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Silicon Mobility, la start-up française qui défie NXP, Renesas ou Infineon dans les puces d’électrification automobile

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

La start-up valbonnaise Silicon Mobility défie NXP, Renesas ou Infineon dans l’électrification des véhicules avec une puce de contrôle des fonctions électriques à traitement parallèle, plus rapide, plus sobre et plus sûr. Elle revendique une avance de 4 ans sur des géants de semiconducteurs comme Intel, Qualcomm ou Nvidia.

Silicon Mobility, la start-up française qui défie NXP, Renesas ou Infineon dans les puces d’électrification automobile
Démonstrateur de la solution de Silicon Mobility
© Silicon Mobility

« Nous travaillons à rendre le véhicule du futur plus propre, plus intelligent et plus sûr ». Telle est la promesse de Bruno Paucard, CEO et cofondateur de Silicon Mobility. Fondée en décembre 2015 à Sophia Antipolis, cette start-up développe une puce d’électrification automobile qui optimise le contrôle du moteur, de la batterie ou de l’énergie dans les véhicules électriques et hybrides. Sa solution bénéficie d’une innovation inédite qui accélère le traitement, réduit la consommation de courant et renforce la sûreté de fonctionnement.

Valorisation d'un savoir-faire de 15 ans

Silicon Mobility ne part pas de zéro. Elle s’appuie sur un savoir-faire cultivé pendant 15 ans par Scaleo Chip, une PME valbonnaise qu’elle a reprise en décembre 2015. L’innovation est développée en partenariat avec le List, le Laboratoire d'Intégration de Systèmes et des technologies du CEA à Saclay, et l’IFP Enegies Nouvelles à Rueil-Malmaison. Elle est protégée par une vingtaine de brevets, dont 4 déposés et détenus en commun avec l’un ou l’autre de ces partenaires.

« Les microcontrôleurs classiques se caractérisent par un fonctionnement séquentiel, explique Bruno Paucard. C’est inadapté aux contraintes des véhicules électriques et hybrides où les informations à traiter remontent d’une multitude de capteurs. Nous proposons de passer à un mode de traitement parallèle pour digérer les données qui arrivent au même temps et favoriser la réactivité en temps réel. »

Accélération du traitement par un facteur 40

La puce de Silicon Mobility réunit deux parties :  un microcontrôleur standard à cœur Cortex-R licencié auprès d’ARM et un circuit logique programmable propriétaire. C’est cette partie programmable qui constitue l’innovation de la start-up. « Elle offre la flexibilité nécessaire pour adapter la puce aux besoins spécifiques du véhicule électrique ou hybride en termes de performances et de sûreté de fonctionnement, explique le CEO. Elle sert également d’accélérateur capable de booster le traitement par un facteur 40 et de réduire la consommation de courant par un facteur 180. Ce qui se traduit au final par un allongement de l’autonomie de la batterie ou une extension de la gamme opérationnelle du moteur électrique. On peut ainsi soit utiliser un moteur 30% plus petit, soit en profiter pour en étendre de 30% les fonctionnalités. »

Avec cette innovation, la start-up française défie les trois champions des puces pour automobile, le néerlandais NXP, l’allemand Infineon Technologies et le japonais Renesas Electronics, sur un marché mondial estimé par Semicast à 28,2 milliards de dollars en 2015. Mais pas seulement. Elle espère également tenir tête aux géants américains des semiconducteurs Intel, Qualcomm et Nvidia qui s’attaquent au marché de la voiture connectée et du véhicule autonome, pressenti comme le prochain Eldorado des puces électronique. A travers l’acquisition d’Altera, Intel a la capacité de combiner dans la même puce les fonctions de processeur classique et de circuit logique programmable. « Nous avons une avance de quatre ans sur eux, revendique Bruno Paucard. A nous d’utiliser cet atout pour consolider notre position de leader technologique. Demain, nous pourrons être partenaire de ces grands acteurs.»

Lancement commercial en mars 2017

La technologie a été déjà démontrée sur un véhicule hybride avec l’IFP Energies Nouvelles. La puce, fabriquée chez le fondeur de semiconducteurs GlobalFoundries dans son usine à Singapour, est actuellement en test chez une poignée de constructeurs et équipementiers automobiles en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Sa commercialisation devrait débuter en mars 2017.

Bruno Paucard se frotte les mains. « Notre puce peut être utilisée dans 11 points de contrôle de fonctions électriques dans le véhicule : moteur, boite à vitesse, roues, courroie, batterie, etc., estime-t-il. Rien que pour le contrôle du moteur, il en faut trois exemplaires. Au total, le potentiel atteint 300 millions de pièces à l’horizon 2020. »

Embauche de 12 personnes cette année

Silicon Mobility a levé 10 millions d’euros : 5 millions auprès des fonds Cipio Partners et Capital-E, et 5 millions auprès de l’Ademe. La start-up, qui compte aujourd’hui 36 salariés, prévoit l’embauche de 12 personnes cette année. Pour son développement commercial, elle envisage l’ouverture de bureaux en Allemagne et en Californie cette année puis en Asie en 2018. Avec l’objectif d’atteindre la rentabilité au troisième trimestre 2018 en dépassant les 20 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel.

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