Siemens va moderniser l'aciérie de Dunkerque

Le groupe allemand Siemens vient de signer un nouveau contrat avec le géant de la métallurgie ArcelorMittal. En jeu : la modernisation de l'aciérie de Dunkerque (Nord). De quoi éclaircir un peu l'horizon de la filière en France…

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Siemens va moderniser l'aciérie de Dunkerque

Le redressement productif est en marche ! C'est du moins ce que l'on peut espérer concernant le site sidérurgique de Dunkerque (Nord). Le groupe allemand Siemens vient d'annoncer un contrat de modernisation du site passé avec le numéro un mondial de l'acier ArcelorMittal. Le même type de contrat a été élaboré pour l'usine de Gent (Belgique).

Le montant exact de la transaction n'a pas été communiqué mais il s'élève à plusieurs dizaines de millions d'euros pour les deux sites. Une annonce importante pour l'activité en Europe, et faite à plusieurs milliers de kimomètres des lieux concernés. A Mexico plus exactement. Siemens a organisé dans la capitale mexicaine, du 21 au 23 mai, une série de conférences sur les solutions du groupe dédiées à l'industrie métallurgique.

En quoi consiste cette modernisation du site de Dunkerque ? Il s'agit de remplacer, au sein de l'usine de laminage à chaud du site dunkerquois, les systèmes d'entraînement existants fonctionnant en courant continu par des systèmes (moteurs, convertisseurs, transformateurs) plus efficaces et adaptés au courant alternatif. Pour rappel, le laminage consiste à faire pression sur les brames (gros blocs d'acier) à l'aide de cylindres pour obtenir des tôles.

Un challenge technique

Ce changement de matériel n'a rien d'anecdotique. "Il fournit un équipement plus puissant, plus flexible et qui offre la possibilité de produire une plus grande gamme de produits", explique un porte-parole du groupe. L'outil sera par exemple plus adapté à la stratégie qui consiste depuis quelques années à adapter en permanence le niveau de production à celui de la consommation. Il devrait également satisfaire davantage les clients du site, en particulier les constructeurs automobiles, friands d'une plus grande diversification de produits.

Dans le détail, cette modernisation va consister à remplacer les machines à courant continu sur un total de sept blocs de finition des tôles après laminage, autant d'étapes qui permettent d'obtenir pas à pas des tôles ultra rectilignes avec des dimensionnements très précis. Si la technologie n'est pas nouvelle, le challenge pour Siemens consiste à remplacer, pour chacun des blocs, trois anciens moteurs par un unique moteur alternatif à la fois plus puissant, mais dont les dimensions ne doivent pas excéder celle d'un seul de ces anciens moteurs.

Le remplacement des machines va s'effectuer de manière progressive, notamment durant les opérations annuelles de maintenance. Les premiers travaux de modernisation devraient débuter en décembre 2012 et se poursuivre jusqu'en 2016.

Cette annonce tombe à point nommé alors que le nouveau gouvernement affiche sa volonté de redresser l'industrie française. Mais il confirme également la stratégie d'ArcelorMittal, qui consiste à privilégier les sites côtiers et de grande taille, comme celui de Dunkerque, à ceux situés dans les terres et aux moindres capacités, comme celui de Florange (Moselle).

L'avenir de la sidérurgie européenne, qui souffre d'une faible demande et d'un manque de compétitivité par rapport à celle des pays émergents, dépend-elle de ce type d'investissements ? Pour les dirigeants de Siemens cela ne fait aucun doute.

"Je peux vous affirmer que nous menons de nombreuses discussions avec ArcelorMittal, assure Michael Irnstorfer, ingénieur et spécialiste des solutions d'automatisation chez Siemens. Ce groupe s'intéresse beaucoup à la modernisation des usines en Europe. Et je ne vois pas pourquoi il investirait à Dunkerque s'il ne croyait pas dans l'avenir de ce site".

"Je ne connais pas la stratégie d'ArcelorMittal, explique avec davantage de prudence Andreas Flick, le directeur de la technologie chez Siemens VAI, une filiale du groupe. Mais il est évident que pour rester compétitives, les usines européennes, vieilles pour certaines, doivent être modernisées". Et le groupe Siemens compte bien faire valoir ses compétences en la matière pour se tailler une large part du business de la modernisation des usines dans les prochaines années.

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