont de surcroît très lourds et très chers. C’est pour cela que ça ne marche pas", analyse Claude Pegeot. Dans ces conditions, il attend de savoir "ce qui va être décidé pour SITL", avant de relancer les projets de reprise par des partenaires industriels et financiers.

Plus globalement, le gérant de CP Consulting estime que les 10 millions d’aides apportées à FagorBrandt "ne serviront probablement à rien, [...] car on ne voit pas comment ce financement permettra aux sites de Fagor en France de retrouver des marchés, de devenir plus compétitifs".

Vincent Charbonnier avec Timothée L'Angevin

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