Sigfox : Apple, Google et Amazon dépassés sur le marché des objets connectés

Le 11 février 2015, la start-up française Sigfox a annoncé une levée de fonds record de 100 millions d’euros, à laquelle ont pris part plusieurs industriels français. La start-up ne vise rien de moins qu’imposer son standard sur la 5G.

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Sigfox : Apple, Google et Amazon dépassés sur le marché des objets connectés
Anne Lauvergeon et Ludovic Le Moan ont commenté lors d'une conférence de presse la levée de fonds de 100 millions d'euros de Sigfox

« Cette levée de fonds record de 100 millions d’euros constitue une avancée très significative vers le développement mondial de notre réseau » explique Anne Lauvergeon, présidente du conseil d’administration. Les nouveaux entrants au capital s’appellent notamment Elliott, Air liquide et GDF Suez, et s’intéressent à la technologie pour ses applications de télérelève et d’e-santé ; ou encore Eutelsat pour les communications satellitaires. Le réseau de la start-up créée en 2009 couvre déjà la France, l’Espagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, et connecte déjà 300 000 à 400 000 objets. «Nous avons l’ambition de couvrir une quarantaine de pays, prévient Ludovic Le Moan, directeur général de Sigfox. Dans les 18 prochains mois, on devrait déployer le réseau dans 5 à 6 nouveaux pays et débuter dans une trentaine d’autres ».

Rendez-vous avec la 5G pour imposer son standard

« Notre logique, c’est d’avoir une couverture mondiale », a ajouté Ludovic Le Moan. « D’ici 5 à 6 ans se mettra en place un standard 5G. L’enjeu pour nous est d’être ce standard 5G ». Pour cela, Sigfox compte bien sur Intel, qui a renforcé sa participation dans le capital à l’occasion de la levée de fonds. Ludovic Le Moan juge Apple, Google ou Amazon dépassés sur le marché des objets connectés car trop raccrochés à l’utilisation du Wi-Fi « Apple, Google et Amazon ont une vision très simplifiée du marché. Ils veulent tout connecter en Wi-Fi. Or la technologie est trop consommatrice d'énergie pour assurer le développement des objets connectés qui sortirons de la maison ».

Pour Sigfox, l’enjeu est donc d’aller vite grâce à des coûts très bas pour faire décoller le marché et écraser toute concurrence. « Contrairement à Internet, notre technologie nécessite une phase d’au moins 18 mois de développement d’un procédé de fabrication. Nous arrivons au terme de cette phase avec un carnet de commandes de 5 millions d’objets en portefeuille et pouvons compter ces 18 mois comme une avance prise sur nos concurrents ».

Une technologie bas débit nécessitant très peu d’énergie

« Nous baissons les coûts et augmentons l’autonomie de ce qui existe déjà », explique Ludovic Le Moan. Pour être aussi confiant sur le succès de son réseau, l’entreprise s’appuie sur une technologie innovante de communication bas débit et bas coût, basée sur le protocole de "l'ultra narrow band" (modem UNB en photo à gauche). Le réseau de l’opérateur Toulousain permet ainsi de transmettre des données sur plusieurs dizaines de kilomètres avec une dépense énergétique de 25 milliwatts. La société a montré qu’en conditions idéales, sa technologie pouvait transmettre l’ordre d’ouverture d’une porte de voiture à partir d’une clé sur une distance de 700 kilomètres ! En milieu urbain en conditions normales, elle communique sur des distances de 10 à 15 kilomètres. « En outre, la technologie ne communique que lorsque c’est nécessaire. Lissée dans le temps, la consommation énergétique n’est plus que de quelques nanowatts », explique Christophe Fourtet, l’inventeur de la technologie et fondateur de Sigfox.

Des applications boostées par le marché des objets connectés

Longue distance et autonomie énergétique sont des atouts majeurs pour le marché des objets connectés. C’est le cas de la télérelève d’eau, le premier marché visé par Sigfox, puis des détecteurs de fumée, qui doivent pouvoir prévenir sur de longues distances d’un départ de feu. Ludovic Le Moan cite aussi comme exemple d’application les centrales d’alarmes qui communiquent par GSM, contre lesquels les cambrioleurs ont des brouilleurs. Sigfox peut prévenir qu’un brouilleur est en marche. La technologie peut encore servir pour l’assistance aux personnes âgées, la surveillance des plaques d’égouts, ou des espaces publics. L’automobile peut aussi être intéressée pour des systèmes de détection d’accident, ou de suivi en temps réel de l’état des batteries. Par ailleurs, Sigfox a montré qu’elle pouvait communiquer avec un satellite Spot 7 via des bases françaises et espagnoles. Plus cher à mettre en place, cet usage de la technologie pourrait permettre par exemple à des balises installées au milieu de l’océan de communiquer sur une très longue période, voire une période infinie en les couplant avec des panneaux solaires.

Pour conquérir ces marchés, Sigfox compte sur un prix de mise à disposition de la technologie qui défie toute compétition. Pour un million d’objets connectés, il se rémunère un euro par objet par an. Un prix peu cher, mais qui profite du volume grandissant des objets connectés : le réseau d’eau compte déjà une quarantaine de millions de compteurs en France. Simple à installer, l’antenne d’une dizaine de centimètres de long qui assure les communications entre objets ne demande pas non plus de travaux sur les infrastructures.

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