Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Matières premières

SIDÉRURGIE : L'INDIEN ISPAT S'INVITE À LA TABLE DES GÉANTS DE L'ACIER

Publié le

  En quelques années, Ispat International s'est hissé parmi les cinq premiers mondiaux de la sidérurgie. Avec la reprise de HSW en Allemagne et d'Irish Steel en Irlande, il devient un acteur de poids en Europe.   SIDÉRURGIE L'INDIEN ISPAT S'INVITE À LA TABLE DES GÉANTS DE L'ACIER En quelques années, Ispat International s'est hissé parmi les cinq premiers mondiaux de la sidérurgie. Avec la reprise de HSW en Allemagne et d'Irish Steel en Irlande, il devient un acteur de poids en Europe.  


La privatisation de la sidérurgie un peu partout dans le monde est une aubaine pour les francs-tireurs. La semaine dernière, l'Etat italien a ainsi cédé Dalmine (l'un des grands concurrents de Vallourec) au groupe mexicain Rocca. Mais l'indien Ispat International est sans conteste le principal nouveau venu qui pourrait, dès 1996, se hisser parmi les cinq premiers sidérurgistes mondiaux, avec 12,5 millions de tonnes de capacité. Le groupe, qui a récemment transféré son siège de Jakarta (Indonésie) à Londres pour mieux affirmer sa présence à l'Occident, est en train de finaliser la reprise d'Irish Steel (produits longs), contestée d'ailleurs par British Steel. Au cours des deux dernières années, Ispat International a changé de dimension. Emanation du groupe sidérurgique diversifié Ispat (qui signifie "acier", en hindi), Ispat International, présidé par Lakshmi Mittal, le fils aîné de la famille, exploitait déjà une usine en Indonésie, l'unité sidérurgique de Trinidad, et avait repris le complexe mexicain de Lazaro Cardenas en 1992. Depuis la mi-1994, Ispat International a acheté Sidbec Dosco, le sidérurgiste public québécois, repris l'allemand HSW (Hamburger Stahlwerke, fil machine), passé un accord de fourniture de brames à l'américain Wheeling-Pittsburgh Steel, pris une option sur Irish Steel et mis la main sur Karmet (produits plats au Kazakhstan), qui dispose notamment d'une installation de galvanisation en continu d'une capacité de 400000 tonnes. Et, il y a quelques semaines, Dominic Faccone, l'un des patrons de Midrex, la société promotrice du procédé de réduction directe le plus répandu, a pris la tête d'Ispat America, avec mandat de développer le groupe aux Etats-Unis. La stratégie de base d'Ispat est "de porter à leur optimum l'efficacité d'actifs jusqu'ici non performants", expliquait récemment Lakshmi Mittal, qui demande à être informé jour par jour de la marche de ses usines. "La dernière chose que je souhaite, c'est d'avoir une mauvaise surprise à la fin du mois. Notre challenge est de traverser le prochain bas de cycle sans dégâts majeurs. Mes managers savent que je ne veux pas d'unités déficitaires." Impression confirmée par un client français du groupe: "Depuis qu'Ispat a repris HSW, les frais généraux ont été sensiblement réduits. Mais le nouveau propriétaire a tenu à rester dans les produits de qualité, contrairement à ce que souhaitaient ses concurrents. L'arrivée d'un outsider, qui ne s'intègre pas dans la vieille mentalité "Ceca", est forcément favorable au client, même si Ispat ne fait pas cadeau de son produit." Partout où il s'implante, le groupe fait, en effet, le pari de la qualité. Les usines reprises ont généralement pour point commun d'être performantes techniquement. Et la plupart utilisent massivement le préréduit dans leurs fours électriques, un produit de substitution à la ferraille qui offre l'avantage de fournir une meilleure qualité d'acier. Même pour Karmet, Ispat mise sur la valeur ajoutée. Un programme de passage à la certification ISO 9000 est en place, et le développement de la production d'acier pour emballage est prévu. Reste à savoir dans quelle mesure cette stratégie d'expansion portera ses fruits. Certes, le groupe semble riche et annonce qu'il investira 75 milliards de francs au cours des cinq dernières années du siècle, dans des domaines aussi divers que l'énergie, la pétrochimie ou les télécommunications. La branche indienne a ainsi un projet de centrale électrique thermique à charbon de 200mégawatts auquel EdF est associée. Dans la sidérurgie, les intentions d'Ispat International paraissent très ambitieuses. Le groupe veut devenir producteur aux Etats-Unis, où il a raté en 1993 la reprise d'une usine de produits longs de Bethlehem Steel, faute d'un accord avec les syndicats. Mais certaines spécialités, à commencer par les produits plats, sont menacées de surcapacités. Autre axe de développement: le préréduit. Des extensions de capacité sont en cours ou annoncées à Trinidad, au Mexique, au Canada. Ispat International annonce maintenant un autre projet, aux Etats-Unis ou au Venezuela, tandis que la branche indienne du groupe fait de même à Bahrein et en Thaïlande. Des deux côtés de l'Atlantique, rivaux et clients devront apprendre à compter avec ce nouveau géant.

Jean-Pierre Gaudard



Le groupe dans le monde

Europe


Ispat Hamburger Stahlwerke (Allemagne). Capacité: 870000 tonnes.

Préréduit, fil machine, barres.

Irish Steel (Irlande). Capacité : 350 000 tonnes. Produits longs.

Amériques

Ispat Mexicana (Mexique).

Capacité: 2,5 millions de tonnes.

Préréduit, brames, tubes.

Sidbec-Dosco (Canada).

Capacité: 1,5 million de tonnes. Préréduit, fil machine, barres, tubes, produits plats.

Caribbean Ispat (Trinidad). Capacité: 500000 tonnes. Préréduit, billettes, fil machine.

Asie

PT Ispat Indo (Indonésie). Capacité: 600000 tonnes. Billettes, fil machine et barres.

Karmet (Kazakhstan).

Production: 3 millions de tonnes en 1995. Produits plats.



Ferraille contre préréduit

Ispat International et ses sociétés soeurs en Inde figurent parmi les premiers producteurs mondiaux de préréduit (DRI). Ce produit, obtenu par réduction de minerai grâce à du gaz, est une solution pour remplacer la ferraille dans les pays dépourvus de cette ressource (l'Inde est un cas exemplaire) ou un complément utilisé pour élever la qualité de certains produits, comme le fil machine ou les aciers plats. Mais, avertit Patrick Genevaz, d'Euroconsult, "il y aura bientôt excès de projets". Les Indiens vendent en ce moment le DRI 150 à 160 dollars la tonne, alors que le coût de production ne dépasse pas les 110-120 dollars. En Australie, où le gaz est largement disponible, on dénombre pas moins de cinq projets, le plus avancé étant celui de BHP. Aux Etats-Unis, la déréglementation du marché du gaz dans le Golfe du Mexique suscite des vocations. British Steel va ainsi démonter deux unités sous cocon en Grande-Bretagne pour les reconstruire outre-Atlantique. Dans ces conditions, on peut se demander si les nombreux projets d'Ispat dans le préréduit se justifient. Et quelles conséquences aura à terme sur le marché de la ferraille une éventuelle surcapacité dans le préréduit.

USINE NOUVELLE N°2531
 

 

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

1000 INDICES DE REFERENCE

  • Vous avez besoin de mener une veille sur l'évolution des cours des matières, la conjoncture et les coûts des facteurs de production
  • Vous êtes acheteur ou vendeur de produits indexés sur les prix des matières premières
  • Vous êtes émetteur de déchets valorisables

Suivez en temps réel nos 1000 indices - coût des facteurs de production, prix des métaux, des plastiques, des matières recyclées... - et paramétrez vos alertes personnalisées sur Indices&Cotations.

 

LES DOSSIERS MATIERES

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle