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Sigfox veut proposer un module radio d’Internet des objets à 2 cents de dollar

Ridha Loukil , , ,

Publié le

Après son module à 20 cents de dollar, qui entre en production de volume en 2019, Sigfox travaille au développement d’une version passive et sans batterie à seulement 2 cents de dollars. Elle devrait être proposée dans trois ans pour des objets aussi banalisés que les bouteilles d'eau.

Sigfox veut proposer un module radio d’Internet des objets à 2 cents de dollar
Le transmetteur Bubble de Sigfox capable de détecter les objets à une distance de 1 à 100 m
© Sigfox

Sigfox continue de surprendre. Lors de la deuxième édition de son évènement Sigfox Connect, qui réunit quelques 2 000 personnes les 24 et 25 octobre 2018 à Berlin, la pépite française de l’Internet des objets a annoncé travailler sur le développement d’un module de connectivité radio à seulement 2 cents de dollar.

"Nous voulons connecter des milliards et des milliards d’objets dans le monde  d'ici 2023, des plus complexes aux plus banalisés, affirme Ludovic Le Moan, PDG-cofondateur. Dès le début, nous faisons le pari de mettre la connectivité à la portée de tous les objets en réduisant les coûts et en simplifiant la mise en œuvre d’applications. A deux cents, il sera possible de connecter vraiment tout, des animaux de compagnie jusqu'aux bouteilles d’eau. Et cela sans contraintes de batterie et d’autonomie. Ce sera une grande révolution."

Extension des capacités de l'étiquette RFID

Lors de l’édition 2017 de Sigfox Connect à Prague, Sigfox a frappé un grand coup en annonçant un module de connectivité radio à 20 cents de dollar, contre environ 2 dollars pour le module courant disponible jusqu’à alors. "Ce module à 20 cents équipe déjà des objets, confie Ludovic Le Moan. Il n’y a aucun produit dans les autres technologies d’Internet des objets à un prix aussi bas. Il va être produit en millions d’unités par mois dès 2019." Sigfox ne fabrique rien. Pour la production des modules de connectivité, il repose sur des fabricants comme le japonais Alps Electric, le taiwanais Lite-On Technology ou le coréen Wysel.

Sigfox collabore avec Amadeus pour créer un service de suivi des bagages dans les transports aériens. Les deux partenaires développent une étiquette de la taille d’une carte de crédit destinée à identifier et localiser les bagages. Basé sur le module de connectivité à 20 cents, elle devrait coûter environ 2 dollars.

Un prototype au format d’une carte de crédit du module à 2 cents a été présenté. "A la base, il s’agit d’une étiquette RFID mais dont la portée est étendue à 60 mètres, explique à L’Usine Nouvelle Christophe Fourtet, directeur scientifique, père de la technologie de Sigfox et cofondateur de la société. Le système est entièrement passif. Il ne comporte ni batterie ni composant produisant de la radio. Il utilise l’énergie radio pour transmettre l’information. C’est le contraire de ce qu’on fait dans les télécoms. Nous avons encore besoin de temps pour mettre au point la technologie. Le problème vient du bruit radio environnant. La solution réside dans le traitement du signal."

Un module en forme de sticker

"Le module de connectivité radio à 20 cents de dollar est déjà quelque chose de remarquable, confie à L’Usine Nouvelle Lee Ratliff, analyste au cabinet IHS Markit. Celui à 2 cents l’est encore plus. Du moins au niveau de l’annonce. Il sera probablement construit avec des composants discrets comme le module à 20 cents. Mais je reste sceptique car Sigfox, société non cotée en Bourse, n'est pas connue pour sa transparence. Elle a tendance toujours à exagérer ses prétentions. J’attends de voir le résultat."

Le module à 2 cents est promis dans trois ans sous la forme d’un autocollant (sticker). Il est censé ouvrir à Sigfox le marché des réseaux locaux pour des applications comme le suivi de palettes dans les usines, la gestion de marchandises dans les entrepôts ou encore le contrôle de flux des personnes sur un site. Une capacité qui constitue le grand plus de la technologie concurrente LoRaWan promue par le consortium LoRa Alliance.

Pour remonter les informations au réseau, Sigfox lance Bubble. De la taille d'une souris d'ordinateur, ce transmetteur radio se pose n'importe où pour détecter les objets. Il fonctionne avec une pile assurant une autonomie de plus d'un an. Il est géré par le réseau pour offrir une portée de moins d'un mètre à une centaine de mètres.

Ludovic le Moan revendique aujourd’hui une présence dans 53 pays et une couverture de 1 milliard d’habitants. "Le nombre d’objets connectés à notre réseau grandit très vite, affirme-t-il. Nous en étions à 2,5 millions au début de l’année. Nous en sommes aujourd’hui à 3,7 millions. Et avec les nouveaux contrats qui vont entrer en service, nous devrions atteindre les 8 millions à la fin de l’année."

Des chiffres à prendre avec des pincettes

"C’est possible, tempère Lee Ratliff. Mais LoRaWan en est déjà à des dizaines de millions. Le passé incite à prendre les chiffres annoncés par Sigfox avec des pincettes. En 2016, Sigfox disait être proche des 10 millions. Sous la pression des analystes, il a dû revoir sa communication et avouer en février 2018 n’en être finalement qu’à 2,5 millions. "

Fondée en 2010 à Labège, près de Toulouse, Sigfox compte aujourd’hui plus de 400 personnes dans le monde, dont 350 en France. En 2017, elle affiche un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros, et Ludovic Le Moan prévoit 60 millions d’euros en 2018.

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