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SIDERURGIE : L'acier wallon à l'encan

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Après Boël, passé au néerlandais Hoogovens, Clabecq, relancé par l'italien Duferco, et Fafer, qui négocie sa cession, Cockerill-Sambre songe à s'associer. Usinor est à l'affût.

 

Appelé au chevet de l'acier par les Pouvoirs publics wallons début 1996, Jean Gandois avait rendu un verdict sans appel : le cas des Forges de Clabecq était irrémédiable ; les usines Gustave Boël avaient pour seule issue de trouver un associé. Moins de deux ans plus tard, le président du CNPF, qui préside également le groupe Cockerill-Sambre (détenu à 75 % par la région wallonne), signe la fin des espoirs d'indépendance de la sidérurgie wallonne en évoquant la reprise de son groupe par un concurrent. Arbed et Usinor ont déjà fait savoir qu'ils regarderaient le dossier s'il s'ouvre. Le sort des Forges de Clabecq est déjà réglé. La justice vient d'autoriser la reprise par Duferco. Le négociant italo-suisse compte relancer le haut-fourneau (1,1 million de tonnes par an) et le laminoir à tôles fortes (600 000 tonnes par an).

Le cas de Cockerill-Sambre sera plus difficile à régler

Duferco, qui négocie chaque année 6 millions de tonnes de produits sidérurgiques et 10 millions de tonnes de matières premières, va intégrer le producteur de demi-produits à ses réseaux. " Sauver Clabecq en l'intégrant dans un groupe sidérurgique était impossible ", explique Roberto Grosso, représentant de Duferco dans le dossier. A 30 kilomètres de là, à La Louvière, les usines Gustave Boël sont passées sous pavillon néerlandais, l'emploi s'effondrant de 2 100 à 1 300 unités. Hoogovens a fermé le haut-fourneau tout en conservant l'aciérie électrique. Pour nourrir les laminoirs, des demi-produits sont transportés de la sidérurgie maritime d'Ijmuiden vers La Louvière. Le cas de Cockerill-Sambre sera plus difficile à régler. Avec ses 6,2 millions de tonnes d'acier brut, le groupe public wallon ne figure qu'au sixième rang européen des sidérurgistes. Mais, dans une industrie en pleine concentration, il est une proie non négligeable. Exclusivement producteur de produits plats, il talonne Thyssen-Krupp et Sollac en galvanisation et côtoie Sollac et British Steel en revêtements organiques. 40 % de ses produits sont revêtus. Cockerill-Sambre confirme dans cette direction, puisqu'une nouvelle ligne (300 000 tonnes) de galvanisation au trempé va démarrer à Liège, une autre étant projetée (220 000 tonnes) pour Eko Stahl, où le groupe belge a investi au total 3,5 milliards de francs. L'usine est-allemande, avec son nouveau haut-fourneau et son nouveau train à larges bandes, dispose d'une capacité intégrée de 2 millions de tonnes, financée par les fonds publics allemands. En fait, c'est en Wallonie que le bât blesse. Certes, les outils ont été modernisés, et la réduction du personnel, de 9 599 à 7 500 postes, vient d'être acceptée par les partenaires sociaux. Cockerill-Sambre n'échappe pas pour autant à la fatalité historique - la dispersion sur deux bassins, Charleroi et Liège - et géographique. Enclavés dans les terres, ces deux sites ne peuvent faire face à la concurrence des usines construites sur les façades maritimes. L'objectif de Jean Gandois est donc de trouver les moyens pour préparer les prochaines échéances technologiques, comme le passage à l'aciérie électrique et la coulée en bandes minces. Quitte à impliquer un partenaire. En attendant une éventuelle association avec Cockerill-Sambre, Usinor pourrait arriver bien plus tôt à Charleroi. La Fabrique de fer de Charleroi, dernière entreprise sidérurgique indépendante, détenue à 50 % par la famille Boël, est également à céder. Ne produisant que 250 000 tonnes par an, elle occupe des positions fortes dans les tôles fortes en aciers spéciaux ou en inox. Creusot-Loire, filiale d'Usinor, serait candidat, information que le groupe français se refuse à commenter.



Quatre entreprises en difficulté

Cockerill-Sambre


6,2 millions de tonnes de capacités, dont 2 millions chez Eko (ex-RDA). Le président, Jean Gandois, cherche un associé.

Forges de Clabecq

1,1 million de tonnes de capacités. Doit redémarrer en fin d'année, à la suite de son acquisition par Duferco.

Usines Gustave Boël

600 000 tonnes de capacités pour l'acier liquide, 1,2 million pour le laminage. Acquise par le néerlandais Hoogovens.

Fabrique de fer de Charleroi

300 000 tonnes de capacités. A vendre.

USINE NOUVELLE N°2612
 

 

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